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ÉCLAIRAGE DU MODÈLE DANS L’ATELIER VITRÉ

d’une étoffe blanplie sans reflets, et le côté opposé est tendu de bleu foncé ou de violet ; voir fîg. 25, lettre B. Ce réflecteur est également très-utile , placé entre le modèle et le côté vitré de l’atelier, pour atténuer la lumière sur une toilette couleur claire, tout en la concentrant sur le visage, selon l’inclinaison donnée aux deux lames de l’écran qui se meuvent à bascule.

Si on examine la disposition générale de l’atelier, lorsque le spécimen m 1 a été exécuté, on trouvera que le modèle est placé devant un fond conique au point A’ du plan, fig. 29, et que l’objectif se trouve en E’; les rideaux au-dessus de la tête sont fermés en escalier de façon que celui qui se trouve le plus rapproché du vitrage de côté, et par conséquent audessus du modèle, brise la plus grande partie des rayons directs verticaux pendant que les autres, moins développés graduellement, laissent arriver la lumière en quantité suffisante derrière le modèle pour que les ombres ne soient pas trop dures; les rideaux de côté, également fermés à l’extrémité de l’atelier du côté du poseur, laissent arriver cependant par le haut de la deuxième et de la troisième travée une vive lumière de côté qui se trouve elle-même adoucie par l’écran de tête placé à 80 centimètres au-dessus du modèle, pendant que le réflecteur à double articulation éclaire par réflexion les parties trop sombres du côté ombré.

On trouvera la même disposition pour le spécimen m 2, mais en sens inverse de l’atelier, car cette fois le modèle est placé en A, et regarde le point opposé A’.

Pour le n° 3, qui offre beaucoup d’analogie avec les deux premiers, la position de l’objectif seule diffère, car il se trouve en D’, et la disposition des rideaux a été légèrement modifiée pour permettre à la lumière de frapper presque perpendiculairement sur la tête du modèle.

Même disposition de rideaux, d’écrans et de réflecteurs pour le n° 4 que pour les 1 et 2, avec cette seule différence que l’objectif est placé en B.

Pour le n^’ 5, une disposition différente a été adoptée, car on remarquera que tous les rideaux au-dessus de la tête sont ouverts, seuls les deux premiers rideaux de côté sont à

moitié lermés ; le poseur est devant un fond circulaire au point A, et l’objectif est en D. L’écran de tête placé parallèlement au vitrage du haut, à 80 centimètres au-dessus de la tête du modèle, et le réflecteur double, ont seuls produit l’effet de clair-obscur. \

Le spécimen n® 6 représente le poseur en A’ devant le fond circulaire, l’objectif est en D’, les rideaux de côté sont complètement ouverts, mais ceux du dessus sont graduellement fermés jusqu’au quart environ du vitrage ; l’écran de tête, placé d’une façon plus horizontale et à 90 centimètres audessus du modèle, laisse arriver la lumière de côté d’une façon plus vive que le précédent.

Le n"^ 7 offre beaucoup d’analogie avec le précédent comme disposition de rideaux, mais l’objectif est placé en E et l’écran de tête semi-opaque n’est qu’à 60 centimètres au-dessus du modèle, avec une orientation en arrière qui permet à la lumière de frapper directement sur le sommet et en avant de la tête du poseur.

Tous ces spécimens sont considérés comme des portraits à la Rembrandt, à effets plus ou moins accusés. Les cinq derniers ont été faits, au contraire, avec la lumière ordinaire, c’est-à-dire que le grand côté du modèle est plus éclairé que le petit.

La disposition de l’atelier est complètement changée pour le n® 8, car si le poseur est toujours à peu près au même point en A, devant le fond circulaire, l’objectif placé en B regarde le côté de la face le plus éclairé ; cette fois, les rideaux du dessus sont plus fermés au centre que sur le côté de l’atelier, pour que les ombres s’accusent franchement et fassent valoir par opposition la partie du visage qui se trouve le plus en lumière. Pour fondre ces ombres, cependant, le réflecteur concave est placé du côté opposé à la lumière, tandis que, au contraire, le réflecteur double interposé entre le modèle et le vitrage vertical concentre la lumière par l’ouverture des lamelles légèrement inclinées.

Dans le n® 9, le modèle, l’objectif, le fond circulaire et le réflecteur concave, sont placés de la même façon que dans le précédent, mais une seule des lamelles du réflecteur dou-

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ble est légèrement entr’ouverte pour laisser pénétrer l’éclairage par le haut seulement, les rideaux de côté et ceux qui sont au-dessus de la tête sont presque entièrement fermés pour que la lumière se trouve concentrée sur le haut et en avant du visage.

Pour le m 10, l’objectif est placé en G et le modèle en A, les rideaux sont presque complètement ouverts , et c’est l’écran de tête, tenu à 7o centimètres au-dessus du poseur, avec l’écran double, mis du côté opposé à la lumière, qui produisent l’éclairage énergique et modelé de cette tête.

Le m 1 1 est éclairé de la même façon que le n° 8, seulement le modèle est placé en A’ et l’objectif en G’.

Enfin, pour le lE 12, l’objectif posé en B’ regarde lé modèle en A’, dont la tête est tournée un peu plus du côté opposé à la lumière pour obtenir le profil complet; les rideaux du toit incliné sont disposés de façon à ne pas projeter d’ombres trop fortes au-dessus de la tête, et ceux de côté sont presque entièrement fermés pour préserver les blancs de la toilette. L’écran de tête, placé presque verticalement, tamise la lumière sur l’ensemble du poseur, pendant que l’écran double éclaire les cavités des yeux et le dessous du menton dont les ombres seraient trop fortes sans cette précaution.

Les exemples que nous venons de placer sous les yeux de nos lecteurs peuvent se multiplier et varier à l’infini, selon le goût de l’opérateur, et surtout selon le caractère de la physionomie qu’il a à reproduire, car ce serait une erreur de croire que tous les portraits peuvent être éclairés indistinctement de la même façon : tel sujet, dont les traits sont fortement accentués, avec le nez long ou gros, les pommettes saillantes, les yeux enfoncés dans leur orbite, et l’arcade sourcilière très-avancée, devra être placé plus à l’extrémité de l’atelier, c'est-à-dire sous une lumière moins verticale, avec les rideaux du dessus plus fermés, que le modèle dont les yeux sont à fleur de tête, le nez petit et la face plate, qui demande, au contraire, que l’on exagère le relief plutôt que de l’atténuer. Pour ce dernier, on pourra l’amener plus en lumière, c’est-à-dire plus au centre, et maintenir l’écran de

tête à une distance plus élevée que pour le précédent; le visage pourra être également plus tourné dans le sens opposé à la lumière pour arrondir le côté ombré, et les rideaux audessus de la tête pourront également être plus ouverts.

Bien que nous ayons indiqué quatre positions seulement pour l’objectif dans le plan fig. 29, le lecteur comprendra que dans l’arc de cercle de 90 degrés environ qu’il peut décrire avec son instrument, il y a vingt autres positions intermédiaires qu’il peut choisir pour varier ses effets; il en est de même pour le modèle, car si nous avons posé en thèse générale qu’il convient de le placer entre la première et la deuxième travée du vitrage supérieur à chacune des extrémités, et à 1 mètre ou 1 mètre 50 en retraite du vitrage de côté, il n’existe pas moins dans l’atelier une foule d’autres points où le poseur peut recevoir un éclairage qui convient mieux à sa physionomie ; il y a donc là une question d’étude et de goût que l’on ne peut enseigner dans un ouvrage, mais que l’expérience et le travail développeront facilement chez tous ceux qui ont le sentiment artistique.

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