IMPRESSION
Dans les ateliers de MM. Goupil et Gie, à Asnières, cinq séries de six presses chacune sont placées sur des tables circulaires et tournantes. Une personne manœuvre chacune de ces tables ; elle encre et charge successivement les six pres-
Fig. 65. - Table circulaire munie de six presses pour l’impression photoglyptique.
ses en faisant tourner la table ; quand le tour est complet, elle reprend l’une après l’autre les feuilles qu’elle a placées dans chaque presse, et qui sont alors suffisamment imprégnées. Les épreuves sont enlevées des presses et placées à
plat les unes sur les autres sur une grande table ou on les laisse sécher.
Nous représentons fig. 6o l’une des tables circulaires et tournantes, munie des six presses servant à l’impression par le procédé Woodbur^.
Lorsque la gélatine colorée qui forme l’image est parfaitement sèche, on l’insolubilise en immergeant chaque feuille dans un bain d’alun, et on donne à l'image le brillant du papier albuminé, en passant à la surface un large tampon en peau de chamois trempé dans du vernis à la gomme laque très-étendu d’alcool, puis on sèche rapidement sur un fourneau à gaz. il n’y a plus alors qu’à monter sur bristol et à satiner entre des feuilles de zinc.
Le collage des épreuves photoglyptiques se fait différemment de celui que nous avons indiqué pour les images tirées par les sels d’argent.
La colle, très-claire, se fait avec de l’arrow-root délayé avec de l’eau bouillante contenant une petite quantité d’alun.
Une grande glace posée à plat sur l’établi est d’abord recouverte , avec un large pinceau , d’une couche mince de cette colle ; les épreuves, coupées à la dimension voulue, sont mises en paquets de cinquante environ, face en dessous, et encollées successivement au dos, puis placées en rang, face en dessus, sur la glace recouverte de colle , de façon à ce qu’elles se distendent en se ramollissant ; on les enlève alors successivement avec une pointe à couper pour les appliquer sur le bristol, auquel on les fait adhérer en plaçant sur le tout une feuille de papier buvard que l’on frotte largement avec la paume de la main.
Appliquées entre deux verres, dont l’un est dépoli, ces images, en feuilles non collées, forment de délicieux vitraux.
La gélatine colorée dont on se sert pour ce procédé est maintenue tiède dans un bain-marie chauffé à une tempéra-
ALBERTYPIE
ture égale de 70 à 80 degrés centigrades. On peut non-seulement varier le ton, mais encore la vigueur de l’impression, selon que cette gélatine est plus ou moins chargée de couleur.
Le papier qui sert de support à l’épreuve doit recevoir un encollage particulier et être parfaitement satiné pour que la gélatine, restant à la surface, produise une image brillante possédant un grand relief.
Albertypie.
Le procédé d’impression appliqué avec beaucoup de succès par M. Albert (de Munich), est basé sur le même principe que celui décrit par M. Poitevin, à savoir : l’absorption proportionnelle de l’eau par les parties de la couche plus ou moins impressionnées, et la répulsion, dans la même proportion, de l’encre grasse pour les parties de la couche qui ont absorbé l’humidité. Mais, comme il y a dans le procédé de M. Albert l’addition d’un premier enduit qu’on rend insoluble par l’exposition préalable à la lumière, et qui reste sous-jacent, il peut se faire que l’excellence des résultats produits par cette méthode provienne de cette modification.
L’image est produite sur une glace épaisse finement dépolie recouverte d’abord d’une première solution composée de :
Eau distillée ....
Gélatine
Bichromate de potasse
à laquelle on ajoute, après dissolution à chaud :
Albumine filtrée 100 c. c.
Cette solution est appliquée sur le côté dépoli de la glace.
12 grammes.
Lorsque cette couche est sèche, on pose à la surface un morceau d’étoffe noire en contact avec la gélatine, et on expose à la lumière le côté opposé pendant cinq à six minutes pour insolubiliser la pellicule de gélatine qui se trouve en contact immédiat avec la glace, on applique alors dans l’obscurité une seconde couche de gélatine bicliromatée composée de :
30 grammes.
qu’on verse à deux ou trois reprises différentes. Après dessiccation complète, on expose la glace sous un négatif, la couche de gélatine en contact avec le cliché, jusqu’à ce que l’image se dessine à travers la glace.
Lorsque l’exposition est jugée suffisante, la plaque est retirée du châssis, lavée à l’eau tiède, pour enlever le chromate, puis séchée et ensuite traitée comme une pierre lithographique, c’est-à-dire encrée au rouleau ; les épreuves sont tirées ensuite de la manière ordinaire, sous une presse lithographique.
La partie du tirage étant très-délicate, doit être confiée à un ouvrier habile, habitué à ce genre de travail.
Les épreuves obtenues par ce procédé sont mates, on peut leur donner l'apparence du papier albuminé, en les recouvrant au rouleau mécanique de gélatine ou d’albumine qu'on insolubilise ensuite.
Eau
Gélatine
Bichromate de potasse Colle de poisson. . .
Albumine