‹ La photographie en Amerique (volume 2)Chapitre 8 sur 131 · ÉCLAIRAGE A LA REMBRANDT · texte numérisé non relu

ÉCLAIRAGE A LA REMBRANDT

Le portrait n° 1 a été obtenu en posant le modèle en L et l’objectif en P. Lumière parallèle.

Le portrait n° 2 a été obtenu en posant le modèle en L’ et l’objectif en P’. Lumière oblique.

Le portrait n° 3 a été obtenu en posant le modèle de la meme façon que le n° 1, mais du côté opposé.

Le portrait n° 4 a été obtenu en posant le modèle de la même façon que le n° 2, mais du côté opposé.

Le tirage a été fait par le procédé Woodbury dans l’Etablissement de MM. Goupil & Cie à Asnières, d’après les clichés de M. À. Liébert.

ORGANISATION DES ATELIERS

en quelque sorte, en sens inverse de ce qu’on fait habituellement, c’est-à-dire que le modèle doit être placé de façon à tourner le dos au côté vertical de la partie vitrée, de telle sorte que la lumière, frappant un côté à angle très-aigu et par la partie supérieure du vitrage seulement, laissera dans l’ombre le côté du modèle que l’on pourra éclairef à volonté à l’aide de réflecteurs blancs qui, placés convenablement, produiront une lumière artificielle donnant des effets artistiques d’une grande beauté ; quelques essais et un peu d’habitude guideront l’artiste pour le jeu des rideaux supérieurs, afin de modeler à sa convenance , ou de produire des effets d’opposition plus ou moins accusés.

Pour donner le plus grand relief possible aux images éclairées de cette façon, il est important que le fond placé en arrière du modèle soit presque noir et disposé parallèlement au vitrage vertical, ou obliquement avec la partie de l’atelier qui est à angle droit, selon qu’on veut produire des oppositions plus ou moins prononcées entre les ombres et les clairs.

On peut se rendre compte, en jetant un coup d’œil sur la fig. 7, de la façon dont le modèle doit être posé pour obtenir ces effets de lumière que l’on variera à volonté, selon l’angle sous lequel le modèle sera présenté.

L et L' représentent le fond, l’un placé parallèlement au vitrage vertical , l’autre à angle de 45° environ, que l’on pourra ouvrir ou fermer plus ou moins ; le modèle étant placé en M ou en M' reçoit la lumière d’un côté seulement, et l’ombre portée est d’autant plus forte qu’il est placé parallèlement au vitrage vertical; l’objectif étant en P ou P', on atténuera la dureté des grandes ombres que l’on rendra transparentes en plaçant un réflecteur blanc N ou N' à côté du modèle. En ouvrant tous les rideaux de l’atelier, on diminuera le temps de pose qui, dans tous les cas, est au moins d’un tiers plus long qu’avec l’éclairage direct.

Les portraits faits ainsi sont le plus souvent des bustes qui doivent être tirés en médaillons. Plus l’impression est vigoureuse, et plus elle est artistique.

On complète l’effet et le charme en teintant légèrement par une double impression le papier qui entoure l’ovale du médaillon. Nous indiquerons dans un autre chapitre le moyen le plus simple d’obtenir cette double impression en ménageant, si on le désire, un nom, des armes ou toute autre inscription se détachant en blanc sur le fond teinté.

Nous ferons connaître également plus loin les moyens pratiques et sûrs de produire le brillant le plus parfait sur ces épreuves qu*on est convenu de nommer Camées, et qui, traitées ainsi, ne laissent plus rien à désirer.

Des fonds et accessoires.

Les fonds et les paravents jouent également un rôle important dans un salon de pose.

On doit varier le fond du tableau et le mettre en harmonie avec le sujet principal qui est au premier plan ; il faut donc avoir une série de fonds différents, machinés de façon à pouvoir les manœuvrer facilement.

Dans quelques ateliers, on emploie un système de fonds roulant sur un cylindre supérieur avec une tringle en bas glissant sur une rainure verticale de chaque côté ; une poulie, adaptée à l’extrémité du cylindre supérieur, reçoit une corde tendue qui, passant dans une autre poulie fixée au plancher, fait rouler la toile du fond autour de ce cylindre supérieur, absolument comme un store de fenêtre, avec cette différence que la tringle inférieure, glissant sur une rainure de chaque côté, maintient le fond bien tendu et dans une immobilité complète.

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Ce système permet d’avoir une série de fonds très-variés sans offrir l’embarras des paravents. Ils se changent avec une grande facilité, puisqu’il suffît de tirer sur une des cordes communiquant avec la toile déjà tendue , pour les faire remonter autour du rouleau supérieur, pendant que, par la même manœuvre en sens inverse, on fait dérouler le fond qui convient.

Il y a encore un système de fonds tendus sur des châssis, et roulant au moyen de galets sur une tringle en fer fixée au plafond et au plancher. Il est extrêmement commode lorsque la largeur de l’atelier permet de l’employer; mais il arrive le plus souvent qu’on ne peut se servir ni de l’un ni de l’autre de ces deux moyens, et qu’on est obligé de faire tendre les fonds sur des châssis en bois, roulant sur des patins ; dans ce cas, chaque châssis sert à tendre deux fonds.

Les fonds doivent être peints à la colle ou à l’huile mate, pour présenter une surface sans lustre ni brillant.

Ils seront peints en décors, mais en grisaille seulement, en accentuant un peu les premiers plans ; ils pourront figurer : 1° un intérieur de salon; 2° un. jardin avec statue, etc.; 3° un port de mer; 4<> un champ de bataille ou un camp; 5o un paysage quelconque; 6° un monastère, etc., etc., toutes vues allégoriques qui formeront un tableau charmant et que l'on peut approprier au personnage qui veut faire reproduire son portrait avec les emblèmes de la position qu’il occupe. Ces fonds, dont on doit être sobre, ne sont cependant agréables à l’œil que dans les cartes de visite.

Les fonds cintrés, d'une couleur neutre unie, produisent des effets de dégradé en sens inverse très-artistiques; on pourra donc faire disposer la partie de la muraille aux deux extrémités du salon de pose, de façon que, lorsque tous les fonds mobiles ou à poulies sont relevés, il reste un fond cintré dont on pourra se servir lorsqu’on le jugera convenable.

Un autre moyen d’obtenir des fonds cintrés mobiles con-

siste à faire faire dix châssis d’environ 35 centimètres de largeur sur 2m40 de hauteur, de les relier entre eux avec des charnières à double articulation, et de recouvrir le tout d’un drap de laine croisé et tissé d’une seule pièce ; on choisira, selon l’éclairage de l’atelier, une couleur noir-bleu ou marron.

Pour les médaillons éclairés à la Rembrandt, on obtient des fonds extrêmement artistiques en employant, comme il est représenté fig. 8 et 9, une sorte de cône circulaire ayant beaucoup d’analogie avec les abat-jour. Ce fond, dont le sommet extérieur du cône fait face à la partie verticale vitrée de l’atelier, recevant la lumière du côté fermé de l’angle, le côté le plus ombré du sujet se détache sur la partie qui reçoit le plus de lumière, tandis qu’au contraire le côté sombre du fond fait valoir par opposition le côté éclairé du modèle.

La dimension de ce fond conique est de lm25 de diamètre, et l’angle rentrant de 30 centimètres environ ; il est en fer-

ORGANISATION DES ATELIERS

blanc peint en gris et monté sur une tige en fer fixée dans un pied de même métal; on peut le faire mouvoir dans tous les sens au moyen d’une articulation. Gomme il peut être levé ou baissé à volonté, on fera en sorte que le centre se trouve à peu près à la hauteur du col du modèle pendant la pose.

Cette invention d’origine américaine est très-ingénieuse, elle donne aux portraits un aspect artistique que les fonds plats ne peuvent produire.

Un atelier bien monté pourra joindre à ces fonds une colonne naturelle en bois d’une couleur foncée, et sculptée, machinée à l’intérieur pour pouvoir s’élever ou s’abaisser selon la taille de la personne qui pose, un rideau de soie bien drapé et de couleur sombre, une sorte de galerie sur laquelle s’appuiera là personne qui veut avoir son portrait en pied, etc.

Si la pose a lieu avec le fond représentant l’intérieur d’un salon, on joindra comme accessoires un guéridon avec quelques livres, un fauteuil gothique, etc., etc. Les enfants surtout forment un tableau charmant, vus dans un jardin avec quelques joujoux, un cerceau, un cheval de bois, ou assis sur un rocher artificiel garni de mousses et de branches sèches, etc., etc.

Los paravents, dont on devra avoir plusieurs de différentes nuances, servent le plus souvent pour graduer la lumière sur le modèle ; c’est donc à l’opérateur à observer sur la glace dépolie la manière dont le sujet est éclairé, et à faire porter sur lui les ombres et les lumières qu’il jugera convenables pour l’harmonie des tons, avant de remplacer cette glace par le châssis contenant la glace sensibilisée destinée à recevoir l’image.

Le diaphragme, selon son ouverture, sert à réduire plus ou moins la lumière, et à la rendre plus diffuse en rétrécissant le champ de la lentille dont on n’utilise que les rayons qui passent par le centre ; par cette raison, tous les détails sont

plus accentués et plus nets que lorsqu’on opère avec les lentilles entièrement découvertes.

Pour les paysages surtout, il est indispensable d’user des diaphragmes les plus petits possible, pour rapprocher les différents plans qu’offre la perspective, et obtenir des détails dans toutes les parties du dessin.

Pour les portraits faits dans un salon, la réduction de la lumière devra être beaucoup moindre, parce que le temps de pose serait trop long, et que les détails ne pourraient pas venir dans les ombres ; enfin, lorsqu’on a à prendre le portrait d’un enfant, et qu’on doit par conséquent tacher d’obtenir une épreuve dans le moins de temps de pose possible, on pourra supprimer tout diaphragme; les détails seront peut-être moins bien venus et la netteté laissera sans doute un peu à désirer, mais on sera plus certain de réussir, surtout si l’on prend des positifs sur verre ou sur plaques de tôle, ce qui peut s’obtenir presque instantanément.

Ces diaphragmes peuvent du reste se changer avec la plus grande facilité dans les nouveaux objectifs, dans lesquels on a ménagé une rainure au centre du tube, entre les deux lentilles, rainure par laquelle on introduit le diaphragme de la dimension qu’on juge convenable.

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