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CHAPITRE III

ORGANISATION DES ATELIERS

Organisation des ateliers et de la terrasse ou salon de pose pour portraits. — Manière de disposer la lumière sur le modèle et les draperies. — Usage des fonds de diverses nuances, fonds à paysages, fonds coniques pour portraits à la Rembrandt, fonds circulaires, colonnes et galeries. — Des diaphragmes et des paravents.

Le laboratoire où se font les opérations de la chambre noire , c’est-à-dire les clichés et les positifs sur verre , se compose de deux parties distinctes : une pièce éclairée, où se pratique la manipulation des produits chimiques qui ne réclament pas l’obscurité, le nettoyage des glaces, etc., et un cabinet obscur, qui ne doit recevoir de lumière pendant les opérations que par un volet garni de verres de couleur orange, ou par une bougie entourée d’un papier huilé.

La disposition la plus commode consiste à faire garnir de verres dépolis blancs la fenêtre de ce laboratoire, ce qui permettra de juger de l’intensité des clichés après fixage, et d’avoir un double volet garni de verres jaunes ou orangés qu’on ferme à volonté au moyen d’un ressort lorsqu’on met la plaque dans le bain d’argent, et jusqu’après le développement complet des clichés.

La première partie de l’atelier doit, autant que possible, être assez spacieuse pour travailler à l’aise, et garnie d'étagères où l’on aura soin de tenir sous la main les flacons, balances, glaces et ustensiles de toutes sortes d’un usage journalier. Une sorte de planchette plus large que les éta-

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gères ordinaires devra être fixée à hauteur d’appui pour le nettoyage des glaces.

Le cabinet obscur, où les plaques sont préparées et développées, et qui ne doit recevoir aucun rayon de lumière blanche pendant la préparation des substances sensibles, doit être muni d’abord d’une étagère sur laquelle se posent, un peu inclinées en avant , les cuvettes à bains sensibilisateurs, les flacons à collodion et ceux contenant les bains d’argent, les châssis, etc., etc.

Les substances révélatrices, le renforçage et le fixateur seront placés sur une étagère opposée, de façon à ce qu’aucun contact ou mélange ne puisse se produire avec le bain sensibilisateur 'pendant les manipulations.

Au-dessus, un réservoir garni d’un robinet tire-bouchon sert à laver les épreuves et arrêter, lorsqu’on le juge convenable, l’action des produits chimiques dont on se sert pour faire apparaître l’image ou renforcer le négatif; ce robinet tire-bouchon est très-commode, en ce sens qu’il permet de modérer autant qu’on le veut le- filet d’eau qui coule sur la plaque.

Un large bassin avec tuyau de décharge devra se trouver au-dessous de ce réservoir pour se débarrasser des eaux (1).

Un appareil de lavage également très-commode consiste à avoir un tuyau en cou de cygne, ayant à son extrémité supérieure une boule percée de petits trous comme celle des arrosoirs, projetant l’eau par mille filets très-fins qui tombent sur la plaque ; ce tuyau peut être disposé de façon que l’eau jaillisse ou s’arrête à volonté, en le faisant tourner sur sa base , qui forme robinet.

Cette pièce doit également être munie d’un support pour faire égoutter et sécher spontanément les clichés lorsqu’ils

(1) Nous traiterons, dans une autre partie, du procédé le plus avantageux pour retirer l’argent contenu dans les eaux de lavage, qui devront être mises en réserve aussi bien que les rognures de papier, filtres, etc.

sont terminés ; ce support peut être tait en bois et composé de 25 planchettes verticales espacées de 5 centimètres, et reliées ensemble par une planche horizontale au-dessus et au-dessous. On la fera fixer à la muraille du laboratoire.

Il est bien entendu que si on opère avec plusieurs salons de pose, ou dans un même salon, mais disposé de façon à pouvoir faire poser deux modèles en même temps, comme nous l’indiquerons plus loin, il faudra autant de cabinets noirs qu’il y aura d’opérateurs employés, afin d’éviter la confusion et la perte de temps dans la préparation des plaques.

Outre ces cabinets noirs et ateliers attenants au salon de pose et servant aux opérations négatives, on doit organiser un second atelier avec cabinet obscur, pour la préparation des papiers photographiques qui servent au tirage des épreuves positives.

Cette seconde partie de l’atelier devra, autant que possible, être près d’une terrasse pour faciliter l’exposition à la lumière des châssis contenant les épreuves à imprimer.

Il faut avoir une pièce bien éclairée , pour préparer les papiers sur les bains de sels, et une autre dans laquelle le jour ne peut pénétrer qu’à travers une glace jaune foncé, pour sensibiliser le papier sur le bain d'azotate d’argent avant d’être exposés dans les châssis où ils doivent reproduire en positifs la contre-épreuve du cliché. Cette pièce sera garnie d’étagères ou de tables pouvant recevoir les cuvettes contenant les bains sensibilisateurs et de virage, les bains fixateurs, flacons de toutes sortes, etc., etc. Elle doit également être pourvue de cordes tendues, ou mieux de fils de fer, ayant à cheval de petites pinces en bois, dites épingles de blanchisseuse (American cloth pins), servant à étendre les feuilles de papier argentées pour les faire sécher, aussi bien que les épreuves positives au sortir des bains de lavage.

La chambre claire sera également munie d’étagères et de

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larges tiroirs pour renfermer les papiers sensibilisés prêts à être imprimés.

11 faut surtout faire disposer un large bassin en bois garni de gutta-percha, dans lequel un jet d’eau claire doit couler continuellement, pendant qu’un second robinet de décharge placé à la partie inférieure laisse échapper cette eau dans la même proportion, et sert ainsi à renouveler l’eau continuellement sur les photographies fixées afin de les débarrasser des produits destructeurs qu’elles contiennent, en les faisant dégorger pendant huit ou dix heures.

Cette chambre, comme la précédente, devra être garnie de cordes et de pinces à ressort pour étendre et faire sécher les photographies lorsqu’on juge convenable de les sortir de l’eau.

Il sera bon d’avoir dans cet atelier des étagères, pour recevoir les boîtes de clichés qu’on veut conserver et qui seront casées par numéro d’ordre.

Il est urgent que cette pièce soit sèche et maintenue à une température moyenne de 10 à 20° centigrades pour éviter les gerçures du vernis que l’humidité soulève et fait fendiller.

Sur la partie de la terrasse destinée à exposer à la lumière les châssis contenant les clichés à reproduire, et dont une partie devra être vitrée pour pouvoir tirer en temps de pluie, on fera disposer un appareil dont nous donnons la description plus loin , et qui sert à imprimer directement sur papier, en les amplifiant à volonté, les épreuves qui ont été prises par de très-petits négatifs.

Ce nouveau procédé, aussi simple qu’ingénieux, a l’avantage, sur l’ancien appareil à réflecteur, d’imprimer beaucoup plus rapidement, puisque le soleil agit directement, et de donner des positives plus nettes et plus vigoureuses que l’instrument solaire à réflecteur, tout en occupant un espace moins considérable.

De l’atelier vitré ou salon de pose.

L’atelier vitré ou salon de pose est la pièce la plus importante d’un établissement qui tient à faire en tout temps des épreuves parfaites; aussi nous insisterons fortement sur cette partie de l’établissement, où nous avons reconnu de très-grands vices dans beaucoup de maisons de photographie de Paris.

La lumière jouant le rôle principal, puisque c’est par son action que l’image est produite , nous devons nous attacher à la distribuer de façon que l’ensemble du dessin présente l’harmonie et le modelé qui charment l’œil.

Beaucoup de photographes en France négligent trop cette question importante et prennent leur lumière soit par une simple fenêtre verticale de côté, soit dans un pavillon vitré dans toutes ses parties et recevant la lumière de quatre côtés aussi bien que du haut. Le premier inconvénient de ce dernier mode de terrasse, malgré les rideaux souvent inutiles dont on se sert pour corriger les effets du double point lumineux et empêcher le soleil de pénétrer directement dans l’appartement, est de donner des épreuves plates, sans modelé et sans les ombres portées qui font la beauté du dessin. Ces épreuves sont généralement grises et d’une teinte uniforme et fade ; de plus, le modèle, dont les yeux se fatiguent par l’intensité exagérée de la lumière qui l’entoure, grimace d’une manière ridicule et laide, et perd toute expression naturelle ; les épreuves ont, en outre, presque toujours un point lumineux exagéré et quelquefois doublé dans les yeux, sans compter les solarisations fréquentes.

Le second vice important que nous signalerons dans ce genre de terrasses , est le changement de température qu’elles ont à subir sans transition, puisqu’elles sont for-

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niées d’une cage de verre exposée au sommet de la maison ; ainsi, l’été, la chaleur n’y est pas supportable, tandis que l’hiver il y gèle comme dans la rue ; il est donc presque impossible de travailler convenablement plus de six mois de l’année ; dans les grandes chaleurs, il est non-seulement impossible d’y rester sans être incommodé , mais encore les produits chimiques se décomposent tellement, que tout travail convenable devient littéralement impraticable; je ne parlerai pas du prix élevé de ces salons de pose mal compris, que cependant beaucoup d’opérateurs , en France , ont adoptés, et dans lesquels pas un seul photographe américain ne voudrait travailler.

Nous ne comprenons l’emploi de ce genre de salons que pour la reproduction des tableaux et aussi des daguerréotypes, qui, à cause de leur miroitement, demandent à être pris en plein soleil, à un angle de 45 degrés; ou pour copier le modèle en l’amplifiant par le système dont nous parlerons dans un autre chapitre.

Ceux qui reçoivent la lumière par une simple fenêtre de côté obtiennent généralement des dessins dont les contrastes sont trop heurtés : ainsi un côté viendra trop blanc et sans modelé, tandis que le côté opposé restera noir et sans détails. De plus, le salon ne pouvant être éclairé qu’imparfaitement dans toutes ses parties, les draperies qui doivent s’harmoniser avec le modèle pour présenter cet ensemble de détails délicats qui forme le complément d’un beau dessin, offriront l’aspect d’un pâté d’encre dans certaines parties qui auront été trop faiblement éclairées.

Nous allons essayer de décrire un salon de pose réunissant les meilleures conditions pour obtenir des photographies artistiques, vigoureuses et claires dans tous les détails ; c’est le genre de salon dont on se sert généralement en Amérique.

La première condition est, dans la zone tempérée de l’hémisphère boréal, de prendre la lumière au nord directement,

parce que le soleil parcourant un cercle dans l’éclyptique, de l’est à l’ouest, en passant par le sud, ne pourra pas pénétrer dans le salon et gêner l’opération par ses rayons; car si une belle lumière diffuse est nécessaire, les rayons directs du soleil sont, au contraire, nuisibles à l’harmonie et à la clarté des épreuves prises dans un atelier vitré.

En raison de la loi astronomique que nous venons de citer, il faudrait prendre la lumière du côté sud si on était dans l’hémisphère austral.

Sur une terrasse au sommet de la maison, ou dans tout autre lieu recevant le jour convenablement, sans cire reflété par les murs voisins (ce qui non-seulement retarderait l’impression, mais surtout produirait un jour faux d’un effet désastreux sur l’image, dont les noirs se traduiraient en gris), on fera construire une pièce de 12 mètres de long sur 6 mètres de large et 3 mètres de haut sous les sablières, couverte dans la partie longitudinale exposée au nord d’un toit en pente, d’un angle de 35 degrés ; au centre de ce toit et du côté nord seulement, on fera pratiquer une ouverture de 8 mètres de longueur sur toute la hauteur, qui devra être de 4m50 environ ; cette ouverture sera vitrée sans séparations, c’est-à-dire par des glaces très-fortes superposées l’une sur l’autre, et ayant l’extrémité de la partie recouvrante taillée en pointe ou arrondie, pour faciliter l’écoulement de l’eau.

Les glaces de ce plan incliné seront dépolies depuis le sommet jusqu’à 3 mètres environ de la sablière, ou point de jonction du toit avec la muraille de côté, et à chacune des extrémités, lm50 environ au-dessus du modèle, de façon à laisser seulement comme verres transparents 5 mètres de longueur sur 3 mètres de hauteur ; on choisira pour la partie qui restera transparente des glaces approchant le plus possible de la couleur blanche ou bleuâtre qui sont les plus photogéniques, en rejetant celles qui, par leur teinte verte ou jaunâtre, pourraient retarder l’impression.

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Dans tous les cas, on observera que les verres anglais, d’un bleu très-clair, colorés au cobalt, donnent un éclairage doux et harmonieux, tout en laissant passer les rayons chimiques de la lumière, qui sont en réalité plus photogéniques que les rayons éclairants passant au travers des verres réputés blancs, mais en réalité toujours teintés soit en jaune, soit en vert, et, pour cette raison, sont préférables sous tous les rapports pour la rapidité de la pose. C’est pourquoi, malgré leur prix élevé, on devra autant que possible les employer pour les 3 mètres, immédiatement au-dessus de la sablière, et pour le côté inférieur, lorsque surtout la disposition de la terrasse ne permettra pas de prendre la lumière du nord, et que le soleil peut gêner pour l’éclairage du modèle.

Des rideaux bleus, pouvant s’enrouler à la partie supérieure du toit intérieur, seront disposés de façon à réduire la lumière s’il y a lieu, selon le genre d’éclairage dont on aura à se servir et la saison pendant laquelle on opérera.

On devra, en un mot, concentrer la lumière sur le modèle afin d’obtenir le rond de bosse recherché par les artistes , et éviter les reflets qui se produisent de tous côtés dans un atelier dont la lumière diffuse est trop abondante.

La propreté des verres est également d’une grande importance au point de vue de la rapidité des opérations ; car, outre la poussière qui, en formant épaisseur, intercepte les rayons éclairants, il se dépose, à la longue, des matières organiques, qui sont une cause du ralentissement de l’action chimique de la lumière.

L’extérieur du toit vitré sera donc lavé avec de la potasse caustique aussi souvent qu’il sera nécessaire, pour que la lumière puisse produire son maximum de rapidité.

La partie du côté de la muraille immédiatement au-dessous de ce plan incliné vitré sera également ouverte et garnie de glace sur une hauteur de 2m50, à partir de la sablière et sur la longueur du toit de verre supérieur; cette partie devra

être également dépolie à chaque extrémité sur une longueur égale à celle du toit correspondant; elle sera fermée par des rideaux bleus roulant sur une tringle horizontale, qui permettront de masquer ou de découvrir cette ouverture verticale, et de donner plus de lumière, et 'surtout une lumière plus rapprochée du plancher lorsqu’on aura à opérer sur des enfants.

Il sera bon de faire peindre soit à la colle, soit à l’huile mate, en bleu foncé ou en gris, toutes les parois intérieures de ce salon pour adoucir et atténuer l’efTet de la grande lumière sur les yeux affaiblis, et aussi pour donner de la douceur et du modelé dans les ombres du modèle; et écarter du salon les couleurs vertes, jaunes ou rouges qui donnent des effets défavorables.

Fig. 4. — Extérieur de la terrasse vitrée, vue du côté nord.

La partie extérieure du toit de verre devra être garnie de volets protecteurs contre le soleil, qui, lorsqu’il est haut,

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pourrait, malgré la précaution qu’on a de prendre la lumière au nord, pénétrer dans l’atelier, à raison de la pente du toit, et gêner l’opération.

Ces volets en triangle sur les côtés auront 2 mètres de largeur au sommet et viendront en mourant au-dessus de la sablière, comme l’indique la figure 4. Celui du sommet aura donc 2 mètres de recouvrement sur 8 mètres de longueur et viendra s’appuyer à plat sur ceux des côtés ; tous devront être montés à charnières, pour pouvoir être dressés ou rabattus en arrière sur le toit selon les besoins.

Ces volets seront faits de tringles en bois, autour desquelles sera tendue une forte toile bleue. Ainsi, dans la figure 5, qui représente la coupe de l’atelier vitré, le coté KD exposé au

nord, calculé avec une pente de 35 degrés, sera garni de verres dépolis de K en N. La partie inférieure ND et DE sera au contraire vitrée avec des glaces transparentes bleues ou

blanches, tandis que la pente opposée K L sera en toit plein aussi bien que le côté LM et EF.

Le triangle ABC représente un des volets placés aux extrémités de la partie vitrée; il peut s’abattre sur la partie pleine du toit, au moyen de charnières, lorsque le soleil ne gêne pas l’opération et que la lumière est faible.

GHI J représente un des fonds tendu sur son châssis à roulettes. La partie vide au-dessus de ce fonds, aussi bien que toutes les autres parois de l’atelier seront, comme nous venons de le dire, peintes en bleu foncé ou en gris, avec une couleur mate à la colle ou à l’huile.

Cette disposition d’atelier offre cet avantage qu’il peut servir pour deux poses différentes et même pour faire le portrait de deux personnes en même temps, car la lumière, étant prise au milieu de l’appartement, laisse à chaque extrémité une longueur de 2 mètres de toit plein sur la tête du modèle, longueur suffisante pour manœuvrer les paravents ou les rideaux de fonds dont on veut se servir.

Si on a deux personnes à faire poser en même temps aux deux extrémités, il suffira de placer un paravent ou un rideau comme séparation au milieu de l’atelier, et deux opérateurs pourront alors travailler à l’aise.

Si le local disponible ne permettait pas un salon de pose d’une dimension aussi vaste que celui que nous indiquons, on pourrait le réduire dans la même proportion sur une plus petite échelle, mais en gardant, autant que possible, les mêmes dispositions.

La figure 6 représente un atelier presque analogue, mais différant cependant par la forme du vitrage, qui est cintré. L’avantage de cette disposition est de supprimer la sablière, qui absorbe une partie de la lumière la plus franche et la plus actinique, puisqu’elle frappe précisément sur le modèle à angle de 45 degrés.

La partie pleine du toit peut être soit en appentis, soit à

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deux pentes, comme dans les figures 1 et 3, les proportions de l’atelier et du vitrage restant les mêmes qu’il a été indiqué précédemment.

Fig, G. — Extérieur d’un atelier de pose avec vitrage cintré.

A chacune des extrémités de l’atelier vitré, on pourra ménager un espace de 3 mètres environ de longueur sur toute la largeur de la pièce pour servir de laboratoire et de cabinet de toilette, 'ce qui portera à 18 mètres la longueur totale de la construction. Nous donnons plus loin, figure 7, le plan d’un atelier offrant les meilleures conditions pour le travail.

A B G D, fig. 7, représente la partie vitrée du toit, ayant 8 mètres de longueur sur 4m50 de largeur; a», br, cf, df déterminent la partie qui sera garnie de verres transparents blancs ou bleus, le complément de l.m50 tout autour devant être en verres dépolis également blancs ou bleus, l’espace EF étant couvert sert à placer les tonds où doit poser le modèle;

H est un cabinet de toilette précédé de son entrée G ; J est le laboratoire dont la double entrée I est destinée à empêcher la lumière blanche de pénétrer dans ce laboratoire lorsqu’on ouvre la porte pendant les operations. Enfin K est une grande porte à deux battants donnant accès aux salons d’attente. Nous reviendrons bientôt sur cette disposition de l’atelier, lorsque nous traiterons la question de l’éclairage des portraits, et principalement de ceux auxquels semble s’attacher la vogue et qu’on désigne sous le nom de Portraits à la Rembrandt.

Le corps de la construction, aussi bien que les parties pleines du toit, pourront être bâtis de bois ; mais dans ce cas, pour éviter les grandes chaleurs en été aussi bien que les froids trop intenses en hiver, on aura soin que les murailles soient faites d’une double cloison, écartées l’une de l’autre de 10 ou 12 centimètres, et que cet espace intérieur soit rempli de sable ou de tout autre corps analogue qui intercepte l’air et soit mauvais conducteur de la chaleur.

Dans certaines maisons, dont un côté du toit est exposé au nord et a une pente naturelle de 35 degrés environ, tous ces frais de construction deviennent inutiles; il suffit alors de faire ouvrir une partie de ce toit et de faire vitrer cette ouverture pour avoir de suite un salon de pose dans d’excellentes conditions.

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On pourrait encore, si on devait se servir d’un appartement dont le toit serait plat, faire changer simplement les dispositions de ce toit pour le mettre dans les conditions de celui que nous indiquons par la figure 1; on éviterait ainsi les dépenses toujours très-considérables d’une terrasse superposée à cet appartement.

La lumière, disposée comme nous l’indiquons, permet de. prendre des groupes nombreux dont toutes les parties sont également éclairées, et d’un peu haut ; les draperies atteindront alors ce degré de vigueur et de profondeur qui les fait paraître en relief, en accentuant bien la perspective ; ce que n’ont pas généralement les épreuves faites avec une lumière verticale prise sur toute la hauteur, ou dans un salon éclairé dans toutes ses parties.

Un modèle ne doit pas être trop éclairé, parce qu’alors il manque de détails, et que la lumière, frappant trop vivement les yeux, fait inévitablement grimacer la personne qui pose; cependant on doit tenir compte de l’ exagération des reliefs qui fait saillir les muscles et les os dans un clair-obscur trop prononcé et vieillit le sujet.

On s’attachera donc à projeter un éclairage qui ne fatigue pas la vue et produise un modelé doux et en quelque sorte vaporeux, qui flatte plutôt qu’il n’enlaidit le modèle. Pour cela il n’est pas de dispositions meilleures que celles que nous venons d’indiquer, car la lumière dans tous les cas est franche et claire.

L’intérieur de l’atelier devra être garni de rideaux en coton ou en laine bleue servant à atténuer la trop grande lumière au-dessus de la tête, et à donner plus de relief au portrait. Ces rideaux peuvent glisser sur des tringles en fer, soit dans le sens de la longueur, soit à partir du faîtage pour descendre jusqu’à la sablière.

Chaque rideau pourra être manœuvré par des cordes roulant dans un jeu de poulies adapté à cet effet. Un autre jeu

de rideaux de côté permettra de déterminer l’éclairage, suivant le goût de l’opérateur, en interceptant ou en projetant plus ou moins de lumière sur le modèle.

Dans certains cas on emploiera des réflecteurs faits en toile blanche et à bascule qui, placés dans certaine position, produisent une lumière artificielle d’un effet très-artistique ; ces réflecteurs sont indispensables, lorsque le temps est sombre, pour éviter les trop grandes ombres du côté opposé à la lumière.

Éclairage à la Rembrandt.

Depuis quelque temps la vogue semble s’attacher avec juste raison aux portraits éclairés à la façon des tableaux de Bembrandt, c’est-à-dire que le grand côté du modèle, au lieu d’ètre en lumière comme cela a lieu généralement, se trouve au contraire dans l’ombre, tandis que le petit côté est violemment éclairé.

Il ne faut pas croire, comme on pourrait se le figurer, que, pour arriver à ce résultat, il suffît de projeter un réflecteur noir du côté opposé à la lumière, ainsi que le font certains opérateurs peu familiarisés avec ce genre d’éclairage; les portraits obtenus ainsi manquent de modelé aussi bien dans les noirs que dans les blancs et, pour peu que le modèle ait des yeux bleus, ils seront complètement brûlés, tandis que le côté ombré restera noir sans détails ni transparence.

Pour obtenir ces magnifiques portraits qui font aujourd’hui l’admiration des peintres eux-mêmes en les désespérant, car aucune palette ne pourrait rendre cette transparence et ce modelé délicat dans les ombres comme dans les clairs, en un mot ce clair-obscur que la lumière, bien comprise et bien dirigée, peut seule produire, et qui charme l’œil, il faut opérer d’une façon complètement différente et,

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