PHOTO-LITHOGRAPHIE ET PHOTO-TYPOGRAPHIE
Impression photographique au charbon par les sels de fer. — Application par la photographie des corps gras ou encre d’imprimerie sur pierre lithographique. — Émaux photographiques.
Procédé de J»I. A. Poitevin.
Nous empruntons à M. A. Poitevin, l’inventeur de la photographie inaltérable, la description qu’il donne sur son procédé de photo-lithographie. Chacun sait que la lithographie repose sur ce principe, que l’encre grasse n’adhère pas aux parties blanches, mais seulement sur les traits formant le dessin tracé par l’artiste sur la pierre ; pour arriver à ce résultat, ces parties blanches sont couvertes de gomme arabique, corps qui se mouille et retient l’eau, tandis que les traits du dessin sont formés par un savon calcaire, c’est-àdire par un corps gras insoluble dans l’eau, et de la même nature que l’encre d’impression.
Ceci posé, nous allons faire connaître les moyens employés par l’auteur pour remplacer le dessin tracé à la main par un cliché photographique.
Pour préparer la pierre lithographique, on applique à la surface préalablement lavée, puis asséchée, une matière organique, gélatine, gomme ou albumine, (cette dernière substance est celle qui donne les meilleurs résultats), mélangée à un volume égal avec une dissolution saturée de
bichromate de potasse. La couche, convenablement étendue au moyen d’un pinceau dit queue de morue, on enlève l’excédant avec un tampon de linge, et on expose la surface ainsi préparée à l'influence de la lumière à travers un cliché négatif redressé du dessin à reproduire; cette exposition au soleil durera quinze ou vingt minutes. Après l’insolation, la pierre est rentrée dans le laboratoire et mouillée légèrement avec une éponge douce, puis encrée avec un rouleau d’imprimeur lithographe; le corps gras, repoussé par l’humidité, ne prend que sur les parties où l’albumine est devenue grasse et insoluble, laissant les blancs du dessin parfaitement intacts, l’albumine non altéré '.faisant, dans ce cas, fonction de la gomme arabique employée dans la lithographie ordinaire.
La pierre ainsi préparée sera traitée par une solution faible d’acide, puis gommée et séchée, absolument comme s’il s’agissait d’un dessin lithographique ordinaire fait à la main, et il peut être tiré de la même façon.
Dans une brochure parfaitement écrite, M. Geymet donne les détails les plus minutieux sur l’application pratique qu’il a faite de ce procédé photo -lithographique inventé par M. Poitevin.
Photo-typographie.
MM. Lefmann et Lourdel, dont les travaux sont bien connus aujourd’hui, se servent de clichés photographiques pour produire par la galvanoplastie des clichés typographiques avec lesquels tout imprimeur peut tirer un nombre indéfini d’exemplaires à l’encre d’impression ordinaire.
Ces clichés sur plaques de zinc peuvent être intercalés dans le texte d’un ouvrage et servir à son illustration.