‹ La photographie en AmériqueChapitre 113 sur 151 · PROCÉDÉ AU GÉLATINO-BROMURE D’ARGENT · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ AU GÉLATINO-BROMURE D’ARGENT

POÏÏR ÉPREUVES NÉGATIVES

Depuis quelques années, le procédé au gélatino-bromure d’argent a opéré une véritable révolution dans la photographie, et l’on peut dire qu’après le collodion qui a détrôné le daguerréotype, c’est le plus grand progrès qui se soit produit dans notre art si fécond cependant en découvertes merveilleuses, car il a cet immense avantage de pouvoir être employé à sec, de se conserver indéfiniment, et, chose inappréciable, de produire des clichés parfaits, dont le temps d’exposition est dix fois moindre qu’avec tout autre procédé ; aussi les touristes , les amateurs et les photographes de profession abandonnent-ils successivement le collodion qui passera bientôt à l’état de légende comme la plaque Daguerréenne.

Les premiers essais de gélatine bromurée ont été faits en Angleterre où les brouillards qui régnent pendant une grande partie de l’année rendent les opérations photographiques très difficiles avec des produits peu sensibles, c’est pourquoi ces procédés nouveaux ont été adoptés avec la plus grande faveur aussitôt leur apparition, et perfectionnés ensuite par des praticiens habiles.

C’est en 1871, que le D’’ Maddox a eu le premier l’idée d’employer la gélatine comme subjectile, et d’en former une couche sensible avec le bromure d’argent ; bien que les résultats fussent relativement bons, ils étaient loin d’avoir la rapidité qu’on obtient aujourd’hui par suite des perfectionnements apportés à ce procédé dont nous donnerons plus loin la description.

La théorie du gélatino-bromure d’argent est la formation dans la gélatine chaude d’un bromure d’argent que l’on obtient par le mélange dans une proportion déterminée d’un bromure alcalin et de nitrate d’argent, ce qui forme par double décomposition ce qu’on est convenu de nommer émulsion. Cette préparation est peu sensible, lorsqu’on se borne au mélange des substances indiquées ci-dessus, qui forment le bromure blanc, mais elle acquiert une rapidité très grande quand on opère selon les indications fournies d’abord par M. C. Bennett, et ensuite par M. W.-B.Bolton en 1878 et 1879. D’après ces praticiens, l’émulsion devient d’autant plus sensible que la constitution moléculaire du bromure d’argent et de la gélatine ont été modifiées par l’élévation de la température, et la durée de l’ébullition; cette sensibilité augmente encore lorsque l’émulsion est maintenue chaude en présence d’une petite quantité d’ammoniaque, ce qui produit le bromure vert.

Notre savant ami, le regretté D’’ Van Monckhoven a fait des observations très importantes à ce sujet qui sont consignées dans la 7® édition de son traité de photographie ; nous ne nous étendrons pas autant qu’il l’a fait sur la partie scientifique de ce procédé, car nous sortirions du cadre de cet ouvrage, mais nous ferons en sorte que la description au point de vue pratique soit aussi claire que possible pour que chacun puisse en faire l’application dans toutes ses parties.

Page 1