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DÉVELOPPEMENT

Il existe une grande quantité de formules pour le développement des plaques au gélatino-bromure; la plus grande partie des praticiens, ceux surtout qui font le portrait, préfèrent celui à Toxalate ferreux; qui donne après fixage des clichés ayant à peu près l’aspect de ceux faits au collodion humide ; beaucoup d’amateurs emploient Tacide pyrogallique qui produit des clichés plus fouillés et plus doux, mais

dont la couleur jaunâtre est quelquefois une cause d’erreur d’appréciation comme valeur pour le tirage.

Quel que soit le révélateur adopté, on obtiendra toujours de bons clichés si le temps de pose a été bien calculé selon la rapidité des plaques, et si les plaques sont elles-mêmes de bonne qualité; mais, selon les proportions employées, ces clichés pourront varier d’intensité et être plus ou moins harmonieux ou incomplets.

Avec le révélateur à l’oxalate ferreux par exemple, le cliché prendra d’autant plus de densité que la proportion de sulfate de fer ajoutée à l’oxalate de potasse sera plus grande, cette proportion qui est généralement de 1/4 au maximum, peut être abaissée jusqu’à celle de 1/10, dans ce dernier cas, la réduction s’opère beaucoup plus lentement et le cliché est plus faible que quand on ajoute à l’oxalate de potasse une plus grande quantité de fer ; on ne doit jamais cependant dépasser le maximum indiqué, car il se produirait sur la plaque un précipité jaune qui pourrait tacher le cliché.

La solution d’oxalate de potasse doit être très légèrement acide, et ne contenir aucun chlorure ; l’oxalate du commerce présente presque toujours une réaction alcaline que l’on constate en trempant dans la dissolution une bande de papier rouge de tournesol, lorsqu’il en est ainsi, il faut ajouter une petite quantité d’acide citrique ; un gramme par litre de solution suffit le plus souvent pour rougir légèrement le papier bleu de tournesol.

La préparation du révélateur à l’oxalate ferreux est très simple.

Solution A.

Dans une capsule en porcelaine, on fait chauffer : eau distillée 1 litre dans lequel on fait dissoudre : oxalate neutre de potasse, 300 grammes ; on ajoute, s’il y a lieu, comme il est dit plus haut, une petite quantité d’acide citrique jusqu’à réaction légèrement acide, on laisse refroidir, puis le liquide est filtré ; cette solution se conserve très longtemps en bon état dans un flacon bouché.

Solution B.

D’autre part, on fait fondre également à chaud, dans un litre d’eau distillée, contenant 1 gramme acide tartrique :

Sulfate de fer pur (non oxydé)

300 gr.

après refroidissement on filtre sur papier; comme cette solution s’oxyde promptement, elle doit être renouvelée tous les huit jours.

Lorsqu’on veut développer une plaque 18 X 24, on mesure dans un verre gradué d’abord 80 c.c. d’oxalate de potasse (soutien A) et on ajoute 20 cc. de sulfate de fer (solution B), en ayant soin, lors du mélange, de verser le fer dans Voxalate^ et non Voxalate dans le fe?% et on verse le tout dans une cuvette plate de dimension convenable; le laboratoire étant éclairé par le côté de la lanterne à verre rouge seul, on plonge la glace dans le liquide qui doit recouvrir toute la surface d’un seul coup, et on agite constamment pour éviter les taches et les inégalités dans le développement, l’image apparaît promptement et se renforce graduellement, il faut alors observer avec soin les progrès du développement, en regardant fréquemment le cliché par transparence, mais comme il serait difficile de juger de la valeur exacte de l’intensité avec le verre rouge de la lanterne, on peut, aussitôt que tous les détails apparaissent, démasquer le côté ayant un verre jaune dépoli, ce qui donne une lumière beaucoup plus brillante, et dès lors inoffensive, qui permet d’arrêter le développement au moment précis où le cliché est en bonne valeur, ce que l’expérience aura vite démontré.

C’est un tort de croire, comme l’indiquent certains auteurs, qu’on peut juger exactement de la valeur d’un cliché au gélatino-bromure par le plus ou moins de pénétration des grands noirs de l’image vus par derrière ; cela est certainement un indice qui peut servir de guide approximatif dans certains cas, mais comme toutes les couches de gélatine ne sont pas égales, il arrive fréquemment que l’image apparaît très vigoureusement par derrière, alors que le cliché est encore trop faible, de même que, quand la couche de gélatine est très épaisse ou le bromure d’argent très riche, le cliché a atteint une intensité suffisante et même exagérée lorsque les grands noirs sont à peine marqués au dos de la glace ; le meilleur, guide est donc l’examen suivi de l’image vue par transparence, en employant une lumière artificielle toujours égale comme nous l’avons dit plus haut.

L’image prend d’autant plus d’intensité qu’elle reste plus longtemps dans le bain révélateur, on aura donc à l’observer avec soin, afin d’arrêter l’action du développement aussitôt qu’on juge le cliché à sa valeur, mais on devra tenir compte de la réduction d’intensité qui se produit dans le bain de fixage, ce que l’habitude aura bientôt enseigné.

Lorsque le temps de pose a été bien calculé, l’image doit commencer à apparaître sous l’action du révélateur après 15 ou 20 secondes d’immersion, elle se renforce graduellement, et le développement est complet au bout de 3 ou 4 minutes; si l’exposition a été trop longue, l’image apparaît brusquement et le cliché se renforce difficilement, il reste toujours uniforme et gris, bien qu’il soit très dur au tirage; quand au contraire, la pose a été trop courte, le développement se fait lentement, et le cliché manque de détails dans les ombres, il est en un mot, dur, heurté et très faible; dans tous les cas, il est toujours préférable d outre-passer très légèrement le temps de pose, afin d’avoir des images douces et bien modelées, mais on ne doit jamais arrêter le développement trop tôt, parce qu’alors le cliché manquerait d’intensité générale et donnerait au tirage des épreuves ternes et sans vigueur.

Une ou deux gouttes d’une solution neuve d’byposulfite de soude à 1 0/0 ajoutées avec précaution au révélateur à Voxalate ferreux augmente les détails dans les ombres du cliché dont la pose est trop courte, mais il faut que la quantité soit très faible, car le moindre excès ferait voiler l’image.

Quand, au contraire, la pose a été dépassée, ou que les plaques ont une tendance à donner des clichés gris, faibles ou voilés, on ajoute au révélateur à l’oxalate ferreux de 5 à 10 gouttes par 100 c.c. de liquide d’une solution composée de :

Iode pur en paillettes 1 gr.

Alcool à 36o 200 c.c.

Eau distillée.. 200 c.c.

Dans ce cas, l’iode agit comme retardateur du développement, sans donner au cliché la dureté que produit le bromure employé dans le même but ; les clichés traités ainsi ont, après fixage beaucoup d’analogie avec ceux faits au collodion humide.

La proportion indiquée de quatre parties d’oxalate de potasse pour une partie de sulfate de fer, qui est le plus généralement employée peut être modifiée en plus ou en moins, ainsi que nous l’avons déjà dit, selon le genre de clichés que l’on veut produire, mais la proportion du fer par rapport à l’oxalate ne devra jamais dépasser 20 ou 30 0/0 afin d’éviter qu’il se produise un précipité sur la plaque ; quand le fer

est en très petite quantité, le développement se fait lentement, et les clichés sont transparents et fail3les.

Bien qu’on puisse développer successivement plusieurs plaques dans le révélateur à l’oxalate ferreux, il est préférable dans la pratique, pour les portraits surtout, de renouveler le mélange pour chaque cliché, parce que le développement se fait d’une façon plus régulière et plus rapide avec une solution fraiche, cependant il est bon de conserver une certaine quantité de vieux révélateur qu’on aura toujours sous la main pour ralentir l’action trop rapide ou trop énergique d’une solution neuve lorsqu’un cliché a été sur-exposé ; dans ce cas, si l’image apparaît brusquement, on retire la plaque du révélateur neuf pour la plonger dans une cuvette contenant la solution ayant déjà servi et dont l’action est plus lente, le cliché continuera à se développer et à se renforcer graduellement, il gagnera alors en vigueur et en transparence.

Les amateurs qui visent surtout à l’économie pourront cependant utiliser les vieux bains d’oxalate ferreux d’une façon presque indéfinie en les exposant à la lumière du jour, ou s’il est possible en plein soleil dans un flacon bouché, après avoir ajouté environ 25 c.c. par litre de liquide d’une dissolution à 1 0/0 d’acide tartrique dans l’eau distillée; sous l’action de la lumière , l’oxalate ferreux se revivifie et s’éclaircit et le révélateur peut encore servir utilement, mais il agit toujours plus lentement et donne des clichés plus durs qu’une solution neuve.

Développement à Vacide pyrogallique.

(solution a.)

Acide pyrogallique 30 gr.

Alcool à 36® 160 c.c.

Sucre blanc 30 gr.

Eau distillée 40 c.c.

On fait dissoudre séparément l’acide pyrogallique dans l’alcool, et le sucre blanc dans l’eau distillée, puis on réunit les deux solutions dans un même flacon.

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