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DAGUERRÉOTYPE SUR PLAQUE ARGENTÉE

Polissage des plaques. — Sensibilisation. — Exposition. Développement de l’image. — Fixage.

Ce procédé est le plus ancien et, on peut le dire, le point de départ de la photographie; il est presque entièrement abandonné aujourd’hui, malgré les beaux résultats qu’il donnait, par suite des avantages que présentent d’autres branches de cet art merveilleux dont les progrès se développent chaque jour.

Les plaques dont on se sert pour le daguerréotype sont en cuivre doublé d’argent au trentième ou au quarantième, ou bien argentées par la galvanoplastie.

Polissage des plaques.

La première opération consiste à abattre les arêtes, afin qu’elles ne déchirent pas les polissoirs ; pour cela, la plaque est posée à plat sur le bord d’une planchette, le côté argenté en-dessus, et on presse fortement tout autour avec une sorte de brunissoir arrondi en acier; les quatre coins sont recourbés en arrière avec une pince plate, et la plaque est fixée sur la planchette à polir, où elle est maintenue par des écrous. Ainsi préparée, on la saupoudre de tripoli très-finement pulvérisé, on verse quelques gouttes d’alcool à 36 degrés, et on frotte, en tournant sur toute la surface, avec un gros

tampon de coton cardé très-blanc, spécialement préparé pour ce travail; le tripoli est rejeté, et on frotte de nouveau à sec avec un autre tampon de coton. La plaque est bien propre lorsque l’haleine projetée à la surface produit un aspect d’un bleu mat qui disparaît régulièrement sans laisser de traces.

Lorsque, la plaque est bien nettoyée, on la polit en se servant d’une planchette longue recouverte d’une peau de daim imprégnée de rouge d’Angleterre que l’on frotte dans le sens de la longueur, puis dans celui de la largeur, jusqu’à ce que la surface argentée ait atteint un beau bruni, enfin on termine par une dernière friction avec un polissoir bien sec.

Sensibilisation de la plaque.

Ce travail se fait dans une pièce éclairée par un verre orange ou jaune comme pour la sensibilisation des glaces à l’iodure d’argent; on se sert le plus généralement d’une boîte à deux compartiments contenant deux cuvettes en porcelaine ou en verre fondu fermées avec des glaces dépolies et rodées; dans l’une de ces cuvettes on place une couche d’iode en paillette, l’autre doit contenir du bromure de chaux destiné à accélérer la sensibilité.

La plaque polie est placée, la face en-dessous, sur la boîte à iode préalablement découverte, et exposée jusqu’à ce qu’elle ait atteint la couleur jaune foncé, ce qui nécessite environ 30 à 40 secondes, elle est alors glissée de suite sur le compartiment voisin contenant le bromure de chaux et soumise à ses vapeurs jusqu’à ce qu’elle devienne d’un rouge violacé ; 10 à 15 secondes suffisent généralement; on termine enfin par une nouvelle exposition pendant 10 à

DÉVELOPPEMENT DE L’iMAGE

20 secondes sur la première cuvette contenant l’iode, où elle prend promptement un ton bleu d’acier qui lui donne son maximum de sensibilité.

Exposition à la chambre noire.

Les plaques peuvent conserver leur sensibilité pendant un espace de temps assez long; néanmoins, après 30 ou 40 minutes de préparation, la sensibilité s’amoindrit, c’est pourquoi il est toujours préférable de les exposer, au plus tard, dans la première demi-heure qui suit la sensibilisation.

Le temps de pose varie en raison de la lumière et de l’objectif employé, mais, en réalité, ne dépasse pas sensiblement celui que nécessite une plaque préparée au collodion humide.

Développement de l’image.

L’image latente se développe sous l’action des vapeurs mercurielles, élevées à la température de 60 à 65 degrés centigrades.

On se sert d’une boite en bois au fond de laquelle se trouve une cuvette en fer contenant 400 ou 500 grammes de mercure, que l’on chauffe au moyen d’une lampe à alcool placée sous l’appareil; un thermomètre à mercure dont l’extrémité plonge dans le métal doit indiquer la température, qui sera maintenue à 60 degrés environ pendant tout le temps du développement.

Après l’exposition à la chambre noire, la plaque sera placée à la partie supérieure de la boîte à mercure, et on suivra attentivement la venue de l’image sous l’action des vapeurs mercurielles.

Lorsque le temps de pose a été trop court, l’image est noire dans tout son ensemble ; lorsqu’elle est grise et blafarde, et que les contours tendent à s’effacer, c’est un signe certain que le temps d’exposition a été dépassé.

Fixage.

Lorsque l’image est développée convenablement, on la fixe dans une dissolution filtrée d’hyposulfite de soude à 1 5 ou 20 pour 100, dans laquelle elle séjourne 6 à 8 minutes seulement, puis on la rince dans une cuvette contenant de l’eau filtrée. L’opération se termine en plaçant la plaque sur un pied à chlorurer où elle est calée de niveau, l’image endessus ; on verse à la surface une nappe aussi épaisse que possible d’une solution d'hyposulfite d’or et de soude à la proportion de 1 gramme pour 1 litre d’eau, et on chauffe fortement jusqu’à ce qu’il se produise des bulles sur toute la surface; la solution d’or est alors rejetée, et on plonge vivement la plaque dans une cuvette d’eau filtrée ; l’opération se termine par un bon lavage à l’eau distillée, et on sèche la plaque sur une lampe à alcool.

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