OPK R ATION S GÉ N K RALES
Le vieux collodion passé sur la glace avec un Lampon de papier de soie donne aussi d’excellents résultats, surtout lorsque les glaces ont déjà servi; mais il est bon de précipiter le pyroxyle en ajoutant une petite quantité d’eau et en filtrant le liquide.
Les glaces doivent être cliautTées en hiver pour les débarrasser de l’humidité qui rend le nettoyage difficile, et gêne presque toujours pour l’étendage du collodion.
Par une température très-élevée, au contraire, on devra les plonger dans l’eau fraîche avant d’opérer le nettoyage ; on évite ainsi la trop grande dessiccation du collodion.
Nous nous servons, pour verser l’alcool facilement sur la glace, d’un flacon au bouchon duquel nous faisons une petite entaille sur le coté, afin de laisser passer le liquide goutte à goutte.
Fio. 38. — Presse à nettoyer les glaces, grand modèle, système américain.
La terre pourrie calcinée doit être contenue dans un flacon à large ouverture fermé avec un papier criblé de trous d’épingle.
Lorsque les glaces ont déjà servi plusieurs fois, on devra les laisser séjourner vingt-quatre heures environ dans une solution de 300 c. c. d’acide azotique étendue de : eau ordinaire, 1 litre, et additionnée de : mercure, 30 grammes. On les débarrasse ainsi des dépôts d’argent qui se forment à la surface lorsqu’elles sont dans le bain sensibilisateur; dépôts parfois très-tenaces et qui amènent des réductions métalliques sur le verre si on ne prend la précaution de les faire dissoudre par l’acide nitrique et le nitrate de mercure.
18U LA PHOTOGRAPHIE EN AMÉRlgUE
Nous ferons remarquer cependant qu’il peut arriver que, malgré la propreté irréprochable de la glace, les épreuves semblent crasseuses, et que le verre paraît recouvert par places de larges plaques d’argent métallisé. Ce phénomène est dù souvent à une trop grande quantité d’acide contenu dans le bain d’argent, surtout si on a employé l’acide azotique ; aussi, dans ce cas, quels que soient les soins qu’on apporte au polissage des glaces, on ne peut remédier à cet inconvénient qu’en neutralisant l’acide des bains. (Voir page 149.)
Nous insistons sur ces détails parce que nous connaissons l’importance de la netteté parfaite des glaces, qu’on ne saurait trop recommander aux personnes qui font de la photographie, et qui, malheureusement, négligent trop souvent cette opération indispensable à une bonne réussite.
Lorsque la glace a été convenablement nettoyée de chaque côté, on la retire de la presse et on a soin d’essuyer les bords pour enlever la terre pourrie, le tripoli ou la poudre Fournier qui s’y trouvent. Sans cette précaution, la limpidité du bain sera troublée et laissera un pointillé déplorable sur la couche d’iodure d’argent qui doit recevoir l’image. Puis, avec -un blaireau bien propre et bien sec, réservé spécialement à cet usage, on enlève les grains de poussière et les poils de molleton qui peuvent rester adhérents au verre.
Les glaces nettoyées ainsi seront conservées dans des boîtes à rainures bien propres que l’on placera sur une étagère du laboratoire; il suffira, lorsqu’on voudra s’en servir, de projeter l’haleine à la surface pour s’assurer par l’uniformité de la couche de buée que cette glace est irréprochable; on la frottera alors une dernière fois fortement avec un tampon de papier de soie bien sec, ou, mieux encore, avec une peau de chamois très-propre, on attendra quelques minutes; car, ayant été électrisée par le frottement, la glace retient les poussières que le blaireau serait impuissant à enlever, puis on procédera au collodionnage.
Ëtendage du collodion. — Prenez cette glace ainsi nettoyée entré le pouce et l’index de la main gauche, par un
OPÉRATIONS GÉNÉRALES
ang;le, et maintenez -la bien horizontalement, saisissez le flacon de collodion de l’autre main, débouchez-le à l’aide du petit doigt de la main qui lient la glace, versez le liquide presque au milieu de la glace en quantité suffisante pour couvrir toute la surface, inclinez légèrement et, par un mouvement de main circulaire et lent, faites bien répandre votre collodion sur fous les points, en évitant avec soin de le faire revenir sur lui-même, ce qui produirait des moutonnements; relevez alors la glace en déversant doucement l’excédant dans un second flacon par l’angle opposé à celui que vous tenez, et imprimez un mouvement de balancement de gauche à droite pour répartir la liqueur partout également, et donner à la couche une uniformité parfaite en faisant disparaître les stries.
Il faut opérer lentement et sans mouvements saccadés qui auraient pour efTet de produire des retours de collodion, soit en haut, soit sur les côtés de la plaque; on doit aussi relever la glace lentement, afin de donner au collodion le temps de produire une couche épaisse et unie, car si la couche était trop mince, le cliché serait maigre et creux.
Si on avait à collodionner une glace de très-grande dimension, ce qui est le cas le moins fréquent d’après les procédés que nous indiquerons dans le cours de cet ouvrage, on pourrait l’appuyer par le milieu sur une sorte de pivot en bois ou sur un entonnoir renversé disposé à cet efTet sur l’établi du laboratoire, ce qui permettrait de lui imprimer tous les mouvements d’oscillation voulus; le flacon dans lequel on déverse l’excédant du collodion devra être surmonté d’un petit entonnoir en verre garni d’un filtre en coton de verre.
Afin d’éviter que la chaleur des doigts qui soutiennent la glace fasse sécher la couche de collodion d’une façon irrégulière, on interpose au-dessous une feuille de buvard pliée en quatre, dont l’im des coins est relevé, pour que le collodion ne puisse pas toucher le pouce qui supporte la glace.
Cette opération, qui paraît facile à première vue, demande de l’habitude et de l’attention; aussi un commençant doit-il s’exercer le plus possible et ne pas hésiter à rejeter une plaque dont la couche ne serait pas parfaitement étendue,
sans quoi il serait impossible d’obtenir une bonne épreuve.
Ce n’est qu’avec une pratique constante qu’on peut arriver à la sûreté de manipulation, tant pour l’étendage du collodion que pour le temps exact -qu’il faut laisser écouler avant de mettre la plaque au bain et l’en retirer, pour arriver aux meilleurs résultats comme sensibilité et comme harmonie entre les blancs et les noirs.
Il est très-important de ne plonger la glace dans le bain d’argent que lorsque la couche de collodion a lait prise, sans quoi il se produira des déchirures, ou tout au moins des dessins moirés du côté de l’écoulement; l’image sera, en outre, dure et heurtée. Si, au contraire, le collodion est trop sec, la sensibilité sera amoindrie et la couche d’iodure mince et transparente donnera un cliché gris et plat. Il faut donc saisir le moment où, examinant la glace collodionnée par transparence, la moiteur qui commence à se produire sur les bords supérieurs, s’étendant progressivement, arrive vers le point d’écoulement, ce qui a lieu généralement en 60 ou 80 secondes, suivant la température et la nature du collodion.
Si, après quelques minutes d’immersion dans le bain, la couche d’iodure qui se forme -restait plus transparente sur les bords, et principalement au coin par lequel on a commencé à verser le collodion, que vers le milieu, ce serait un signe certain qu’on l’a laissé sécher trop longtemps avant de l’immerger. Dans le cas contraire, le collodion semble repousser le liquide argentifère et ne pas vouloir se combiner avec lui.
Lorsque la température est très-basse, que le bain d’argent est trop faible, ou que le collodion ayant peu de corps, on craint que la couche d’iodurc d’argent ne soit pas assez intense pour donner un cliché vigoureux, on doit verser une seconde couche de collodion sur la première, en ayant soin, comme pour la précédente, de l’étendre convenablement. Cette seconde couche doit être appliquée aussitôt que la première a fait prise, mais avant qu’elle soit entièrement sèche. L’excédant du collodion sera reversé dans le flacon, qu’on rebouchera de suite, afin d'empêcher l’évaporation de l’éther.
OPÉRATIONS GÉNÉRALES
L’étendage terminé, il faut examiner par transparence si la couche est mince, uniforme, exempte de stries et de points qui rendraient l’épreuve défectueuse; si on en remarque, il est préférable de recommencer l’opération. Mais si, au contraire, la glace paraît claire et transparente sur tous les points, 011 la laisse sécher un instant, en la tenant verticalement par un coin pour que l’excès d’éther puisse s’évaporer.
Cela fait, on procède à la mise au bain d’argent.
Mise au bain sensibilisateur. — Lorsqu’on juge que la couche est suffisamment prise, on plonge la glace dans le bain d’argent. Celte opération doit avoir lieu sans précipitation comme sans temps d’arrêt, sans quoi la couche serait marquée de lignes ineffaçables. Aussitôt la glace introduite dans le bain, il est bon de recouvrir la cuvette de manière à éviter les poussières qui pourraient venir altérer la solution argentifère ou s’attacher au collodion et y former des taches.
La mise au bain sensibilisateur doit avoir lieu dans le cabinet noir complètement fermé et simplement éclairé, soit par une lumière artificielle, soit par un volet garni de verres jaunes.
La glace doit rester dans le bain quelques minutes, jusqu’à la disparition de toute apparence huileuse. En l’agitant doucement dans le bain on aide à cette disparition. La couche doit blanchir lentement et présenter une surface uniforme, d’un blanc opalin assez transparent; dans ces conditions elle est prête à servir et doit donner une excellente image. Si elle blanchissait trop vite, ce serait un signe certain que le collodion était trop sec lorsqu’on a mis la plaque au bain; elle manquerait alors de sensibilité. Si, au contraire, on la mettait avant que le collodion eût fait prise, la couche d’iodure se diviserait en morceaux, ou serait couverte de marbrures. De même, la couche de collodion mise trop fraîche ou trop sèche dans le bain d’argent donne une image dure ou grise. Si la glace est retirée trop tôt ou trop tard du bain sensibilisateur, le même défaut se produira. On peut, donc modifier la transparence et la vigueur
d’un cliché selon qu’on laisse séjourner la plaque collodionnée plus ou moins longtemps dans le bain d’argent.
La glace, bien préparée, est placée dans le châssis de la chambre noire, après avoir été égouttée quelques instants, et essuyée par derrière avec un tampon de papier de soie ; on aura soin de mettre en haut du châssis la partie inférieure de la glace, afin d’éviter que les marbrures qui s’y forment quelquefois ne se trouvent du côté de la tête du modèle.
En France, les cuvettes horizontales sont employées presque exclusivement pour toutes les dimensions de plaques; en Amérique, au contraire, la cuvette verticale est la seule dont les photographes font usage. A notre avis, la cuvette verticale est préférable pour les glaces de petites dimensions : la cuvette horizontale est, au contraire, plus commode pour les grandes glaces.
Les meilleures cuvettes horizontales sont celles qui se font en bois et verre avec un recouvrement en glace, et avec un fond en verre cannelé, enfermées dans une boîte en bois munie d’un couvercle à charnière ; on se sert d’un crochet en argent ou en corne pour soulever la plaque après son immersion dans le bain d’argent.
Il suffit que le fond de la cuvette soit recouvert d’une nappe de bain d’environ un centimètre. Lorsqu’on veut sensibiliser une plaque collodionnée, on relève de la main gauche l'extrémité AB de la cuvette préalablement découverte, de façon à ramener tout le liquide à l’autre extrémité CD ; on place avec la main droite le bas de la glace, le collodion en dessus, contre la partie relevée de la cuvette que n’atteint pas le liquide, en maintenant le haut à un angle de 45® environ; on laisse aller doucement la glace sur le fond de la cuvette qui, en même temps, doit reprendre la position horizontale pour couvrir la plaque d’un seul coup, et on baisse le couvercle EF ; pendant tout le temps de la sensibilisation, on imprime un léger mouvement à la cuvette pour aider au dégraissage de la plaque et aussi pour empêcher les impuretés, telles que pellicules ou poussières, de s’attacher à la couche sensible; après quelques minutes
OPÉRATIONS GÉNÉRALES
d’immersion le couvercle est relevé, et on soulève légèrement la glaee avec le crochet pour s’assurer que la couche Représente plus un aspect huileux; aussitôt qu’on la voit bien unie, la plaque est retournée face en dessous, elle est maintenue à une des extrémités contre le bord de la cuvette et à l’autre par le crochet; on l'abaisse doucement en la maintenant toujours pour qu’elle ne puisse toucher le fond de la cuvette ; cette dernière opération a pour but de laver la surface pour lui faire abandonner toutes les impuretés qui auraient pu s’y attacher; la plaque est alors retirée du bain, égouttée sur un papier buvard, essuyée par derrière avec du papier de soie, et enfin placée dans le châssis pour recevoir l’impression.
Fig. 39. — Cuvette Iiurizoïitale en Lois et verre à fond cannelé.
La figure 39 fera comprendre facilement l’opération lorsqu’on se sert de cuvettes horizontales, que nous recommandons de tenir enfermées dans la double boîte destinée à préserver le bain des poussières du laboratoire, et à le maintenir dans une obscurité complète pendant la sensibilisation de la plaque.
Avec la cuvette verticale, l’opération est plus simple, elle
LA PHOTOGRAPHIE EN Aî^I ÉPIQUE
consiste à saisir la plaque collodioniiée par les bords supérieurs, entre le pouce et le médium de la main gauche, à la placer bien à plat sur le crochet dont la main droite tient rextrémité supérieure, et à la plonger dans le bain sans temps d’arrêt; comme la cuvette occupe une position presque verticale, l’opération est des ^dIus faciles. Après quelques minutes d’immersion, on relève et on abaisse plusieurs fois la glace dans le liquide pour lui faire perdre tout aspect huileux ; enfin, quand le liquide coule uniformément, on la prend par un coin pour la faire égoutter sur un papier buvard comme il a été dit précédemment, et on l’essuie avec soin par derrière pour éviter les coulures du bain d’azote d’argent qui tacheraient le plancher; la plaque, ainsi sensibilisé, est placée dans le châssis, et elle est prête à recevoir l'image.
Nous représentons, fig. 40, la cuvette verticale au moment où la glace est plongée dans le bain.
Double immersion dans le bain d’argent avant et après l’insolation pour augmenter la sensibilité.- — On peut facilement augmenter la sensibilité des glaces préparées comme il vient d’être indiqué ; il suffît pour cela de laver la glace sensibilisée dans l’eau distillée lorsqu’elle sort du bain d’azote d’argent, et de la remettre une seconde fois en contact avec le bain. Cette méthode, outre une plus grande sensibilité , donne des clichés plus harmonieux et plus doux que la méthode ordinaire; ces clichés sont également moins susceptibles de se tacher lors du développement, et les glaces se conservent plus longtemps sans sécher.
La sensibilité peut être augmentée encore dans une notable proportion, et la pose réduite par conséquent, en plongeant
ITg. 10. — Cuvette vtrtieaie en porcelaine on en verre fondu.
OPÉRATIONS GÉNÉRALES
la plaque pendant 20 à 30 secondes dans un bain d’argent iieul’ à 10 ou 12 p. 100 après riiisolalioii et avant le développement.
Une glace sensibilisée ne peut se conserver en bon état plus de cinq à quinze minutes, surtout lorsque la température est élevée ; il faut donc la laisser dans le bain jusqu’à ce qu’on soit prêt à l’employer afin de pouvoir la développer promptement, sans quoi il se produirait des réductions d’argent à la surface, et les clichés seraient en outre voilés et gris.
Pour certaines reproductions qui nécessitent une pose très-prolongée, on aura la précaution de mettre dans le châssis, derrière la glace sensibilisée, deux ou trois feuilles de papier buvard pliés en double et humectées à l’eau fraîche ; on aura soin également de mouiller l’intérieur de la chambre avec une éponge trempée dans l’éther. Enfin, en ajoutant au bain d’argent quinze à vingt grammes de sucre candi par litre de liquide, la couche sensible pourra se conserver beaucoup plus longtemps en bon état avant le développement.
Un autre moyen excellent de conserver des plaques humides pendant plusieurs heures, sans crainte de réduction et sans augmentation du temps de pose, est de faire un bain d’argent contenant de la gélatine; pour cela on fait gonfler environ 30 grammes de belle gélatine blanche dans un litre d’eau distillée, puis on élève la température de l’eau pour faire fondre la gélatine; après refroidissement, on ajoute 80 grammes de nitrate d’argent et quelques gouttes d’acide acétique cristallisable, puis on filtre; ce bain acquiert en peu de temps une odeur fétide par la décomposition de la gélatine que l’on ne peut pas éviter par l’addition d’acide phénique, comme cela se pratique pour d’autres préparations analogues; mais les qualités du bain d’argent n’en sont pas altérées.
Les couches d’iodure d’argent qui sont très -minces, transparentes et bleuâtres au sortir du bain sensibilisateur, sont généralement plus adhérentes à la glace que celles qui sont plus opaques et plus blanches; mais elles sont aussi moins sensibles, et donnent des images moins douces et
moins harmonieuses. Celte différence d’aspect lient le plus souvent à la qualité du coton-poudre employé dans le collodion, à la proportion d’iodure, à celle de nitrate d’argent dans le bain négatif, et enfin à la température.
Exposition à la chambre noire. — Il est impossible de déterminer exactement le temps de pose, car il varie selon la longueur du foyer de l’objectif, la quantité, la qualité et la nature de la lumière, le plus ou moins de sensibilité de collodion, la quantité d’acide contenue dans le bain sensibilisateur, les couleurs à reproduire, etc., etc.
C’est donc par expérience et en faisant quelques essais préalables, que chaque opérateur pourra arriver à se fixer à ce sujet; avec un peu d'habitude, il est aisé, en voyant sur la glace dépolie la façon dont le modèle est éclairé, et connaissant la sensibilité des produits chimiques que l’on emploie, de se fixer sur le temps d’exposition.
Néanmoins nous allons donner quelques indications pour servir de guide aux personnes qui n’ont pas encore acquis une grande expérience.
Dans un atelier de pose comme celui dont nous avons donné la description précédemment, bien éclairé par la lumière diffuse, avec un objectif T. Ross de 3 pouces de diamètre et à moyen foyer, avec un bon collodion et un bain sensibilisateur presque neutre, on pourra obtenir en 3 à 5 secondes des positifs directs sur verre, et en 10 à 15 secondes des négatifs pouvant servir à reproduire des positifs par contact. Pour les paysages pris en plein soleil sur collodion humide, on peut obtenir des clichés instantanés avec un assez petit diaphragme, surtout en employant le bain d’argent à l’acétate de plomb indiqué page 141, un collodion au cadmium additionné de quelques gouttes de teinture d’iode, et comme révélateur celui dans lequel il entre de l’acide formique.
Nous mentionnerons le temps nécessaire pour opérer sur collodion sec lorsque nous traiterons celte matière.
Il est bon de s’habituer à compter les secondes mentalement pour éviter de se servir d’un compteur ou d’une montre.
OPÉRATIONS GÉNÉRALES
qui sont toujours très-incommodes ; du reste, pour les iiëgatils, le temps de pose n est pas d’une rigueur absolue à une seconde près, car on peut, en développant et en renforçant l’épreuve, obvier au besoin aux inconvénients qui pourraient résulter de cette différence dans le temps d’exposition, lorsqu’il ne dépasse pas une certaine limite.
La glace sensibilisée ayant été placée dans son châssis bien fermé, et le modèle parfaitement au foyer dans une position naturelle et aisée, s’il s’agit d’un portrait, on retire de la chambre noire la glace dépolie qui a servi à mettre au point, et on la remplace par le châssis contenant la glace sensible, qu’on a eu soin de maintenir dans une position presque horizontale, la couche en dessouis, afin de conserver une humidité uniforme sur toute la surface. L’objectif étant couvert de son obturateur qui ne permet pas aux rayons de la lumière de pénétrer, la planchette du châssis est levée jusqu’en haut ou le rideau tiré ; on attend quelques secondes pour que l’appareil ait acquis une immobilité complète, en ayant soin que le modèle conserve sa position, puis on démasque lestement l’objectif en relevant le voile noir ou le bouchon; aussitôt que l’on juge le temps de pose suffisant, on rabaisse le voile, on ferme la planchette du châssis, que l’on emporte dans le cabinet noir fermé avec soin, et là on fait subir à la couche de collodion sensibilisée et impressionnée les transformations qui doivent faire paraître l’image qui n’existe encore qu’à l’état latent, et on la fixe ensuite sur la glace d’une manière définitive.
Réduction du temps de pose pour les portraits.
— M. Melchion a publié un procédé très-simple pour diminuer le temps de pose d’une manière importante, lorsqu’on fait des portraits dans un atelier vitré.
Ce procédé, basé sur une exposition préalable de la couche sensible à travers une glace dépolie, qui a pour effet d’ébranler les molécules argentiques sensibles à la lumière, et de les préparer par une influence mystérieuse et sans doute magnétique à l’action réductrice qui doit former l’image, avait été décrit, il y quelques années, par un journal
lUÜ LA rilUTÜGHAPllIE EN xVMÉRKjUE
anglais; néanmoins, comme jusqu’alors ces observations étaient restées à l’état de théorie, c’est à M. Melchion que revient l’honneur d’avoir appliqué cette méthode et de l’avoii\ introduite dans la pratique, où elle est appelée à rendre les plus grands services aux photographes des pays peu Favorisés par le soleih
Après plusieurs essais qui ont été couronnés d’un plein succès, nous avons cru devoir substituer le verre opale au verre dépoli.
Chacun des objectifs employés dans l’atelier doit donc être garni d’un obturateur dont le pourtour en cuivre sera doublé de drap dans l’intérieur, afin qu’il s’ajuste parfaitement à l’objectif et puisse s’enlever sans effort; on percera au centre de cet obturateur une ouverture égale à la moitié environ du diamètre de la lentille du devant, cette ouverture sera fermée par un verre opale dont le côté dépoli devra regarder la lentille, et on fera ajuster sur le devant de cet obturateur un abat-jour en tôle noircie semblable à ceilui adapté sur tous les objectifs doublets de la maison T. Ross, dont nous avons donné la description à la figure ti, page 21 . Cet abat-jour, mû avec une charnière à ressort fixée à la partie supérieure, permet de couvrir et de découvrir la lentille à volonté, sans déranger l’obturateur.
Cette disposition permet d’employer avec le même avantage les châssis à volets et ceux à rideaux.
Pour opérer avec cet instrument, voici comment on procède :
Lorsque le modèle est convenablement posé et soutenu par l’appui-tête, on met au point sur la glace dépolie comme d’habitude, l’objectif est alors couvert de l’obturateur garni de verre opaque et recouvert de l’abat-jour; la glace dépolie est remplacée par le châssis contenant la glace sensible dont on abaisse le rideau ou la planchette, selon qu’on emploie un châssis à rideau ou à volet; l’abat-jour est alors relevé pendant un espace de temps qui peut varier de 1 à 5 secondes, selon l’intensité de la lumière, et surtout selon la longueur du foyer de l’objectif, puis on démasque les lentilles en enlevant lestement l’obturateur qu’on replace aussitôt