IMPRESSION PHOTOGRAPHIQUE AU CHARBON
Ce procédé, très-simple du reste, a beaucoup d’analogie avec le précédent et a pour base la gélatine bichromatée. Nous en donnons une description sommaire, nous réservant de le décrire d’une façon plus complète dans une autre édition.
On prépare une dissolution de gélatine à 10 ou 15 pour 100 d’eau contenant 3 à 4 pour 100 de bichromate de potasse ; ce liquide est étendu sur une feuille de papier, qui, lorsqu’il est sec, est impressionné sous un négatif à la manière ordinaire, puis encré à l’encre de report.
L’image obtenue est alors décalquée sur une feuille de zinc plané, et sert d’épargne aux morsures successives qu’on fait subir à la plaque au moyen de l’acide nitrique dilué. Quand on juge le relief suffisant, la plaque de zinc est lavée, puis montée sur un bois d’épaisseur convenable pour servir à l’impression par la presse typographique.
Impression photographique au charbon par les sels de fer, émaux photographiques.
M. Poitevin a décrit un second procédé d’impression photographique au charbon ou à toute autre substance colorante inerte par les sels de fer au maximum (perchlorure de fer), dont la composition chimique est modifiée par la lumière, lorsqu’ils sont mis en présence de l’acide tartrique, qui enlève à ces sels la propriété d’être déliquescents, tant que le mélange reste dans l’obscurité, et qui les rend hygroscopiques partout où la lumière agit.
La liqueur sensibilisatrice se prépare en faisant dissoudre, d’une part, 22 grammes de perchlorure ordinaire dans 60 centimètres cubes d’eau, et d’autre part, 8 grammes d’acide tartrique dans 60 centimètres cubes d’eau ; les deux
solutions sont filtrées séparément, puis réunies, et on y ajoute 80 centimètres cubes d’eau environ : le mélange ainsi fait sera tenu à l’abri de la lumière.
Lorsqu’on veut opérer, on prend une glace dépolie d’un côté, à grain très-fin, de celles que l’on appelle doucies; après l’avoir nettoyée convenablement, puis séchée, on verse sur le côté dépoli une quantité suffisante de la liqueur sensibilisatrice précitée, pour que toute la glace soit recouverte, puis on fait égoutter l’excès du liquide en appliquant une bande de papier joseph aux deux extrémités de la glace, qui est ensuite abandonnée à la dessiccation spontanée pendant douze heures environ, à moins qu’on ne veuille employer la chaleur artificielle. On devra éviter la poussière, en plaçant la glace, le côté enduit en-dessous, dans une position presque verticale.
L’impression se fait derrière un négatif vernis au copal, dissous dans l’alcool, le côté sensibilisé de la glace est mis en contact avec le côté verni du cliché, et on expose le tout, soit à la lumière solaire, soit à la lumière diffuse, pendant un temps à peu près égal à celui nécessaire pour l’impression du chlorure d’argent.
Au sortir du châssis, l'image, très-peu visible d’abord, se dessine bientôt plus franchement en blanc sur fond jaune, au fur et à mesure que la couche s’imprègne de l’humidité de l’air, qui se porte sur les parties qui ont reçu l’action de la lumière. On applique alors sur toute la surface, avec un blaireau bien doux, la poudre de charbon ou de toute autre substance colorante avec laquelle on veut produire le dessin ; cette poudre ne se fixant que sur les parties impressionnées et en quantité proportionnelle à la lumière qui a traversé le cliché, le dessin prendra bientôt toute sa valeur.
L’image ainsi terminée pourra être conservée sur la glace pour être vue par transparence ; il suffira, pour la conserver, de la vernir ou de la recouvrir d’un verre préservateur.