‹ La photographie en Amerique (volume 2)Chapitre 90 sur 131 · PROCÉDÉ DE M. SWAN · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ DE M. SWAN

la solution de gélatine, qu’on laisse reposer jusqu’à ce qu’elle ait fait prise. Après dessiccation, cette pellicule peut être détachée en passant un canif sur les bords. On a alors une feuille noire, flexible, qui ressemble à du cuir verni. Elle est translucide, malgré sa teinte noire et, en l’examinant, on pourra facilement reconnaître si la coloration est convenable.

Cette pellicule doit être conservée dans l’obscurité et employée dans l’espace d’un jour ou deux. Quand on veut faire un tirage, la feuille est placée sous un négatif, le côté collodionné en contact avec le cliché, de sorte que l’impression se fait d’abord sur la face intérieure de la gélatine sensibilisée.

Le temps de pose varie selon l’intensité de la lumière et la nature du cliché ; mais, en tout cas, l’exposition ne dépasse pas le tiers ou le quart de celle nécessaire pour opérer avec les sels d’argent.

La latitude est beaucoup plus grande que par les procédés ordinaires : aussi l’image peut-elle sans grand inconvénient subir une pose trop longue. L’épreuve est ensuite collée sur papier à l’aide d’empois ou de- caoutchouc. Après dessiccation, on plonge dans l’eau chaude à 40 degrés centigrades. La gélatine colorée restée soluble se détache rapidement, laissant le dessin avec toutes ses dégradations de teinte adhérant au collodion. Lorsque l’image a trempé pendant deux heures environ, on peut, si on veut la redresser, coller dessus une feuille de papier, et quand elle est sèche, la première feuille, qui soutenait la pellicule impressionnée, se détache facilement. L’épreuve est alors terminée et possède une grande finesse.

(. Moniteur de la Photographie .)

Photomètre pour le tirage des épreuves au charbon.

Si la photographie au charbon présente des garanties sérieuses de stabilité que ne possèdent pas au même degré les images imprimées par les sels d’argent, elle a des inconvénients qui en ont rendu l’application pratique très-difficile et qui ont retardé sa vulgarisation ; ces inconvénients sont l’impossibilité de suivre les progrès de l’impression, en obligeant à opérer au juger.

Plusieurs instruments ont été successivement inventés pour mesurer l’intensité lumineuse lors de l’insolation de la gélatine bichromatée et colorée sous le cliché photographique. Nous allons donner la description du photomètre de M. Léon Vidai, qui, avec les derniers perfectionnements apportés récemment par l’inventeur, est le plus complet de ces instruments ; il peut donc servir à déterminer avec une précision suffisante le degré d’impression des images au charbon.

Le photomètre de M. Léon Vidal, construit par M. Marion, se compose :

1° D’une petite boîte rectangulaire de 10 centimètres de longueur sur 5 centimètres de largeur environ, dont la partie supérieure est fermée par une plaque métallique à charnière ;

2<> D’une échelle translucide, formée de dix écrans d’opacité graduée et numérotée, placée sous la plaque métallique de la boîte indiquée plus haut ;

3° D’une échelle lixe, de teintes graduées , également numérotées , dites teintes de comparaison, placée à côté du papier sensible ;

4° D’un petit cahier photométrique, composé de bandes

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