‹ La photographie en AmériqueChapitre 109 sur 151 · ABRÉGÉ DE CHIMIE PHOTOGRAPHIQUE ; NOTIONS ÉLÉMENTAIRES · texte numérisé non relu

ABRÉGÉ DE CHIMIE PHOTOGRAPHIQUE ; NOTIONS ÉLÉMENTAIRES

Sans qu’il soit indispensable de posséder des connaisances très-étendues en chimie, lorsqu’on ne veut faire de la photographie qu’une application pratique, il est au moins utile de comprendre les caractères distinctifs des produits dont on fait usage, et de pouvoir au besoin les préparer ou se rendre compte de leur pureté, pour pouvoir remédier à tous les insuccès qui se présentent dans le cours des opérations. C’est pourquoi nous allons donner quelques notions élémentaires pour servir de guide et pour rendre plus intelligible tout ce qui a été expliqué dans le cours de cet ouvrage.

On nomme corps tout ce qui a un poids appréciable formé d’atomes homogènes.

Les molécules sont des fractions infiniment petites d’un corps simple ou composé.

L’atome est la particule indivisible qui indique le terme extrême de la division d’un corps.

Un corps est dit simple lorsqu’il ne peut être décomposé en deux ou en plusieurs autres parties ; le fer, l’argent, le potassium, le soufre, ne pouvant être dédoublés, sont des corps simples.

L’iodure et le bromure de potassium ou d’argent sont des corps composés, parce qu’on peut toujours séparer l’iode et le brome du potassium et de l’argent.

La dissolution consiste à faire disparaître un corps quelconque dans un liquide qui acquiert alors la propriété du corps dissous; le sel se dissout dans l’eau; mais ,par l’évaporation du liquide, on obtient le sel tel qu’il était avant sa dissolution.

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Les principaux dissolvants sont l’eau, qui dissout les sels; l’éther, l’alcool, le chloroforme, la benzine, etc., employés pour dissoudre les corps organiques, tels que les résines, la gutta-percha, etc.

La plupart des produits chimiques dont on fait usage en photographie s’emploient en dissolution.

Une dissolution est dite saturée, lorsque le liquide ne peut plus dissoudre aucune des particules du corps qu’on y ajoute.

L’élévation de la température facilite la dissolution des corps dans les liquides, qui alors en absorbent une plus grande quantité.

L’évaporation consiste à séparer un corps solide du liquide dans lequel il a été d’abord dissous. On obtient ce résultat en abandonnant la dissolution à l’air libre ; mais on facilite l’évaporation par l’ébullition; le corps préalablement dissous se reconstitue le plus souvent en cristaux après refroidissement.

On nomme méhan^e la réunion de deux corps dont les proportions des divers éléments sont indéterminées; le sel et le sable réunis forment un mélange.

La conikiiiaison est un mélange de deux ou plusieurs corps, dont les propriétés premières s’annihilent pour former un autre corps. Ainsi, l’argent métallique dissous par l’acide azotique forme un nouveau corps : azotate cTargcnt, dont on ne peut pas reconstituer facilement les premiers éléments ; de plus, ce nouveau corps composé jouit de propriétés différentes de celles des deux corps qui l’ont formé.

L’affinité chimique est la force qui unit et retient les molécules hétérogènes de deux ou plusieurs corps simples pour former un corps composé. Le précipité qu’on obtient en versant une dissolution de chlorure de sodium dans une solution d’azotate d’argent, est le résultat de l’affinité du chlore et de l’argent l’un pour l’autre.

Il faut distinguer l’affinité de la cohésion, qui agit à distance par attraction magnétique.

La préparation des papiers photographiques est basée sur l'affinité du chlore et de l’argent, qui, combinés, forment à

la surface un chlorure d’argent impressionnable sous l’action des rayons lumineux.

L’iodure et le bromure d’argent jouissent des mêmes propriétés d’impressionnabilité à la lumière que le chlorure du même métal, mais à un plus haut degré ; c’est pourquoi on les emploie de préférence, mêlés au collodion, pour recevoir l’image formée dans la chambre obscure.

Filtration. — On filtre une dissolution pour la clarifier, en séparant les matières qu’elle tient en suspension. On emploie, pour filtrer un liquide, du papier blanc ou gris non collé, du coton cardé, ou une éponge fine, qu’on place dans un entonnoir, du verre filé, etc., etc.

Précipitation. — Précipiter un corps, c’est le séparer du liquide dans lequel il se trouvait dissous, en le rendant insoluble dans ce même liquide. Cette séparation se fait le plus souvent en changeant la constitution chimique du corps en dissolution et du dissolvant qui le contient. On précipite l’argent d’un bain d’azotate d’argent, soit en le transformant en chlorure par du chlorure de sodium, soit en le faisant passer à l’état d’iodure par l’addition d’une certaine quantité d’iodure de potassium, qui précipite l’azotate sous forme de chlorure ou d’iodure d’argent insoluble.

La décantation consiste à débarrasser le précipité du liquide qui le tenait en suspension ; pour cela, on verse avec précaution, pour ne pas entraîner le précipité, qui par sa pesanteur reste au fond du vase.

Le précipité devra être le plus souvent lavé, pour le débarrasser des eaux mères ; on aura alors à décanter après chaque lavage, pour rejeter le plus possible le liquide qui surnage; cette opération se fait après avoir agité le liquide avec une baguette de verre, et le précipité est de nouveau entièrement réuni au fond du vase.

Par distillation on entend la séparation, par la chaleur, d’un liquide volatil d’un corps solide ou d’un autre liquide moins volatil. On se sert, pour distiller, d’appareils spéciaux connus sous le nom d’alambics. Dans les laboratoires, on se sert plus ordinairement d’une cornue en verre, dans laquelle on met le liquide à distiller. Le col de la cornue s’engage

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dans celui d’un ballon, plongé dans l’eau ou dans tout autre mélange destiné à abaisser sa température. On chauffe la cornue, le liquide se vaporise, et les vapeurs viennent se condenser dans le récipient refroidi. En ménageant la chaleur, on peut arriver à séparer l’un de l’autre les liquides dont les points d’ébullition sont très-rapprochés.

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