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CHAPITRE X

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Des principaux produits chimiques employés en photographie. Moyen de les préparer.

Acétate de soude (N«0, 0^ 6H0). — On prépare

ce sel en dissolvant du carbonate de soude dans l’acide acétique, puis en évaporant jusqu’à cristallisation; il est soluble dans l’eau et dans l’alcool. On emploie ce sel en photographie pour les bains de virage.

Acétate d^ainnioiiiaque (Aj^H^O, G‘^0 0^). — On le pré-

pare en saturant Facide acétique avec de l’ammoniaque ou du carbonate d’ammoniaque.

Ge sel est très- soluble. On l’emploie en photographie comme accélérateur pour faire apparaître les épreuves négatives en le mélangeant avec l’acide gallique.

Acétate de plomb, sel de saturne (P^O, G^ PP 0^ -f- 3H0). — On le prépare en traitant la litharge par l’acide acétique en excès et faisant cristalliser. Il est très-soluble dans l’eau, surtout en présence d’un peu d’acide acétique. G’est un poison violent.

Il s’emploie en photographie comme accélérateur, dans les bains négatifs et dans les révélateurs.

Acide acétique (G^ 0'^ HO ~ 750 par 0 ou 60 par H). —

Liquide incolore, dégageant une odeur pénétrante de vinaigre; on l’emploie en photographie mélangé aux bains révélateurs de sulfate de fer ou d’acide pyrogallique, pour retarder la venue de l’image et faciliter ainsi l’apparition des détails dans les ombres, tout en ménageant les blancs du modèle. Il sert aussi dans la photographie sur papier pour préparer le bain d'acéto-nitrate d’argent servant à sensibiliser les feuilles négatives.

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L’acide acétique crislallisable s’obtient soit par l’oxydation de l’alcool soumis à rintluence de l’air, soit par la distillation du bain. L’acî<lc pyrolignciix du commerce n’est autre chose que de l’acide acétique moins concentré que l’acide g-lacial ou crislallisable ; c’est pourquoi la proportion devra être double de celle généralement employée d’acide crislallisable.

Acide azotique (A::0% HO). — C’est un liquide blanc, fumant à l’air, très-corrosif et vénéneux ; il colore en jaune les matières animales. On prépare l’acide azotique (ou nitrique) en décomposant six parties d’azotate dépotasse (salpêtre) ou de soude par quatre parties d’acide sulfurique ordinaire et chauffant légèrement. Cette opération se fait dans une cornue ; le produit de la distillation est recueilli dans un ballon de verre plongeant dans de l’eau froide.

Ce produit se trouve dans le commerce à un prix très-bas, et suffisamment pur pour l’usage des photographes; néanmoins, avant de l’employer pour la fabrication de l’azotate d’argent, on devra s’assurer qu’il ne contient pas de chlorure, ou l’en débarrasser s’il en contenait, en ajoutant un peu d’une solution d’azotate d’argent qui précipitera au fond du flacon le chlorure se trouvant en dissolution dans le liquide ; sans cette précaution, l’azotate d’argent produit,contenant du chlorure, donnerait des solutions troubles.

L’acide azotique sert à préparer l’eau régale, que l’on emploie pour dissoudre l’or. Mêlé à l’acide sulfurique, il sert également à la fabrication du coton azotique (pyroxyle).

Acide chlorhydrique (C L H). — C’est un gaz incolore trèssoluble dans l’eau qui en dissout 480 fois son volume; il se compose d’un équivalent de chlore et d’un équivalent d’hydrogène; le commerce le vend sous le nom d’acide mu rialique OU d’cüiprit de sel. Il est rarement pur, car il contient souvent du fer, du brome et de l’iode qui lui donnent une teinte jaunâtre.

On le prépare par l’action de l’acide sulfurique sur le chlorure de sodium (sel marin).

N«CL -f SO^HO = NrtOSO^ + HCL

Sel marin. Acide sulfurique. Sulfate de soude. Acide chlorhydrique.

Il sert en photographie pour précipiter l’argent des résidus et le transformer en chlorure.

Acide citrique 0^^). — L’acide citrique s’extrait

du citron, en saturant le jus par de la craie : le citrate de chaux insoluble que l’on obtient ainsi est ensuite décomposé par l’acide sulfurique étendu ; en évaporant le liquide, il reste au fond du vase de l’acide citrique en cristaux.

De même que l’acide acétique, l’acide citrique, ajouté aux bains révélateurs, retarde la réduction des sels d’argent pendant le développement, et favorise la venue des détails dans les ombres ; on peut donc l’employer soit avec le sulfate de fer, soit avec l’acide pyrogallique : 1 gramme d’acide citrique peut remplacer 20 grammes d’acide acétique cristallisable. Gomme il agit sur la couche sensible avec moins de rapidité que ce dernier, les détails ont -plus de finesse.

Pour l’obtention des épreuves positives par transparence, stéréoscopiques surtout, l’emploi de cet acide devra être adopté de préférence, en raison de la belle couche noir-bleu qu’il donne aux images, ce qui dispense de les virer au bichlorure de mercure ou au chlorure d’or.

Acide formique (G^ 0"^). Préparation. — Gomme les

résultats plus ou moins avantageux qu’on obtient par l’emploi de l’acide formique dépendent de la pureté de ce produit et de son degré de concentration, nous allons donner le moyens de le fabriquer dans des conditions qui permettront d’en déterminer l’emploi d’une manière régulière.

On introduit dans une cornue d’environ six litres :

1° 1 kilogramme d’acide oxalique (G^ 0^) du commerce ;

2° 1 kilogramme de glycérine sirupeuse ;

3° 100 à 200 grammes d’eau pure.

On élève la température à 105 degrés, mais pas au delà ; bientôt une vive effervescence a lieu, et il se dégage de l’acide carbonique pur. Au bout de vingt-cinq minutes environ, tout l’acide oxalique est décomposé ; la moitié de son carbone a formé de l’acide carbonique, et l’autre de l’acide formique, qui reste dissous dans la glycérine sirupeuse. Il suffît ensuite d’ajouter successivement de l’acide oxalique au mélange, et de le distiller pour obtenir indéfiniment de

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l’acide formique, car l’opération est continue. Le produit de la distillation renferme alors tout l’acide formique ou à peu près. On le traite par le carbonate de soude, et il en résulte un formiate de soude, qu’on dessèche d’abord et qu'on décompose facilement par l’acide sulfurique étendu de son volume d’eau. On peut ainsi obtenir environ 350 grammes d’acide formique par kilogramme d’acide oxalique employé.

Si l’on veut obtenir de l’acide formique au maximum de concentration, il faut verser l’acide formique brut obtenu par la distillation de la glycérine avec l’acide oxalique, comme nous venons de l’indiquer, dans une dissolution d’acétate de plomb. Le formiate de plomb est fort peu soluble dans l’eau froide; aussi se décompose-t-il presque en entier, au bout de quelques heures, à l’état de gros cristaux. On le purifie en le redissolvant dans de l’eau bouillante qui l’abandonne, par le refroidissement, en petits cristaux prismatiques ; on dessèche ensuite ce formiate de plomb dans un long tube de verre, que l’on chauffe avec quelques charbons ; puis faisant passer un courant d’hydrogène sulfuré sur ce formiate, le plomb se transforme en sulfure, et l’acide formique monohydraté va se condenser dans le récipient disposé à cet effet (1).

En ajoutant l’acide formique monohydraté au révélateur pour accélérer le développement et exalter la sensibilité de la couche impressionnée, on pourra faire usage de la formule suivante :

Eau distillée 200 grammes.

Protosulfate de fer bien pur 10 —

Acide formique monohydraté 1 —

Acide gallique ( C^HO^ , 3HO). — Cet acide organique s’extrait de la noix de galle ; il est très-léger et cristallise sous forme d’aiguilles fines légèrement jaunâtres. Il est soluble dans l’eau froide, dans la proportion de 1 p. 100, et de 3 p. 100 dans l’eau bouillante; l’alcool en dissout une plus grande proportion.

L’acide gallique est employé en photographie comme agent révélateur, à raison de la propriété qu’il possède de

(1) Moniteur de la photographie.

réduire les sels d’argent insolubles impressionnés par la lumière.

On prépare l’acide gallique en faisant macérer pendant deux ou trois mois une partie de noix de galle broyée dans quatre ou cinq parties d’eau maintenue à la température de -4- 25 à 30 degrés centigrades. On a soin d’ajouter de l’eau de temps en temps pour remplacer celle qui s’est évaporée, afin que le mélange soit toujours humecté ; ensuite on fait évaporer jusqu’à siccité , et on traite le résidu par l’eau chaude acidulée ; la concentration de ce liquide fournit l’acide gallique qui doit être purifié par trois ou quatre cristallisations successives ; enfin on décolore par le charbon animal, et on fait cristalliser.

Acide pyrogallique (G^ 0^). — Cette substance s’obtient

en chaufTantde l’acide gallique ou du tannin dans une cornue, aune température ded-200 à 215 degrés, pendant une journée; l’acide pyrogallique se sublime alors dans le chapeau de l’appareil, sous forme de paillettes cristallisées, feuilletées et soyeuses, d’un blanc de mica. Il est très-soluble dans l’eau, un peu moins dans d’alcool et dans l’éther. On l’emploie en photographie comme agent révélateur, parce qu’il réduit les sels d’argent et d’or; mêlé avec une solution d’azotate d’argent, il donne beaucoup de vigueur aux épreuves négatives.

La dissolution d’acide pyrogallique, pour se conserver longtemps, devra être faite dans l’alcool, puis étendue d’eau au moment de l’employer.

Acide sulfurique (SO^ HO). — L’acide sulfurique, qu’on nomme également huile de vitriol, est un liquide incolore, inodore, d’une consistance oléagineuse. Concentré, sa densité est de 66 degrés à l’aréomètre de Baumé. Soumis à la chaleur, il dégage des vapeurs épaisses et délétères ; il attaque et détruit la plupart des matières organiques.

On emploie l’acide sulfurique pour la fabrication du coton azotique dont on se sert pour le collodion. Celui qu’on trouve dans le commerce est suffisamment pur pour cet usage.

Alcool (C^ IH 0^). — L’alcool est un liquide incolore trèsfluide, qui s’enflamme et brûle très-facilement; il se dilate considérablement par la chaleur.

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L’alcool dont on se sert en photographie pour la fabrication du collodion doit peser -L 40 degrés à l’aréomètre de Baumé; car s’il était à un titre plus bas, le collodion n’adhérerait pas suffisamment à la glace. Il doit être d’une odeur et d’un goût agréables ; mélangé avec une petite quantité d’eau, il ne doit pas la troubler.

Si l’alcool, exempt de toute impureté, n’était pas à un titre assez élevé pour être employé dans le collodion, on devrait le distiller, après avoir ajouté une certaine quantité de chaux éteinte pour enlever l’eau.

Exposé sur une glace, il ne doit laisser aucun résidu.

L’alcool contenant de l’esprit de bois ou des huiles essentielles sera rejeté comme impropre à la fabrication du collodion. On pourra l’employer pour brûler, ou pour le nettoyage des glaces.

Alun. — Sel à saveur acide et astringente, il est produit par le mélange de sulfate de potasse et d’alumine réunis ensemble. Se vend dans le commerce en cristaux blancs. Est employé spécialement dans la photographie au charbon pour insolubiliser la gélatine.

Azotate d’argent (AyO, AsO^). — L’azotate ou nitrate d’argent est un sel composé d’oxyde d’argent et d’acide azotique; on le trouve dans le commerce cristallisé et fondu blanc ou gris. Ce sel, très-soluble dans l’eau, est la base des images photographiques; on doit le choisir le plus pur possible, c’est-à-dire ne contenant aucune trace de cuivre, provenant de ce que l’on a employé, pour le produire, de l’argent monnayé qui contient une quantité plus ou moins grande d’alliage.

Nous conseillons aux photographes' de faire eux-mêmes l’azotate d’argent, pour éviter d’employer celui qui contient des azotates de potasse ou de soude, comme on en trouve malheureusement beaucoup dans le commerce : cette opétion est, du reste, tellement facile que le léger embarras qu’elle donne sera largement compensé par la régularité des opérations faites avec un produit pur.

Lorsqu’on opère avec de l’argent vierge, on place les grenailles d’argent dans une capsule, avec le double de son

poids d’acide azotique chimiquement pur coupé d’eau distillée par moitié ; on chauffe doucement sur un fourneau ou une lampe à alcool, en ayant soin de placer la capsule recouverte d’un entonnoir renversé sous le manteau d’une cheminée, pour éviter de respirer les vapeurs acides qui se dégagent ; lorsque tout l’argent sera dissous et que les vapeurs rougeâtres auront cessé de se produire, on laissera évaporer jusqu’à siccité.

Pourpbtenir de l’azotate d’argent fondu, il suffira, lorsqu’on a opéré avec de l’argent vierge, de pousser le feu jusqu’à ce que la matière entre en fusion, et de la couler sur une assiette ou sur un marbre chauffé; l’azotate d’argent est alors pur et blanc.

Si l’on voulait faire de l’azotate d’argent cristallisé, il faudrait, lorsque l’évaporation est complète, faire dissoudre la matière refroidie dans le double de son poids d’eau distillée, puis faire évaporer la plus grande partie du liquide; en plaçant la capsule sur un feu doux, et en abandonnant ensuite le liquide à lui-même, il se formera de beaux cristaux blancs en refroidissant. Ces cristaux, recueillis dans des flacons en verre, pourront être employés alors pour les différentes préparations photographiques, notamment pour les bains positifs à l’ammonio-nitrate.

Gomme, dans bien des cas, il est assez difficile de se procurer de l’argent vierge, on pourra employer des pièces de monnaie ordinaires; mais, dans ce cas, il faut éliminer le cuivre qui entre pour un dixième dans la composition de ces pièces. Il suffira pour cela, lorsque l’argent aura été dissous dans l’acide azotique et que l’évaporation sera complète, de remettre la capsule sûr le feu, et de chauffer graduellement jusqu’à ce que la matière, qui d’abord se boursoufle, fonde entièrement; elle noircira alors en dégageant des vapeurs rougeâtres provenant de la décomposition de l’azotate de cuivre. Lorsque ces vapeurs auront cessé de se dégager, en faisant dissoudre une parcelle de la matière dans un peu d’eau distillée, à laquelle on ajoute une ou deux gouttes d’ammoniaque, si le liquide ne prend pas une teinte bleue sous l’action de l’alcali, l’opération est terminée ; il ne reste

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plus qu’à saisir la capsule avec des pinces et à cOuler la matière sur un marbre ou une assiette qu’on a eu le soin de chauffer, et à laisser refroidir le nitrate qui, dans ces conditions, sera gris; mais, lorsque la dissolution sera filtrée, comme tout Toxyde de cuivre reste sur le filtre, le liquide sera parfaitement pur et limpide.

Il n’existe de différence entre l’azotate d’argent fondu, gris ou blanc, que dans le poids pour un volume donné, à raison de l’oxyde de cuivre qui se trouve dans le premier, inconvénient bien petit, puisque l’on sait combien l’alliage monétaire contient de cuivre, et par conséquent quelle est la défalcation que l’on doit faire. Cette différenee, du reste, ne peut avoir aucune influence fâcheuse sur les résultats obtenus avec ces sels; cependant, si la température avait été portée, pendant l’opération, à un degré tel, qu’il se fût produit une décomposition dans l’azotate d’argent lui-même, en lui donnant une réaction alcaline, il pourrait arriver que les glaces noircissent uniformément sur toute leur surface. Quelques gouttes d’acide azotique, jusqu’à ce que la réaction acide devienne manifeste, suffiront pour faire disparaître cet inconvénient.

100 grammes d’argent vierge, ou le poids correspondant d’argent allié de cuivre, devront produire environ 150 grammes d’azotate d’argent fondu pur et blanc.

L’acide azotique servant à la dissolution de l’argent devra être exempt de chlore et d’acide iodique.

Azotate de potasse (KO As OQ. — L’azotate de potasse ou salpêtre est un sel blanc cristallisé en longs prismes ; d’une saveur piquante et fraîche, il est déliquescent, soluble dans l’eau froide, plus soluble dans l’eau chaude. Mélangé avec le double de son poids d’acide sulfurique concentré, l’azotate de potasse sert à préparer le coton-poudre dont on se sert pour faire le collodion ; on trouve ce sel dans le commerce à des prix modérés et assez pur pour cet usage.

Benzine H®). — Liquide incolore et volatil, qu’on obtient par la décomposition de l’acide benzoïque, et qui se trouve dans les produits de la distillation de la houille ; il dissout les corps gras et goudronneux ; on l’emploie, mêlé

avec (le la cire, pour faciliter le décollement des images au charbon développées sur verre comme transport provisoire.

ISiclilorure de mercure (H^ Cl). — ISubliiiié corrosif. —

Ce sel très-vénéneux est composé de 1 équivalent de mercure uni à 1 équivalent de chlore; il est blanc et cristallisé, sans odeur, soluble dans l’eau, davantage dans l’acide chlorhydrique.

Le bichlorure de mercure est employé en photographie pour donner de l’intensité aux clichés faibles, — pour donner une teinte blanc de perle aux épreuves positives sur verre, et pour ramener au rouge et révivitier les’ épreuves sur papier qui ont été altérées.

Bitume de Judée. — Sorte d’asphalte provenant des lacs et des sources de la Syrie, d’Égypte, de la Perse, etc. Il est très-difficile de le trouver parfaitement pur dans le commerce. La meilleure qualité vient de Damas. Ce produit est soluble dans l’éther, mais devenant beaucoup moins soluble lorsqu’il a été soumis à l’action de l’air et de la lumière; c’est pourquoi on l’utilise, en photographie, pour former sur une plaque de métal l’image d’un cliché destiné à être transformé en héliogravure.

Bromure de potassium (K Br). — Composé de 1 équivalent de brome et 1 équivalent de potassium. On l’emploie en photographie mêlé avec les iodures, pour sensibiliser les collodions.

Il sert encore pour certaines préparations de papier. On trouve ce sel dans le commerce, assez pur; il est soluble dans l’eau.

Chlorure d’or (A.u^ CP). Uloyen de le préparer. — Le

chlorure d’or dont on se sert en photographie pour donner aux images positives sur papier les tons pourpres violacés et noirs, si désirés pour la beauté des épreuves, s’obtient en dissolvant l’or pur dans un mélange de une partie d’acide azotique et trois ou quatre parties d’acide chlorhydrique, qui se nomme généralement eau régale. Pour cela, on verse dans une capsule une quantité d’eau régale équivalant à environ quatre fois le poids de l’or que l’on a le soin de laminer, s’il est possible, pour faciliter sa dissolution; la

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capsule est placée au-dessus d’une lampe à alcool, ou mieux encore sur une couche de sable contenue dans un vase en fonte ou en terre cuite chauffé en dessous par un feu régulier et doux; la capsule sera recouverte d’un entonnoir renversé en verre, pour éviter la perle qui résulterait, sans cette précaulion, des projections de liquide lors de l’ébullition.

Il se produit, après l’évaporation du liquide et son refroidissement, des cristaux d’une couleur jaune clair, qui se présentent le plus souvent sous forme de longues aiguilles, qui ne sont autre chose que le chlorure d’or livré ordinairement par le commerce. Si on continuait à chauffer pour éliminer l’excès d’acide, on obtiendrait une masse d’un brun foncé, dont une partie serait transformée en protochlorure insoluble dans l’eau. On voit donc que, pour éviter la perte qui résulterait inévitablement dans ce dernier cas, il faut arrêter l’évaporation au moment précis où le mélange forme des cristaux de perchlorure d’or, qui contiendra encore, il est vrai, une petite quantité d’acide, mais qui sera sans inconvénient, puisque son action en sera neutralisée, si on emploie les bains alcalins que nous avons indiqués dans les différentes formules de virage.

Lorsqu’on aura à transformer en chlorure, de l’or contenant un alliage quelconque, tel que la monnaie, par exemple, après la première dissolution du métal dans l’eau régale, on étendra largement cette dissolution avec de l’eau distillée, et on précipitera l’or pur au moyen d’une solution concentrée de protosulfate de fer; le précipité brun sera lavé avec soin, puis redissous dans l'eau régale, comme il a été dit lorsqu’on traite l’or pur.

Pour éviter soit un excès d’acide dans le perchlorure d’or, soit une perte, lorsque, par une évaporation trop prolongée, on a éliminé tout l’excès d’acide, et qu’il s’est alors formé un protochlorure d'or insoluble, on pourra employer à la même dose le chlorure double d’or et de potassium, comme l’a recommandé M. Fordos. Ce sel se prépare en dissolvant 1 gramme d’or dans un gramme d’acide azotique et 3 ou 4 grammes d’acide chlorhydrique. On évapore jusqu’à cristallisation, puis on étend d’un peu d’eau distillée; on ajoute

alors Si grammes de bicarbonate de potasse, et on évapore à sec pour éliminer l’excès d’acide; le résidu est dissous dans un peu d’eau distillée, puis on évapore de nouveau après filtration sur de l’amiante, pour faire cristalliser. On aura alors un sel d’or pur d’un jaune clair, qui n’aura pas l’inconvénient, comme le perclilorure d’or, de se décomposer à la chaleur ou à l’humidité.

Le chlorure d’or du commerce étant souvent frelaté, les photographes devront autant que possible le préparer euxmêmes. Un moyen simple et facile de s’assurer de la pureté du chlorure d’or, du chlorure double d’or et de potassium ou de sodium, est de faire dissoudre une petite quantité de ces chlorures dans une faible proportion d’alcool. Si ces sels contenaient des chlorures étrangers, de sodium ou de potassium libre, comme ceux-ci ne sont pas solubles dans l’alcool, ils se déposeraient au fond du vase dans lequel se ferait l’expérience. On se sert dans les laboratoires, pour faire ces essais sur de très-faibles quantités, de tubes de verre fermés à une extrémité.

Chlorhydrate d’amiiioiiiaqiie (Az H^. C^). — Sel aiiiinoniac. — Ce sel est employé en photographie pour la préparation des papiers positifs; comme il n’est pas déliquescent, il est préférable au chlorure de sodium. On le trouve dans le commerce, à l’état assez pur, en bâtons cristallins d’un blanc légèrement jaunâtre et à cassure fibreuse. Avec l’azotate d’argent, il forme un chlorure d’argent qui a la propriété de noircir à la lumière ; c’est par cette réaction que se produisent les images photographiques sur papier.

Chroiiiate de pofaasse (KO, CrO^) qui est le chromate neutre d’une couleur jaune serin; en traitant la dissolution de ce sel par de l’acide azotique et évaporant, on obtient le hiehrouiatc de potasse, KO, 2 GrO^, qu’on purifie par des cristallisations successives.

En photographie ce sel est employé en dissolution aqueuse et alcoolique, pour sensibiliser les pellicules de gélatine, de gomme, ou de toute autre substance organique destinées à reproduire le dessin du cliché sous lequel on l’expose à la lumière.

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<’yaiiiirc de |mlassiïBiii (K Cy OU KC-^ A;;}. — Ce sel est un des poisons les plus violents que l’on connaisse; aussi cloitpn le manier avec les plus grandes précautions, et surtout éviter de le toucher et de s’en servir pour se nettoyer les mains lorsqu’elles sont égratignées ou gercées, parce qu’il agit très-rapidement par absorption. — Il répand dans l’air une odeur pénétrante d’amandes amères qui prend à la gorge. Dissous dans l’eau, il se décompose en peu de temps en acide prussique et potasse.

On peut l’employer pour fixer les épreuves négatives sur collodion, mais il est préférable de le remplacer par l’iiyposulfîte de soude, qui n’offre aucun danger.

Éther siilfBsriquc (G'‘ IP O). — L’éllier est un liquide incolore très-fluide ; il se vaporise avec la plus grande facilité, en produisant beaucoup de froid. La vapeur d’étlier est trèslourde et prend feu très-facilement, même à distance, brûle avec une flamme brillante, et forme avec l’air un mélange explosible.

L’éther du commerce contient souvent de l’eau 'et de l’alcool dans une proportion assez forte, ce qui nuit à la fabrication d’un bon collodion. On reconnaît la présence de l’eau en mettant dans un flacon bouché de l’éther en contact avec un peu de chlorure de calcium desséché. Ce sel se dissout en proportion d’autant plus grande, que la quantité d’eau est plus considérable. On reconnaît l’alcool en agitant l’éther dans un petit tube avec une quantité d’eau connue, et laissant le mélange se séparer en deux couches par le repos ; le volume de l’eau augmentera d’autant plus qu’il y aura plus d’alcool dans l’éther. Cette analyse est moins importante que la première, puisqu’on mélange l’éther avec une certaine proportion d’alcool pour former le collodion.

IBypochloritc de chaux. — Plus connu sous la dénomination de chloriBcc de eliaiax, il forme avec le chlorure d’or un bain de virage précieux pour les épreuves positives, surtout lorsque le papier a jauni, soit par suite d’un mauvais encollage, soit par une préparation trop ancienne; il a la propriété de blanchir le papier, tout en donnant aux images des tons chauds, d’un noir pourpre. Son action étant très-rapide

et très-énergique, on aura soin de ne pas prolonger Fimmersion trop longtemps lorsqu’on emploiera ce mode de virage dont la proportion est de : 1 gramme de chlorure de chaux,

1 gramme de chlorure d’or et 4 litres d’eau (1).

Ilypoclilorite de potasse (KO, C/0). — Ce sel se trouve uni à un équivalent de chlorure de potassium dans l’eau €ie javelle (hypochlorite de soude), qui a un très-grand pouvoir décolorant; on l’obtient en faisant passer un excès de chlore dans une solution étendue de potasse, et en évitant que la température de la liqueur ne s’élève. Cette liqueur sert à blanchir les corps organiques; on doit l’employer de préférence au cyanure de potassium pour enlever les taches de nitrate d’argent qu’on a aux mains après les opérations photographiques.

IlyposuHitc de soude. (Na O, 0^, SHO). — On trouve ce sel assez pur dans le commerce, pour tous les usages photographiques ; on le vend en gros cristaux incolores et transparents. 11 est très-soluble et a la propriété de dissoudre les sels d’argent, tels que les chlorures, bromures, iodures et cyanures, sans attaquer l’image produite par la lumière avec l’énergie du cyanure de potassium; c’est pourquoi il est employé généralement pour fixer les épreuves positives et même négatives.

On l’obtient en faisant digérer du soufre dans une dissolution de sulfite de soude et en évaporant la liqueur, qui alors 'se cristallise.

lodure d’antmoiiium (A.:: IP, H1 ou A^H^l). — Ce sel entre dans la composition du collodion, pour former avec l’azotate d’argent une couche d’iodure de ce métal sur laquelle se produit l’image. 11 est d’un blanc jaunâtre, soluble dans l’alcool, mais beaucoup plus soluble dans l’eau; il se décompose facilement à l’air humide et devient alors plus ou moins rougeâtre, en raison de la quantité plus ou moins grande d’iode qui est mise en liberté; on doit donc le tenir parfaitement bouché, à l’abri de l’humidité et de la lumière.

(1) MM. Davanne et Girard, dans leur travail sur le tirage des }30sitives, prétendent qu’on doit exclure les virages à l’hypochlorite de chaux.

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On prépare riodure d’ammonium en versant du sulfhydrate d’ammoniaque dans une dissolution composée d’une partie d’iode pour quatre parties d’eau, jusqu’à ce que l’iode ait entièrement disparu; on chauffe ensuite le liquide jusqu’à l’ébullition, puis, après avoir filtré, on fait évaporer doucement jusqu’à dessiccation complète.

lodiire de eaduiiiiiii (C6/I). C’est un des sels les plus estimés pour sensibiliser le collodion, qui s’impressionne plus rapidement et se conserve mieux quand il contient l’iodure de cadmium que lorsqu’il est préparé avec les autres iodures ; il est soluble dans l’eau et dans Talcool. On l’obtient en introduisant dans un ballon en verre une partie de cadmium laminé pour deux parties d’iode et cinq parties d’eau; le liquide est légèrement chauffé, et on l’agite jusqu’à parfaite décoloration; puis, après décantation, on fait évaporer; après refroidissement, l’iodure de cadmium reste au fond du vase en écailles nacrées.

Uaolin. — Le kaolin, silicate d’alumine, est une argile blanche et pure, que l’on emploie pour la fabrication de la porcelaine ; mêlé avec de la gélatine ou de l’albumine contenant du chlorure de sodium ou d’ammonium, il sert également à préparer le papier-émail, qui donne le glacé des cartes-porcelaine ; on obtient sur ce papier des épreuves photographiques d’une grande finesse.

Dans la photographie ordinaire, le kaolin est employé fréquemment pour décolorer les bains d’argent positifs, lorsqu’ils ont jauni sous l’influence de l’albumine provenant des papiers mis en contact avec eux. La découverte de cette propriété est due à M. Robert, de la manufacture nationale de Sèvres.

Sulfate de protoxyde €le fer (FeO SO^). ■ — Le sulfate de protoxyde de fer est un sel d’un bleu verdâtre, qui se trouve en abondance et à bas prix dans le commerce, sous forme de gros cristaux; il est soluble dans le double de son poids d’eau. Il s’oxyde facilement à l’air. Les cristaux se couvrent alors d’une couche ocreuse de sous-sulfate ferrique. Ce sel est employé généralement en photographie pour révéler les images sur collodion, lorsqu’elles ont été impressionnées

par la lumière ; il est alors étendu sur la couche en solution plus ou moins diluée et additionnée d’acide acétique et d’alcool.

Pour le préparer, on traite de la limaille de fer par un mélange de une partie d’acide sulfurique étendue de neuf parties d’eau; le liquide est cliaulfé légèrement, et lorsque l’effervescence a cessé, le liquide est filtré, puis abandonné à la cristallisation. Les cristaux sont ensuite lavés rapidement, puis séchés , et recueillis dans les flacons bouchant bien.

Sialfate «louhle île fer cl d^aBamaoiaiaque (FcO , AmO , 2SO^ -f- 6HO). — Ce sel est employé, comme le sulfate de protoxyde de fer, pour révéler les images latentes formées par la lumière dans la couche d’iodure d'argent. Il a sur ce dernier l’avantage de ne pas s’oxyder et de produire des résultats plus constants en donnant des détails d’une plus grande finesse à l’épreuve négative. On le prépare en dissolvant dans l’eau, à l’aide de la chaleur, un équivalent (139 parties de sulfate de protoxyde de fer cristallisé ) , et un équivalent (66 parties) de sulfate d’ammoniaque. Lorsque le liquide est filtré, on évapore jusqu’à cristallisation; il se forme alors de beaux cristaux durs, transparents, d’un vert très-clair. (Mohr.)

Sialfocyaiiiire iramaiioBHiiBn (Aw, Cy, S^). — Ce sel a été

recommandé récemment par M. Meynier, de Marseille, pour fixer les épreuves négatives et positives ; il n’est pas vénéneux comme le cyanure de potassium. On le trouve dans le commerce en beaux cristaux incolores.

Tournesol. — Le papier bleu de tournesol s’obtient en plongeant du papier non collé dans une solution aqueuse de tournesol en pain préalablement broyé et délayé ; il sert à reconnaître la présence des acides ou des alcalis dans les différentes solutions employées en photographie, notamment dans les bains d’argent et les bains d’or; on l’emploie également pour s’assurer de la parfaite neutralité du coton azotique. Ce papier a la propriété de rougir, lorsqu’il est mis en contact avec les acides, et de reprendre sa couleur bleue primitive en présence des alcalis.

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