CHAPITRE II
PROCÉDÉ. WOODBURY ET ALBERTYPIE.
Le premier de ces deux procédés , dont les résultats peuvent rivaliser avec les plus belles productions aux sels d’argent, consiste dans l’obtention , d’après un cliché photografîque, d’une image sur gélatine bichromatée dont les creux et les reliefs sont imprimés sur une plaque de métal mou (plomb et antimoine), par la pression hydraulique. Cette planche une fois obtenue , le tirage se fait avec la plus grande simplicité.
Les planches qui accompagnent cet ouvrage ont été imprimées par le procédé Woodbury, dans la maison Goupil et Cie, à Asnières, dont l’habile directeur, M. Rousselon, a bien voulu nous faire les honneurs de la façon la plus courtoise, en nous permettant d’assister à toutes les opérations successives de ce procédé*appliquées sur une large échelle, dans ce magnifique établissement qui n’a pas de rival en Europe.
L’invention de M. Woodbury nécessite, il est vrai, une installation et un matériel spécial ; mais on peut dire que, grâce h l’intelligente impulsion donnée par M. Rousselon, l’application de ce procédé est devenue extrêmement pratique, et donne des tirages rapides et parfaits qu’il serait impossible de réaliser par tout autre procédé connu jusqu’à ce jour.
La première opération consiste à obtenir un relief en gélalatine d’après un cliché photographique, ainsi que nous l’indiquerons plus loin.
Transport des clichés sur pellicules.
Pour obtenir l’image dans son vrai sens, le meilleur moyen consiste à transporter le cliché sur une couche de gélatine mince, ce qui permet d’imprimer de l’un ou de l’autre côté. Voici la méthode employée par M. Rousselon, qui a bien voulu nous permettre de la publier.
Tous les clichés, vieux ou neufs, seront dévernis avec la liqueur suivante :
Faire dissoudre 5 grammes de potasse caustique dans 65 centilitres d’eau , et verser ensuite sur cette dissolution 250 centilitres d’alcool à 40 degrés.
Le vernis à la gomme laque se dissout facilement au moyen de cette liqueur ; d’autres, tels que le vernis Sœhnée, nécessitent une proportion plus grande de potasse.
On peut se servir d’une cuvette, ou verser le liquide sur la glace tenue à la main , absolument comme dans l’opération du développement. Lorsque le cliché est complètement déverni , on doit le laver en le plongeant un instant dans une cuvette remplie d*eau distillée contenant 2 p. 100 d’acide chlorhydrique, et le retirer aussitôt qu’on aperçoit se soulever un des coins du collodion. On termine par un lavage soigné à l’eau pure et on laisse égoutter.'
Lorsque le cliché est parfaitement sec , on l’expose à la vapeur d’eau au- dessus d’un vase rempli d’eau en ébullition jusqu’à ce qu’il soit entièrement recouvert des buées de cette vapeur, et on le recouvre alors d’une légère couche de gélatine chromatée à 7 p. 100, étendue à chaud. La quantité d’eau peut varier suivant la qualité de la gélatine.
Après dissolution complète de la gélatine, on ajoute 10 centilitres d’une solution à 10 p. 100 de chrome-alun, ce qui fait