FIXAGE ET LAVAGE DES ÉPREUVES POSITIVES
Un autre moyen mécanique consiste à étendre toutes les épreuves à plat sur un châssis recouvert d’une toile à larges mailles comme celle employée généralement pour coller les papiers de tenture, et à projeter l’eau en pluie d’une hauteur de 1 à 2 mètres ; il suffît alors d’une heure d’irrigation pour débarrasser les épreuves de l’hyposulfite qu’elles contenaient.
Pour s’assurer que le lavage est suffisant, et que ces épreuves nô contiennent plus d’hyposulfite de soude, on recueillera dans un verre contenant une solution de bichlorure de mercure quelques gouttes de l’eau qui découle du papier lorsqu’on le retire du bassin; s’il se forme un précipité blanc dans la solution, ce sera un indice certain que l’épreuve n’est pas suffisamment lavée et qu’il faut prolonger le lavage.
Le permanganate de potasse est également d’une grande sensibilité comme réactif, et son application en est simple et facile, un décigramme de permanganate de potasse pur et un gramme de carbonate de soude chimiquement pur sont dissous dans un litre et demi d’eau distillée ; cette liqueur limpide est d’une teinte rosée que la moindre trace d’hyposulfite fait changer de couleur pour passer au verdâtre.
Enfin, lorsqu’on sera certain que les épreuves sont parfaitement lavées, on les retirera pour les faire sécher en les suspendant aux cordes de l’atelier avec les pinces à ressort.
Le lavage après le fixage définitif peut se faire en pleine lumière; mais les opérations jusque-là devront se faire dans le cabinet éclairé par des verres jaunes.
La solution d’hyposulfite de soude ne peut fixer qu’un nombre d’épreuves très-limité, car la pratique démontre que le bain se détériore par l’usage, et que les épreuves qui sont fixées dans un bain trop vieux prennent une couleur jaune soufrée très-désagréable; aussi est-il bon de renouveler ce bain chaque jour, et même de ne fixer avec lui qu’une certaine quantité de photographies.
Cause des imperfections dans les épreuves positives sur papier : moyen d’y remédier.
Les marbrures moirées sur la surface sensibilisée proviennent surtout, lorsqu’on se sert de papier albuminé, d’un mauvais nettoyage des cuvettes. L’albumine déposée dans la cuvette flotte en couche grasse à la surface du bain sensibilisateur lorsqu’on le verse de nouveau pour s’en servir, et couvre les premières feuilles de marbrures moirées jaune foncé. On doit avoir soin de laver, en les frottant avec un chiffon propre, les cuvettes servant aux bains d’argent, toutes les fois qu’on s’en est servi ou avant de s’en servir de nouveau. Le bain doit être filtré chaque fois, et la bouteille qui le contient rincée avec soin, si l’on veut éviter les accidents.
Si l’épreuve restait pale, sans vigueur, d’une teinte uniforme et sans contraste entre les clairs et les ombres, il faudrait augmenter la quantité d’argent du bain sensibilisateur qui, dans ce cas, est trop faible pour la proportion de sel contenu dans le papier. Si, au contraire, ces contrastes étaient trop marqués, et que par conséquent les tons fussent heurtés et durs, sans détails ni modelé, et que ce défaut ne provînt pas du cliché, on devrait augmenter la quantité de sel dans le bain qui sert à préparer les papiers. Quand le papier est déjà préparé, on remédie à ce défaut en imprimant à l’ombre, ou au soleil à travers une glace dépolie couvrant le cliché.
Lorsque l’image paraîtra inégale de tons, marquée par places de points plus clairs ou plus faibles, on devra attribuer cet accident à une trop faible quantité d’argent absorbée par le papier. Le meilleur remède sera alors de le laisser séjourner plus longtemps sur le bain : quelquefois aussi la mau-