‹ La photographie en AmériqueChapitre 20 sur 151 · O PÊ K ATI ON S G K N É HA L K S · texte numérisé non relu

O PÊ K ATI ON S G K N É HA L K S

que la pose est terminée. On voit que par ce moyen rien ifcsl changé aux opérations ordinaires, qui peuvent se faire assez rapidement pour que le modèle ne puisse ni se fatiguer, ni meme s’apercevoir de sa mise en œuvre. On augmente seulement les chances de réussite, puisque nous avons constaté une réduction sur le temps de pose d’au moins un quart, et une plus grande douceur dans l’ensemble du cliché.

Comme nous l’avons dit précédemment, l’exposition préalable de la couche sensible peut varier en raison de l’intensité plus ou moins grande de la lumière au moment de l’opération, et surtout en raison de la longueur focale de l’objectif employé; car on comprendra que la lumière diffuse, pénétrant dans Tobjectif à travers un verre opale, aura une action d’autant plus énergique et rapide sur la couche sensible que l’espace à traverser sera moindre.

La sensibilité sera d’autant plus grande que la lumière aura agi plus longtemps, mais sans excès cependant, car, dans ce cas, le cliché serait complètement voilé. Quelques essais suffiront pour se familiariser avec ce mode d’opération et se rendre compte du temps exact à donner à l’exposition préalable, que nous conseillons dans toutes les circonstances où la rapidité est nécessaire pour assurer la réussite.

Il est très-important que l’exposition du modèle suive iiiiniédiafeineiit l’exposition préalable; sans quoi, la rapidité serait amoindrie et le cliché voilé.

En raison de ce qui vient d’être expliqué, nous engageons les opticiens à adopter ce nouveau genre d’obturateur pour tous les objectifs à portraits qu’ils auront à livrer aux photographes, bien convaincu que ce mode d’opérer sera bientôt universellement employé.

Développement de l’image. — On retire la plaque du châssis en la renversant à plat sur les doigts de la main gauche, la couche en dessus; si la dimension n’est pas trop grande, on la saisit, entre le pouce et l’index, par le coin qui a servi à la tenir lorsqu’on l’a collodionnée.

Si les dimensions de la glace sont trop grandes, il est préférable et plus commode de la poser sur une sorte de pivot

disposé dans la cuvette qui reçoit les eaux du lavage, absolument comme il a été dit pour l’étendage du collodion.

La glace étant ainsi, d’une façon ou de l’autre, maintenue dans une position a peu près horizontale, on prend de la main droite un verre à expériences, dans lequel on a mis une certaine quantité d’une des solutions révélatrices préparées selon la formule indiquée pages 156 et suivantes. On en verse sans hésitation, et d*un seul coup, sur la couche impressionnée, une quantité suffisante pour former une nappe qui recouvre la glace complètement, tout en maintenant sur la couche iodurée le nitrate d’argent libre qui y adhère et qui sert à donner de la vigueur au cliché.

Cette opération doit se faire au-dessus d’un bassin muni d'un conduit de décharge et placé à poidée du robinet pour pouvoir arrêter, par un lavage, l’effet du réactif quand on le juge convenable.

Dès que cette solution révélatrice est versée, l’image négative commence à apparaître lentement; il faut alors, par un tour de main circulaire, répartir le liquide également sur toute la surface, afin d’éviter les marbrures, les inégalités et les taches, et l’y maintenir jusqu’à ce que tous les détails soient bien venus, puis le reverser dans le verre qui le contenait et l’appliquer une seconde fois, en répétant successivement et rapidement cette opération trois ou quatre fois, afin que tout l’argent libre puisse se déposer sur les parties impressionnées, et donner toute l’intensité possible. Lorsque l’effet est produit, on rejette ce liquide et, s’il y a lieu, on recouvre l’image de nouveau du révélateur concentré à 20 p. 100, puis on lave convenablement en laissant tomber sur la plaque une gerbe d’eau continue. Aussitôt que la couche sensible a subi cette première opération, il est aisé de juger si le temps de pose a été bien calculé. En effet, si l’exposition n’a pas élé suffisante, les blancs du modèle prennent seuls sur la couche une teinte foncée au contact du réactif; dans les ombres et les noirs, la couche reste opaline et ne subit presque aucune transformation; elle est à peu près dans les conditions voulues pour former un positif direct sur verre ; mais, comme elle ne présente dans cet état

OPÉRATIONS GÉNÉRALES U)3

presque aucun détail dans les ombres, il serait à peu près impossibe de l’amener à fournir un négatif passable.

Si, au contraire, la pose a été trop longue, toute la surface devient grise, uniforme et comme voilée et empâtée, l’image semble disparaître et se fondre sous l’action prolongée du révélateur. Dans ce second cas, comme dans le premier, il est préférable de recommencer l’opération, car, si le premier cliché ne donne aucun détail dans les ombres et forme une sorte de pâté d’encre, le second, au contraire, donnerait un positif plat, gris, uniforme, aussi bien dans les ombres que dans les clairs.

Lorsque le temps de pose a été convenablement calculé, l’image se développe successivement, les grandes lumières d’abord, puis les demi-teintes et tous les détails de l’image apparaissent peu à peu; enfin, lorsque l’effet du réactif est suffisant, l’image, vue par transparence, doit paraître claire, pure et bien détaillée. Regardée ainsi, elle sera négative, c’est-à-dire que les blancs du modèle ressortent en noir sur le verre, tandis que les noirs sont représentés, au contraire, par une transparence graduée selon l’intensité des ombres.

Quelques opérateurs font servir indéfiniment la solution révélatrice; pour cela, on recueille le liquide dans une cuvette munie d’un filtre en feutre, au-dessous de laquelle on a placé un flacon à robinet ; lorsque l’image est développée, on procède au renforçage au-dessus d’une autre cuvette, afin de ne pas mélanger la solution argentifère ou l’acide pyrogallique avec le sulfate de fer que l’on veut employer de nouveau.

Une épreuve négative, après avoir été développée, comme nous venons de l’indiquer plus haut, par une première application de la solution de sulfate de fer, peut être très-belle dans tout son ensemble, mais manquer de l’intensité nécessaire pour produire une image positive vigoureuse et brillante; il faudra alors la renforcer. On y arrive par plusieurs moyens dont nous allons donner la description.

N'’ 1. Tous les détails de l’image étant parfaitement venus sous l’aclion du révélateur, on recouvrira la plaque d’une nappe de la solution argentique à 2 p. 100, additionnée

d’acide et d’alcôol dans une proportion à peu près semblable, puis on redéveloppera de nouveau avec le révélateur au sulfate de fer, on suivra alors le progrès du renforcement en examinant l’image par transparence, et on continuera en alternant ces deux solutions jusqu’à ce que le cliclié soit arrivé au degré d’intensité désiré. Il faut, pendant tout le temps du renforcement, imprimer à la glace un mouvement continuel qui permette à l’argent de se déposer sans former tache; enfin on rejettera le liquide, et la plaque sera lavée convenablement. Le renforcement à l’argent et au sulfate de fer peut se faire indifféremment avant ou après le lavage qui suit le premier développement, et même après fixage, si cela est nécessaire.

Ce mode de renforçage donne des clichés plus doux et plus modelés que celui à l’acide pyrogallique, surtout lorsque le temps de pose a été un peu faible.

Nous préférons verser d’abord la solution argentifère sur le cliché, et le sulfate de fer ensuite, que d’opérer le mélange de ces deux solutions dans le verre à expériences, ainsi que beaucoup de praticiens le font, parce que dans ce dernier cas le précipité blanc de l’argent se produit plus rapidement et laisse sur l’épreuve un grenu qui lui enlève sa pureté.

Ainsi que nous l’avons dit page 167, on activera de beaucoup le développement, surtout en hiver, en élevant la température du révélateur, qui pourra être maintenu tiède dans un bain-marie.

N° 2. Lorsque le temps de pose a été un peu dépassé et que l’image a une tendance à la solarisation, on arrête l’action du sulfate de fer aussitôt que tous les détails de l’image sont venus, et on la renforce de la manière suivante :

jitolution.

Eau distillée i litre.

Acide pyrogallique (1) 6 grammes.

Acide citrique 6 —

(1) La solution d’acide pyrogallique se conserve mieux lorsqu’elle est faite à concentration dans l’alcool absolu, environ 40 grammes d’acide pyrogallique pour 100 centimètres cubes d’alcool ; dans ce cas on verse quelques gouttes de cette solution dans le verre gradué destiné à cet usage, et on étend d’eau jusqu’à la concentration voulue.

OPÉRATIONS GÉNÉRALES

$^oliition*

Eau distillée 1 litre.

Nitrate d’argent 20 grammes.

Acide acétique cristallisable 2d —

Alcool 25 —

On verse dans un verre à expériences une partie de la solution n° 2, on y ajoute environ six parties de la solution n° 1, et on recouvre le cliché préalablement lavé de ce mélange, on l’y maintient quelques instants, puis on reverse le liquide dans le verre en relevant le cliché pour suivre le progrès de l’intensité ; on recouvre de nouveau et autant de lois qu’on le juge nécessaire, jusqu’à ce que l’image ait acquis la valeur nécessaire, puis on rejette définitivement le liquide et on lave avec soin.

Cette même solution pourrait être employée de nouveau après fixage, si on jugeait le cliché trop faible en le regardant par transparence devant le verre dépoli blanc du laboratoire; mais pendant tout le temps des opérations, même lors du renforçage après Gva^c, le laboratoire ne devra recevoir d’autre lumière que celle provenant du volet garni de verres orangés, sans quoi le cliché se métalliserait dans les parties transparentes, qui se transformeraient sous l’action de la lumière blanche en taches jaunes, opaques, antiphotogéniques.

Ce mode de renforçage, lorsque l’image a acquis une vigueur presque suffisante après l’application de la prem^ière solution révélatrice, donne une douceur et un modelé remarquables; mais, quoi qu’on fasse, si tout d’abord l’épreuve est beaucoup trop faible, soit par une pose par trop courte, soit par une trop grande quantité d’acide contenu dans le bain, ou un collodion trop vieux ou trop peu ioduré, il vaudra toujours mieux rejeter ce cliché, qui lé plus souvent se salit et se tache sous l’action de cette multiplicité de réactifs, et donne toujours un résultat final incomplet.

Les négatifs voilés devront être renforcés beaucoup plus que ceux qui, après le premier développement, sont purs et transparents ; tous les détails, dans ce dernier cas, seront plus délicats et plus fins, et les demi-teintes dans les étoffes

blanches ou bleues viendront plus détaillées ; mais, comme on ne peut pas toujours obtenir de pareils clichés, soit à cause de la température, soit surtout par suite de l’impureté des produits, il sera préférable d’avoir un négatif vigoureux, lorsque les tons ne sont pas heurtés, que de le laisser trop transparent ; un cliché vigoureux s’imprime plus lentement, mais donne des positives brillantes et bien accusées, tandis que les épreuves, d’après les clichés trop faibles, sont toujours grises, molles et sans effet, quels que soient les soins qu’on apporte au tirage.

On devra néanmoins arrêter l’action du renforçage un peu avant que le cliché ait atteint le maximum d’intensité qu’il devra avoir définitivement, en tenant compte de celle qu’il acquiert en séchant et que l’expérience aura bientôt fait connaître.

Comme nous l’avons déjà dit, si la pose, pour un négatif, a été trop courte, les grands clairs seuls auront été impressionnés, mais les détails n’auront pas acquis leur valeur dans les ombres ; l’épreuve positive résultant d’un pareil cliché sera heurtée et incomplète. Le renforçage peut modifier un peu ce défaut, mais l’image se voilera indubitablement si on est obligé de répéter trop souvent ou de prolonger trop longtemps l’action des réactifs; tout au moins elle prendra un aspect granuleux et picoté des plus désagréables. Le renforçage ne peut donc être employé avec succès que lorsque tous les détails de l’image sont venus, mais aussi lorsque la couche d’iodure d’argent qui l’a formée était trop faible et manquait d’intensité.

Lorsque l’épreuve aura atteint le degré de vigueur désiré, on rejettera le liquide, puis on lavera à grande eau (en ménageant la chute pour ne pas enlever le collodion), jusqu’à ce que la couche ait perdu toute trace de fer ou d’aulre réactif employé.

Ce lavage doit être fait avec soin pour éviter les accidents qui arrivent généralement lorsqu’on fixe l’image sans l’avoir dégagée entièrement des réactifs.

Si nous nous sommes appesanti d’une façon particulière sur le développement des clichés, c’est que de cette opéra-

OPÉRATIONS GÉNÉRALES

lion dépend surloul la beauté des épreuves positives, et que nous savons par expérience combien il est important d’y apporter tous ses soins ; aussi n’est-ce qu’après une trèslongue pratique qu’on parvient à bien connaître la valeur d’un négatif et à le développer d’une façon parfaite.

Les formules que nous avons données précédemment ne sont pas invariables; ainsi, pendant les grandes chaleurs, comme l’épreuve est sujette à se voiler, on pourra augmenter de moitié la quantité d’acide acétique et diminuer celle de l’alcool qui tend à donner des images grises ; en hiver, au contraire, on diminuera le plus possible la proportion d’acide acétique et on augmentera celle de l’alcool et du sulfate de fer.

Lorsque, par suite d’un petit excès dans le temps de pose, on verra l’image apparaître trop rapidement sous l’action du sulfate de fer, il faudra s’empresser de rejeter le révélateur aussitôt que tous les détails de l’image seront bien distincts, et, après un bon lavage, on renforcera à l’acide pyrogallique et citrique ; le renforcement, dans ce cas, pourra être poussé plus loin que si le cliché était très-léger par suite d’un manque d’exposition.

Fixation de l’épreuve négative. — Fixer une épreuve, c’est enlever l’iodure d’argent non impressionné qu’elle contient et qui noircirait à la lumière.

Les négatifs doivent se fixer de préférence à l’aide d’une solution saturée d’hyposulfîte de soude qui dissout Fiodure d’argent ; le résultat sera un peu plus long à obtenir que si l’on employait le cyanure de potassium, mais l’action étant moins énergique, on arrivera à plus de finesse et de modelé dans les demi-teintes. Pour soumettre le cliché au bain fixateur, on place la plaque, la couche de collodion en dessus, dans une cuvette en porcelaine ou en verre contenant une solution saturée d’hyposulfite de soude, et on l’y maintient ainsi recouverte de liquide jusqu’à ce que la couche jaunâtre d'iodure d’argent ait entièrement disparu.

La plupart des opérateurs, en Amérique, emploient l’hyposulfite de soude combiné au cyanure de potassium comme

agent fixateur, mais la proportion de cyanure est alors trèsfaible, ainsi que nous l’indiquons :

Eau ordinaire 1 litre.

Hyposiilfite de soude 300 grammes.

Cyanure de potassium ,5 —

Pour être certain que l’image est parfaitement débarrassée, on la soulève avec un crochet en baleine et on examine l’en vers ; lorsqu’il n’existe plus de traces jaunâtres, on retire la glace du bain et on la lave avec le plus grand soin pour enlever toute trace d’hyposulfîte, sans quoi l’image finirait par disparaître.

Gomme nous l’avons dit précédemment, on pourra remplacer l’iiyposulfîte de soude par le sulfocyanure d’ammonium ou de potassium.

Une solution faible de cyanure de potassium à 3 p. 100 peut remplacer l’hyposulfîte de soude comme agent fixateur, mais ce liquide, qui agit d’une manière très-rapide, attaque l’argent métallique et peut enlever les demi-teintes si on n’a pas soin de le rejeter et de laver aussitôt que l’iodure d’argent a été enlevé. Nous préférons cependant cet agent fixateur pour les positifs sur verre, parce qu’il dépouille mieux l’image que l’iiyposulfite, donne des noirs plus profonds, des blancs plus purs et plus éclatants.

Si, pour certaines raisons, on voulait faire imprimer un cliché sans le débarrasser de l’iodure d’argent non réduit, il faudrait, pour empêcher la couche de noircir, la recouvrir d’une dissolution de :

Eau 1 litre.

lodure ou bruaiuro de polascium 40 grammes.

Le cyanure de potassium, étant un poison très-violent, doit être employé avec la plus grande circonspection. On doit éviter de respirer les vapeurs cyanhydrique qui se dégagent en abondance de ses solutions et peuvent occasionner des accidents graves pour la santé de l’opérateur ; aussi doit-on tenir les flacons qui le contiennent parfaitement bouchés, et verser à la main sur la glace au-dessus du ba-

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quel de lavage; on ne doit pas se servir de cuvettes plates, comme pour l’hyposulfite de soude.

Il faudra éviter avec le plus grand soin d’employer le cyanure de potassium lorsqu’on aura aux mains la plus petite gerçure, car ce toxique dangereux peut amener la mort trèspromplement par inoculation, ou tout au moins obliger à une amputation pour en arrêter les progrès rapides.

Le cabinet noir ou laboratoire dans lequel on emploie ces produits doit être convenablement aéré.

Bichlorure de mercure. — L’emploi du bichlorure de mercure pour donner de la vigueur aux clichés sans les empâter est très-usité en Amérique; cependant on ne devra employer cet agent que dans les cas où le cliché aurait été solarisé par suite d’une trop longue exposition, carilrendraU durs et heurtés les clichés transparents qui auraient été trop peu exposés.

Lorsque le négatif a été fixé et lavé convenablement (1) on verse rapidement dessus une solution faible de bichlorure de mercure (30 grammes préalablement dissous dans une petite quantité d’acide chlorhydrique pour 1,000 grammes d’eau), qu’on rejette presque aussitôt que la glace en a été recouverte d’une manière uniforme ; on lave ensuite à grande eau et avec beaucoup de soin.

Sous l’influence de cette solution, la couche devient immédiatement noir-bleu et prend plus d’intensité ; si on regarde la glace à l’envers, l’image apparaît avec l’aspect d’un positif.

Un cliché renforcé de cette manière donne des blancs plus éclatants dans les positifs sur papier, et des noirs plus vigoureux et plus profonds.

Il est bon, lorsqu’on veut employer ce procédé, de ne pas pousser trop loin le renforçage de l’image en la développant.

(1) S'il restait quelques traces (TliyposuHite de soude sur l’épreuve, la couche de collodioii s’altérerait sous l’influence du bichlorure de mercure; il se formerait alors un depot de sulfure de mercure d’une couleur jaune foncé qui perdrait l’image; c’est pourquoi on doit laver l’épreuve énergiquement avant de faire l’application de cette solution.

parce qu’alors , devenant trop opaque, non-seulement elle serait trop longue à imprimer, mais encore les demi-teintes ne se produiraient pas et on aurait un positif heurté qui manquerait de douceur.

Lorsque nous employons le bichlorure de mercure, nous renforçons rarement plus d’une fois avec la solution d’argent ou de chlorure d’or acidulés; quelquefois le premier développement suffît.

Comme nous l’avons dit précédemment, lorsqu’on a l’habitude de se servir du bichlorure de mercure, il est plus avantageux d’en faire l’application avant de désioder la plaque ; dans ce cas, c’est la pratique qui démontre le moment où cette solution doit être rejetée pour arrêter son effet sur la couche d’iodure d’argent avant de fixer définitivement l’épreuve à l’hyposulfîte de soude.

Ce mode de renforçage est surtout très-avantageux pour les reproductions de tableaux, de plans, d’autographes, etc., etc.

Négatifs instantanés sur grandes glaces. — La

glace, bien nettoyée, sera recouverte d’une couche de collodion composée de :

Éther à 62 degrés 100 c. c.

Alcool à 40 degrés 200 —

Coton azotique 3 grammes.

lodure de lithium 3 —

Bromure de lithium 1.30 —

Le pyroxyle est d’abord immergé dans l’alcool bromoioduré, puis on ajoute l’éther. Le collodion ainsi préparé est très-fluide et forme une couche fine et unie, même lorsqu’on opère par une température élevée sur des glaces de grandes dimensions.

Le bain d’argent à 8 p. 100 de nitrate fondu deux fois sera préparé à l’acétate de plomb ou saturé d’iodure d’argent, comme il a été indiqué précédemment.

Pour obtenir le maximum de sensibilité, la glace devra rester dans ce bain pendant trois ou quatre minutes au moins, puis lavée à l’eau distillée et sensibilisée une seconde fois dans un bain neuf à 10 p. 100.

OPÉRATIONS GÉNÉRALES

La glace, bien ëg'oultée, est alors placée dans son châssis et exposée pendant une fraction de seconde lorsqu’on opérera en pleine lumière; le révélateur se compose de :

Sulfate de fer 200 grammes.

Eau distillée . 1 litre.

D’autre part, on fait dissoudre :

Acétate de plomb 5 grammes.

Eau distillée bO c. c.

Les deux substances sont mêlées, puis, lorsque le précipité est bien déposé, on ajoute au liquide clair décanté :

Acide formique pur 00 c. c,

Éther acétique 15 —

— nitrique 15 —

Cette solution peut se conserver longtemps; on la filtre lorsqu’on veut l’employer, et on y ajoute alors de l’acide acétique en proportion variable, suivant la température et suivant l’espèce d’épreuve qu’on veut obtenir.

Le révélateur doit couler librement sur la glace, mais l’image ne commencera à apparaître que quelques secondes après son application. L’acide perdant son pouvoir retardateur, le sel de fer agit, et il en résulte une action simultanée sur la glace entière, où l’image se développe partout à la fois. Ce révélateur étant très-puissant, on doit y ajouter une quantité suffisante d’acide acétique pour ralentir faction énergique du sel de fer et de facide formique.

L’épreuve, lavée et fixée avec une solution de cyanure de potassium, peut être renforcée immédiatement ou plus tard, selon la situation où l’on se trouve. Si on ne doit renforcer que lorsque la glace est déjà sèche, avant d’appliquer le liquide, les bords seront vernis, et la couche de collodion mouillée avec de l’eau distillée. On versera alors une solution saturée de bichlorure de mercure, que Ton maintiendra jusqu’à ce que la couche ait pris une coloration convenable ; puis, après un bon lavage, on versera une solution de 1 gramme d’iodure d’ammonium pour 100 centimètres cubes d’eau.

On pourra ensuite donner à l’image toute l’intensité désirée en employant deux solutions composées de la manière suivante :

Eau 100 c. c.

Acide pyrogallique 1.5 grammes.

Eau 100 c. c.

Acide citrique 2.5 grammes.

Azotate d’argent 0.5 —

On verse quelques gouttes de la solution m 2 dans celle n^ 1 , et on couvre la glace avec le mélange, en le maintenant jusqu’à ce que l’épreuve ait atteint le degré d’intensité cherché. [The Photocjraphic Journal.)

Négatifs pour amplification des épreuves par l’appareil solaire américain.

Système A. I^iébert.

Les clichés dont nous nous servons pour la reproduction d’une image amplifiée par l’appareil solaire, sont pris généralement sur des glaces 1/4 ou 1/2 en deux poses, avec un bon objectif-carte n° 3 de T. Ross, ou mieux encore avec le n^^ 3 carie-album convenablement diaphragmé pour obtenir toute la finesse possible.

Le choix et le nettoyage des glaces sont d’une grande importance pour ce procédé; car les bulles, les rayures, ou tous autres accidents dans le négatif, se projetteraient sur l’image positive, agrandie dans la proportion de l’épreuve négative à l’image amplifiée. Il faut également que le collodion dont on se sert soit assez fluide et peu ioduré, pour donner une couche uniforme, mince et transparente, exempte de stries et de rides. Les formules de collodion qui nous ont donné les meilleurs résultat se composent de :

OPÉRATIONS GÉNÉRALES

Formule no t.

Ether sulfurique à 62 degrés uOO c. c.

Alcool rectifié à 40 degrés 500 —

Coton azotique 8 grammes.

lodure d’ammonium 2 —

— de cadmium 4 —

Bromure de cadmium 2 / —

Teinture d’iode 40 gouttes.

Formule 11^ 3.

Éther sulfurique à 62 degrés 650 c. c.

Alcool rectifié à 40 degrés 350 —

Coton azotique 9 grammes.

lodure de cadmium 7 —

Bromure de cadmium 2 —

Iode pur 0.5 —

Ces deux collodions pourront être réunis au moment où on aura à les employer; on augmenterait un peu la proportion d’éther et d’alcool si, en l’étendant sur la glace, il ne formait pas une trame fine et unie.

La sensibilisation de ces collodions pourra être faite au moyen de solutions alcooliques d’iodures et bromures dans la proportion qui a été indiquée, et ajoutées seulement au collodion normal au fur et à mesure des besoins.

Il faudra que le bain d’argent soit moins riche que celui employé généralement pour négatifs ordinaires; 7 pour 100, par exemple, suffiront, et la glace devra être retirée aussitôt qu’elle présentera une couche d’iodure d’argent exempte de traces huileuses, mais opaline et légèrement transparente.

Le temps de pose devra être un peu moindre que pour les négatifs destinés à être imprimés par contact; enfin, on développera au protosulfate de fer additionné d’alcool et d’acide, sans renforçage d’aucune nature; la solution révélatrice sera maintenue jusqu’à ce que tous les détails de l’image soient parfaitement venus, mais en ayant soin de la renouveler plusieurs fois, afin de chasser le nitrate libre qui, s’il était maintenu sur la plaque, augmenterait l’intensité de l’image, ce qu’on doit éviter; on lavera ensuite avec soin, et on fixera au cyanure de potassium très-dilué pour donner au cliché

toute la transparence possible, sans enlever les détails; on lavera de nouveau avec soin à beau ordinaire, puis, en dernier lieu, à l’eau distillée, et on laissera sécher spontanément.

Si, après dessiccation, on jugeait le cliché trop inlense, on vernirait les bords et on réduirait cette intensité, ainsi qu’il est indiqué page 169.

Dans aucun cas, les clichés pour agrandissement ne devront être vernis, mais on pourra, pendant qu’ils sont encore humides, après le dernier lavage, les recouvrir d’une solution de gomme arabique à 10 p. 100, puis, lorsqu’ils sont bien secs, étendre à la surface une couche de collodion normal ordinaire qui préserve l’image des accidents; ce genre de vernis a l’avantage sur les autres de ne pas fondre et couler sous l’action de la chaleur intense produite par la lentille collectrice.

Ces négatifs, comme on peut s’en rendre compte par ce qui vient d’être dit, ne peuvent donner de belles épreuves par transmission de lumière, qu’autant que la couche qui les compose sera uniforme et pure, exempte de pointillés, stries, taches, etc., et que cette couche, d’une intensité modérée, mais cependant bien accentuée, laissera facilement traverser la lumière dans les parties opaques, tout en donnant des détails bien accusés et modelés dans les ombres du dessin.

On doit éviter les clichés solarisés et rougeâtres, qui retardent l’impression dans la chambre solaire.

Nous procédons pour cette opération absolument de la même manière que pour obtenir des positifs directs sur verre (voir 2® partie) ; seulement nous donnons à la fois le double de temps de pose environ que pour ce genre d’épreuves, et nous laissons agir le révélateur plus longtemps, pour que tous les détails de l’image soient bien marqués.

Un cliché destiné à donner des positifs agrandis directement sur chlorure d’argent ou au charbon par l’appareil solaire, ne doit pas être, comme nous l’avons dit, aussi intense que ceux qu’on qu’on emploie pour imprimer par contact, parce que, outre le temps très-considérable que nécessiterait l’impression, ce qui serait le moindre inconvénient, on n’aurait qu’une épreuve plate, sans modelé, et

OPÉRATIONS GÉNÉRALES

ayant des Ions durs et heurtés : un négatif trop faible pécherait en sens inverse, c’est-à-dire que le positif deviendrait d’un gris uniforme, sans détails ni contraste entre les blancs et les ombres.

Vernissage pour rendre les clichés inaltérables.

— Le négatif étant terminé, il faut, si on veut le retoucher avant vernissage, verser sur la couche, pendant qu’elle est encore humide, une solution de gomme arabique à 8 ou 10 p. 100, additionnée de 2 p. 100 de dexlrine dissoute à chaud, ou de 1 p. 100 de borax en poudre ou de silicate de potasse, produisant un grain qui permet au crayon de mordre sans déchirer l’image pendant la retouche dont nous parlerons au chapitre suivant.

Cette solution peut suffire, avec quelques précautions, à préserver la couche de collodion pour le tirage d’un nombre limité d’épreuves positives; on peut donc se dispenser de vernir les clichés sur lesquels on n’aurait qu’un petit nombre de positives à tirer.

Les clichés ainsi gommés acquièrent une intensité sensiblement plus grande en séchant à la lumière diffuse, ce dont il faudra tenir compte en développant; nous avons remarqué également que la dessiccation artificielle au feu ou par le moyen d’une lampe à alcool contribue beaucoup à augmenter cette intensité.

Le défaut capital de la gomme employée pour la retouche des négatifs est son hygrométrie, car les clichés recouverts par cette substance résistent difficilement à riiumidité, qui fait gercer la couche en détruisant l’image lorsqu’elle a été vernie (1).

(1) Nous avons essayé depuis peu un nouveau produit dont le fabricant ne nous a pas fait connaître la composition, qui est son secret, et qu'il désigne sous le nom assez original de ; Tcha-oniaj nous ne savons trop pourquoi, mais dont les qualités sont excellentes, ce qui est le principal; la retouche se .fait avec la plus grande facilité, et si, comme il l’affirme, ce produit n’est pas hygrométrique, ainsi que peut le faire croire sa nature résineuse, c’est bien évidemment ce qui convient le mieux pour la retouche des clichés.

Nous nous sommes procuré le Tcha-oma chez M. Carrelle, 31, rue d’Enghien, qui en a le dépôt.

Lorsqu’on voudra conserver un négatif longtemps, et tirer un très-grand nombre d’épreuves, il sera bon de lui donner plus de solidité en le couvrant, après les deux ou trois premières feuilles tirées, d’une couche d’un vernis

fabriqué de la manière suivante :

Alcool de vin à 40 degrés 1 litre.

Gomme laque blanche concassée 90 grammes.

Camphre 5 —

Sandaraque, première qualité 5 —

' Exposez quelques heures à un soleil ardent en agitant le flacon pour faire dissoudre ces ingrédients, ou bien plongez ce llacon quelques instants dans l’eau chaude, puis filtrez sur papier.

On peut également faire usage de :

Ambre torréfié 10 grammes.

Benzine 100 —

OU de :

Alcool à 40 degrés 100 c. c.

Benjoin bien pur 10 grammes.

Gomme sandaraque 150 grammes.

dissoute dans :

Alcool à 40 degrés 1 litre.

Après filtration, on ajoute :

Huile de ricin (1) 25 c. c.

Térébenthine 25 —

Ces vernis s’étendent comme le collodion, mais il faut avoir le soin de faire chauffer légèrement le cliché avant son application, afin d’en chasser toute l’humidité et aussi pour éviter qu’il reste mat. Lorsque l’excès du vernis est reversé dans le flacon, on doit chauffer plus fortement, en évitant que la couche prenne feu.

(1) Ce vernis, ayant plus de flexibilité que ceux qui ne contiennent pas d’huile de ricin, préserve mieux les clichés des gerçures^

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Ils ont l’avantage, sur les vernis à tableaux et autres, de ue pas se ramollir à la chaleur et d’être assez liants pour ne pas se fendiller à une température très-basse.

Il est à remarquer que les vernis résineux (et ceux que nous venons d’indiquer sont de ce nombre) donnent tous plus ou moins de transparence aux noirs des clichés, surtout lorsqu’on les applique à chaud ; aussi devra-t-on tenir compte de cette réduction d’intensité en développant et renforçant l’image lorsqu’on supposera devoir employer ces vernis. Quand cependant le cliché a été gommé d’abord, comme nous l’avons recommandé , la diminution d’intensité par le vernis est beaucoup moins sensible que lorsqu’on n’a pas pris cette précaution.

On peut se servir pour cette opération d’un fourneau à gaz ou d’une lampe à alcool, mais on risque moins de faire enflammer la couche eu employant un fourneau garni de braise.

Vernis granulaire pour faire la retouche au dos des clichés. — Ce vernis, qui a la propriété de dépolir en apparence le verre sur lequel on l’applique, est excellent pour faire au dos des clichés les retouches dans les grands noirs qui ne peuvent être faites au crayon sur l’image ellemême, il donne également à l’épreuve plus de douceur et d’harmonie. Il se fabrique de la manière suivante :

Faites dissoudre dans :

Éther sulfurique 500 grammes.

Gomme sandaraqne 30 —

— mastic 30 —

Ajoutez par petite quantité de la benzole pure jusqu’à ce que ce vernis, étendu sur une lame de verre, prenne l’aspect du verre dépoli le plus fin. Un excès de benzole précipitant les gommes, il faut verser avec la plus grande précaution en ayant soin d’essayer plusieurs fois pendant le mélange ; il est prudent de préparer ce vernis par petite quantité à la fois.

Après avoir verni un cliché, on doit attendre quelques heures avant le tirage de nouvelles épreuves, sans quoi le

papier adhérerait à la couche et pourrait le détruire ou, tout au moins, l’altérer gravement.

Avec certains vernis du commerce, il peut arriver parfois que la couche de collodion se fendille et soit entraînée par le vernis ; ce phénomène est dû à ce que la couche de collodion, quoique sèche, est néanmoins soluble dans l’alcool rectifié et anhydre; on corrigera facilement ce défaut en ajoutant au vernis chauffé dans un alambic une très-petite proportion d’eau pour réduire le litre de l’alcool qu’il contient.

Pour le séchage des glaces, soit avant, soit après le vernissage, on peut employer un appareil très-simple et trèscommode, qui se compose de deux planches à rainures formant le V ; elles sont clouées à angle droit, de manière que les rainures de la planchette horizontale correspondent aux rainures de la planchette verticale; cet appareil peut contenir plusieurs douzaines de glaces de toutes dimensions ; une ouverture longitudinale sera ménagée au sommet de l’angle pour permettre l’écoulement du liquide lorsque les glaces auront été lavées ou vernies. On peut encore placer les glaces

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un des angles en bas, et la couche de collodion en dessous, sur des clous fixés à une cloison.

Tous les bons clichés seront conservés avec soin, car ce sont les archives du photographe. La valeur de la glace étant du reste, très -minime, se trouve souvent compensée par l'avantage qu’on trouve à garder une épreuve qu’on sera peut-être dans l’impossibilité de refaire au moment où on en aura besoin.

Aussi recommandons-nous d’avoir des étagères à rainures numérotées pour placer chacun d’eux à l’abri de la poussière et de l’humidité.

Dans les climats froids et humides, le meilleur moyen de conserver les clichés en bon état et d’empêcher que la couche de vernis se soulève par veines, ainsi que cela a lieu fréquemment lorsque la température change brusquement, surtout quand la retouche a été faite sur gomme, est de les maintenir en paquets de douze, en plaçant entre chacun d’eux une feuille de papier buvard qui absorbe l’humidité.

On doit inscrire sur un livre destiné à cet usage, sous des numéros correspondant à ceux des négatifs, le nom des personnes ou des points de vue représentés par les clichés. Cette précaution offre encore cet avantage, que la personne qui a posé une fois, peut, sans se déranger de nouveau, se procurer un plus grand nombre d’épreuves de son portrait.

Retouche des clichés-portraits. — La retouche des clichés a pris depuis longtemps une telle extension et une telle faveur, qu’aucun photographe, quelque peu jaloux de sa réputation, ne consentirait à livrer aujourd’hui une seule épreuve provenant d’un cliché produit par la lumière seule ; malheureusement tous ne réussissent pas également bien dans l’exécution de ce travail délicat, qui nécessite pour le bien faire un sentiment artistique faisant défaut à beaucoup d’opérateurs.

Le plus grand travers des retoucheurs inhabiles, ceux surtout qui ne connaissent pas le dessin, et ils sont malheureusement trop nombreux, est de vouloir arrondir, sans tenir compte de l’anatomie du visage sur lequel s’exerce leur

talent; aussi voit-on souvent des portraits grotesques à force d’être bouffis lorsqu’ils ont été traités par ces artistes, qui ajoutent, retranchent et façonnent, sans se soucier le moins du monde du caractère de la physionomie, à laquelle ils enlèvent ainsi toute ressemblance et tout cachet.

La retouche doit donc être sobre et rester dans des limites convenables en se bornant à faire disparaître toutes les inégalités de la peau, telles que petite vérole, taches de rousseur, masque chez les femmes, ou autres légères imperfections qui ne se remarquent généralement pas lorsqu’on regarde le modèle à une certaine distance, et que la photographie exagère presque toujours; on peut encore atténuer quelques rides sans pour cela les faire disparaître entièrement, si ce n’est les petites rides transversales amenées par la concentration de la peau, car on enlèverait au visage tout son caractère et toute son expression; mais jamais on ne devra remplir les creux qui forment avec les parties saillantes les différents plans qui représentent, par le jeu des muscles, l’anatomie du visage, en lui donnant sa véritable expression.

Selon l’âge et le sexe, la retouche pourra être poussée plus ou moins loin, mais sans attaquer cependant le caractère principal de la physionomie qui constitue la ressemblance. Lorsque le nez est gros, la lumière glisse sans déterminer suffisamment l’arête, comme cela a lieu dans le nez classique ; on pourra l’accuser à l’extrémité surtout, par une ligne lumineuse qui en rendra le dessin plus correct. On peut également adoucir les plis tombants qui se forment avec l’âge aux extrémités de la bouche, et aviver en les régularisant les points lumineux qui doivent se trouver placés à la partie supérieure de la prunelle pour donner au regard plus d’expression; mais là doivent se borner, selon nous, les modifications importantes à faire subir à un cliché qui a été bien éclairé, lorsqu’on l’a au préalable nettoyé de façon à égaliser toutes les imperfections de la peau.

Malheureusement, lorsqu’il s’agit de portrait, le public, gâté par certaines productions d’un goût artistique douteu*x, mais dont l’ensemble le flatte, devient chaque jour plus

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exigeant; et comme il se regarde toujours dans un miroir que scs yeux rendent complaisants, il ne veut pas admettre que certaines rides déjà atténuées par le retoucheur, que les coins de la bouche, dont le sillon s’est creusé, proviennent de l’âge ou de la fatigue, et non de l’instrument photographique qu’il accuse parce qu’il reproduit ces défauts avec une impitoyable vérité; chacun se voit plus jeune et plus beau qu’il ne l’est en réalité, et s’en prend à l’artiste, auquel il relire sa confiance lorsqu’il ne se trouve pas assez flatté : Peu m’importe la ressemblance, disent certaines personnes à un photographe, pourvu que je sois jeune et jolie 1

Dans ce cas, nous comprenons qu’il soit difficile de faire de l’art pur, mais cependant on devra rester dans certaines limites et ne jamais s’écarter surtout des règles du dessin, car on tomberait inévitablement dans le grotesque.

L’homme d’un talent sérieux impose son goût au public qu’il doit guider et éclairer dans tous les cas, mais sans jamais consentir à certaines fautes qui compromettraient sa réputation devant les véritables artistes.

Nous donnons ci-contre un spécimen de portrait retouché au crayon sur la couche de collodion vernie ; et nous avons eu soin de placer en regard la contre-épreuve sans retouche, pour que le lecteur puisse se rendre compte de la façon dont le travail doit être exécuté.

On se sert pour retoucher les clichés d’un pupitre dont on verra plus loin la figure ; il se compose, ainsi qu’on peut le voir, d’un cadre en glace dépolie A, B, C, D, fig. 42, sur laquelle on -place le cliché à retoucher. Ce cadre à charnière sur le devant peut recevoir telle inclinaison qu’on juge nécessaire; le fond de l’appareil est muni d’une glace élamée qui réfléchit la lumière derrière le cliché et en permet l’examen par transparence pendant la retouche. Ce pupitre, mis à plat sur une table, est placé autant que possible devant une fenêtre exposée au nord ; mais comme il est indispensable que le cliché aussi bien que celui qui retouche se trouvent dans l’obscurité pour ne recevoir d’autre lumière que celle provenant du miroir placé au fond du pupitre, on disposera un grand voile en lustrine noire sur le volet supé-

rieur B, G, F,E, de telle sorte qu’il puisse envelopper le retoucheur pendant son travail. La planchette mobile G H sert d’appui-main, elle peut descendre et monter à volonté, et se fixe au moyen de deux têtes de vis qui se trouvent aux extrémités ; enfin un tiroir placé au fond du cadre sert à renfermer les crayons, les pinceaux et tous les ustensiles employés pour la retouche.

La glace dépolie du pupitre devra être un peu plus grande

que les plus grands clichés qui se font dans l’atelier, et on aura une série de cartons noirs couvrant toute la surface de cette glace , dans lesquels on découpera toutes les dimensions des clichés qu’on veut retoucher ; ces cartons servent à couvrir la partie non occupée par les négatifs, de telle façon que la lumière ne puisse pénétrer par ailleurs.

On pourra en outre placer un morceau de papier noir sous les clichés un peu grands en ménageant une ouverture de la dimension de la tête seule, sur laquelle la partie la plus importante du travail doit être faite ; on évitera ainsi aux yeux la fatigue que produit une lumière trop étendue provenant des autres parties du cliché.

La retouche des clichés se fait habituellement avec les crayons Faber en graphite de Sibérie de la mine Alibert, placés dans des porte-mine spéciaux ; la série la plus généralement employée est :

Fig. 42. — Pupitre pour la retouche des clichés.

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Très-tendre et noir.

Tendre et noir.

Moins tendre et noir.

Moyen.

11 1111 Dur. Plus dur.

Ces six sortes de crayons répondent à presque tous les besoins, selon que la gomme ou le vernis offre plus ou moins de résistance; néanmoins la série se compose d’un plus grand nombre que l’on devra employer selon les besoins. Lorsqu’on retouche sur certains vernis par exemple, des crayons plus durs sont souvent nécessaires ; on pourra employer alors :

H H H et quelquefois H H H H H H

très-dur. extra-dur.

Avec un peu d’expérience et d’habitude, il est facile de déterminer le crayon qui convient le mieux à chaque cliché; dans tous les cas la pointe doit toujours en être très-effilée en la frottant sur une lime très-fine ou sur un morceau de papier émeri (1).

Lorsque le crayon ne peut pas couvrir suffisamment les parties trop transparentes, on emploie l’encre de Chine appliquée au pinceau; dans certains cas encore on se sert de laque carminée ou de collodion coloré à l’aniline étendue en couche mince et aussi unie que possible, au dos du cliché, afin de retarder l'impression des parties qui viendraient trop noires sur l’épreuve positive lors de l’insolation.

L’emploi du collodion à l’aniline a été indiqué par M. Fritz Luckhardt, devienne, pour le renforcement local des clichés. On verse quelques gouttes d'une solution alcoolique de rouge d’aniline très-foncée dans du collodion normal parfaitement

(l) Nous avons eu occasion d'essayer, il y a peu de temps, des crayons de fabrication française, sortant des ateliers de MM. Gilbert et C‘®, qui ne le cèdent en rien comme pureté et comme finesse de grain à ceux que nous indiquons plus haut. La série se compose de quatre numéros principaux, qui sont : N° 1. B B, très-noir et tendre.

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