DES PLAQUES
La pièce’ dans laquelle on coule l’émulsion sur les glaces, et où elles sont mises à sèclier doit être suffisamment spacieuse, élevée de plafond et bien aérée autant que possible, tout en ne recevant le jour que par des fenêtres garnies de verres rouges très foncés sur lesquels le soleil ne doit jamais frapper; afin de pouvoir travailler pendant la nuit cette pièce peut être munie d’une ou plusieurs lanternes éclairées au gaz ou de toute autre façon, munies également de verres rouge-rubis ne laissant passer aucun rayon actinique.
Des courants d’air doivent être établis au moyen de persiennes recouvertes de volets pleins garnis de ventouses, ou de coudes en tôle, qui permettent à l’air de se renouveler constamment sans laisser pénétrer aucune lumière.
Le chauffage peut se faire au moyen d’un appareil à gaz dont tous les produits de la, combustion doivent s’échapper au dehors par une cheminée qui tire bien,, ou mieux encore par des bouches de chaleur d’un calorifère que l’on chauffe du dehors. Quelque soit le mode employé on devra faire en sorte que la température puisse être élevée et réglée à 20 ou 25° centigrades sans qu’aucune émanation de gaz non brûlé puisse se dégager dans la pièce, car dans ce cas, toutes les plaques seraient voilées.
Les parois de la pièce où se fait la préparation des plaques doivent être garnies de supports sur lesquels on pose les porte-glaces pour le séchage; ces supports composés de montants en bois blanc de 3 mètres 50 de hauteur écartés entre eux d’environ 60 centimètres sont reliés par des tasseaux sur lesquels on glisse en les superposant, tous les porte-glaces à rainures sur lesquels on a placé les plaques verticalement lorsqu’on les retire du marbre après que l’émulsion a fait prise.
Les porte-glaces dont la longueur peut avoir 60 centimètres environ doivent être construits de façon que les plaques soient espacées d’au moins 4 centimètres, de façon que l’air puisse toujours circuler librement dans tous les sens pour. que le séchage se fasse régulièrement et également.
Afin d’éviter la poussière qui pourrait s’attacher aux plaques pendant la préparation et surtout pendant le séchage, qui, pour être fait dans de bonnes conditions nécessite environ douze heures, on doit fréquemment arroser toutes les parois de la pièce et même le plafond en employant un arrosoir muni d’un appareil vaporisateur pneumatique; il faut également renouveler entièrement l’air de temps en temps pour éviter que la condensation des vapeurs provenant de l’humidité des plaques ne s’accumule dans la pièce.
EMPAÜÜETAGE DES PLAÜÜES
Lorsqu’elles sont complètement sèches, les plaques doivent être empaquetées de façon à ce qu’elles ne puissent jamais recevoir le moindre rayon de lumière blanche, dans cet état, elles peuvent se conserver indéfiniment sans altération, pourvu qu’elles soient maintenues dans un endroit sec et exempt d’émanations délétères.
Le mode de paquetage le plus généralement employé est le suivant :
Comme on doit séparer les plaques afin d’éviter le frottement des couches, et qu’il serait imprudent de placer entre elles sur toute la surface^ soit un papier ou un carton qui
pourrait produire des taches, on emploie pour cet usage des bandes de deux centimètres de papier buvard épais plié en deux qui sert à séparer les bords seulement ; deux plaques sont posées lune sur Tautre, verre en dehors et les couches de gélatine se regardant, mais isolées par une de ces bandes de buvard placée de chaque côté, deux autres plaques sont posées sur les premières de la même façon, ce qui fait que deux des côtés nus du verre se touchent, et on enveloppe ces quatre plaques d’une feuille de papier jaune-orange ; on fait]trois paquets semblables qui sont ensuite enveloppés ensemble dans une feuille de papier noir, dit papier à aiguilles, et le tout, formant une douzaine de plaques est mis dans une boîte en carton recouverte à son tour d’une enveloppe en papier goudron ou en papier d’emballage fort.
Chaque boîte est recouverte d’une étiquette qui doit porter le numéro de l’émulsion afin que dans les opérations on soit certain des résultats comme temps de pose et comme intensité de cliché pour toute la série.
Cette précaution est d’autant plus utile que toutes les plaques n’ont pas la même sensibilité ni les mêmes qualités, mais comme toutes celles qui sont faites le même jour et avec la même émulsion, doivent se ressembler, on opérera avec certitude après un premier essai, lorsqu’on emploiera le même numéro.
Le temps de pose varie bien entendu selon l’intensité de la lumière et le genre d’objectif employé, l’ouverture du diaphragme etc., etc., et aussi selon la rapidité des plaques qui peut varier sensiblement; mais en règle générale, on peut estimer avec de bonnes plaques, que le temps d’exposition à la chambre noire doit être dix fois moindre que celui qu’on donnerait avec un bon collodion humide.
Après la pose, les plaques peuvent être développées de suite ou plus tard, mais dans tous les cas on doit les préserver de la lumière et de l’humidité.