F, noir moins tendre
N° 0. H B, noir et dur.
N° 3. H, plus dur.
Le n« 1. B B, est excellent pour retoucher sur gomme ou sur Tcha-onia; les autres numéros sont préférables quand on veut travailler sur vernis.
reposé, de façon à lui donner une teinte plus ou moins vigoureuse selon la valeur générale du cliché et la transparence des parties à préserver de la lumière; on couvre entièrement le dos du négatif d’une couche de ce collodion qu’on laisse sécher, puis, avec une pointe très-fine on découpe le collodion autour des parties que l’on veut protéger et on enlève tout le reste en s’aidant d’un morceau de bois mou taillé en pointe légèrement humecté.
On comprend que si ce sont les chairs qui doivent être renforcées, on enlève tout le collodion coloré qui couvre le fond et les draperies, et que le contraire a lieu si ces parties sont trop transparentes par rapport aux blancs.
Un autre moyen très-bon encore, consiste à couvrir le dos du cliché d’une couche de vernis mat à la lienzole décrit page 207 ; lorsque ce vernis est bien sec, ce qui demande peu de temps, on peut faire des retouches qui sont alors aussi faciles à exécuter que sur le verre dépoli, et comme elles se trouvent derrière la couche de collodion, et non dessus, ces retouches auront une douceur beaucoup plus grande sur l’image positive, et le cliché ne pourra pas être endommagé.
La plupart des photographes français retouchent leurs clichés sur gomme, c’est-à-dire qu’après le dernier lavage qui suit le fixage, le cliché est recouvert d’une couche de gomme arabique préparée comme il est indiqué page 205, destinée, lorsqu’elle est sèche, à servir de mordant au crayon ; on vernit ensuite pour préserver l'image et la retouche de tout accident pendant le tirage.
En Allemagne et en Amérique, le cliché n’est pas gommé après fixage, on vernit d’abord et on retouche ensuite sur le vernis.
Chacune des deux méthodes a ses avantages et ses inconvénients.
La retouche sur gomme est la plus facile et la plus expéditive, bien que très-délicate; mais il arrive parfois que le crayon se décompose sous l’action du vernis et produit une foule de taches non actiniques qui gâtent entièrement le cliché; parfois aussi, lorsqu’il se rencontre des impuretés dans le crayon, on s’expose à rayer ou à déchirer la pellicule
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(le collodion que la gomme est impuissante à protéger. Mais rinconvénieiit le plus grave, surtout lorsqu’on a des clichés précieux qu’on tient à conserver, c’est que la gomme, étant essentiellement hygrométrique, absorbe l’air ambiant et soulève la pellicule de collodion et le vernis par veines qui sillonnent le cliché ; aucun remède n’étant possible dans ce cas, le cliché est perdu (1).
La retouche sur vernis est plus difficile et plus longue à exécuter, mais elle offre plus de sécurité , non-seulement pendant l’exécution du travail, mais surtout pour la conservation en bon état du cliché pendant une durée indéfinie.
Dans notre longue expérience pratique nous avons constaté que le meilleur vernis pour la retouche des clichés est celui que l’on obtient en faisant dissoudre 100 grammes d’ambre jaune torréfié dans un litre de chloroforme. Ce vernis, dont la couche est solide et dure, s’étend à froid sur le cliché sec, mais non chauffé, il donne une surface 'brillante et transparente sur laquelle le crayon mord avec la plus grande facilité; la retouche est alors aussi facile et aussi rapide que sur la gomme, sans présenter les dangers de ce support hygroscopique.
Le cliché après fixage sera placé dans le casier pour égoutter et sécher sans avoir été gommé.
Si on ne veut pas employer le vernis au chloroforme indiqué plus haut, malgré les avantages qu’il présente sur les autres, il sera recouvert d’une couche de l’im des vernis indiqué page 206 , mais principalement celui à la gomme la({ue, qui est plus dur et plus adhérent que ceux au benjoin ou à l’ambre, dissous dans l’alcool, etc., etc.
Le cliché ne devra pas être chauffé outre mesure avant ou après l’application de ces vernis parce que le crayon mordrait difficilement sur la couche qui serait trop dure; cependant on évitera de vernir à froid, car, dans ce cas, la couche resterait mate et serait peu solide outre les taches qui pourraient résulter de ce travail défectueux.
(1) Ce défaut devant Cdre évité par l’emploi du Tcha-oma, si ce produit est réellement d’une nature anti-hygrométrique, il sera désormais plus avantageux de retoucher sur cette couche que sur le vernis.
Il peut arriver que le vernis, lorsqu’il est sec, ne prenne pas le crayon dans toutes les parties qu’on veut retoucher; dans ce cas on saupoudre ces parties avec de la poudre impalpable d’os de seiche OU de pierre ponce très-fine, puis avec le bout du doigt on frotte cette poussière sur le cliché, jusqu’à ce que le vernis offre une surface mate sur laquelle le crayon mordra très-facilement.
On peut employer également l’huile de térébenthine pour donner du mordant à la couche de vernis, mais dans ce cas la retouche doit s’effectuer avant dessiccation complète de la térébenthine.
M, Beattie indique une combinaison basée sur les deux principes que nous venons d’indiquer ; il applique sur les parties du cliché qu’on veut retoucher, à l’aide d’un tampon de coton très-doux, un mélange composé de :
Huile de térébenthine 90 c. c.
Os de seiche 15 grammes.
Cette mixtion est étendue doucement sur la partie du négatif à retoucher pendant que l’os de seiche en poudre impalpable est en suspension dans le liquide.
Si ce mélange produisait des stries, on les ferait disparaître par le tamponnement opéré avec le bout du doigt.
Que l’on retouche sur gomme ou sur vernis, on commence par égaliser tous les défauts en remplissant avec un crayon très-effilé toutes les parties transparentes pour leur donner la même valeur que les parties opaques du cliché, on procède pour cela par petits traits en sens divers ou par pointillé en se servant d’une loupe puissante; lorsque toute la surface est bien unie on commence le modelage ; pour cela on promène le crayon sur toutes les parties dont les lumières demandent à être relevées.
Lorsqu’on retouche sur vernis, le crayon peut être effacé s’il est nécessaire avec de la gomme élastique taillée en pointe ; il n’en est pas de même si l’on procède sur la gomme dont chaque trait, bien ou mal placé, ne peut plus être enlevé.
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Retouche à l’aiguille. — ^1. Ducasse indique dans une brochure spéciale un mode de relouclie très-expéditif au moyen d’une aiguille qui lient lieu de crayon. Pour cela on se sert d’une aiguille à coudre de moyenne grandeur dont la pointe a été émoussée et polie, et que l’on fixe en biais sur un manche de pinceau, de façon qu’elle forme un angle obtus avec la tige sur laquelle elle est montée.
Cette retouche se fait plus avantageusement sur les clichés gommés que sur ceux qui ont été vernis.
Sur toutes les parties du visage, des mains, etc., etc., qui demandent à être égalisées sans nécessiter une retouche importante, on promène le bout de l’aiguille à plat et presque couchée ; l’acier frotté sur la gomme produit l’efTet d’un brunissoir et donne un résultat à peu près semblable, bien que moins fin, à celui qu’on obtient avec le crayon, tout en opérant plus rapidement.
La retouche des clichés se fait absolument de la même façon que la retouche des épreuves positives sur papier, avec celte différence qu’on opère en sens inverse, ce qui présente de bien plus grandes difficultés ; aussi faut-il une habitude et une sûreté de main que peu de retoucheurs possèdent.
Beaucoup abusent de l’estompe et croient avoir fait un chef-d’œuvre lorsqu’ils ont barbouillé de plombagine le cliché qu’ils ont la prétention de rendre plus parfait et qu’ils réussissent, le plus souvent, à gâter complètement, car si l’estompe peut aider quelquefois à fondre certaines parties trop heurtées, après toutefois que le crayon a égalisé les défauts, on doit en user d’une façon très-modérée, si on ne veut que les clichés traités ainsi produisent des épreuves cotonneuses, fades et sans vigueur, n’ayant plus aucune valeur au point de vue artistique.
Comme nous l’avons dit au commencement de ce chapitre, il faut éviter de toucher au caractère anatomique du portrait, on doit se borner à unir le visage en faisant disparaître tous les défauts de la peau; on peut également atténuer certaines rides que la lumière exagère parfois, sans cependant les faire disparaître entièrement.
Faite dans ces limites, la retouche donne beaucoup de
charme à la photographie, sans altérer la ressemblance ; lorsqu’elle est exagérée, la retouche détruit non-seulement la ressemblance, mais enlève à la photographie toute sa valeur artistique.
Lorsqu’un négatif présentera quelques pointillés à jour qui formeraient des taches noires sur le positif, on bouchera ces trous avec de l’encre de Chine mêlée de carmin délayé dans un peu d’eau gommée, et appliquée délicatement avec un petit pinceau. Il faut éviter de faire cette encre trop épaisse, parce qu’alors les taches, au lieu de s’imprimer en noir, laisseraient des points blancs sur l’image. Ces retouches doivent se faire après l’application du vernis sur le cliché.
L’encre de Chine carminée et gommée appliquée au pinceau derrière le cliché rend souvent de très-grands services pour adoucir les ombres trop transparentes lorsque la retouche au crayon est insuffisante; on pourra ainsi masquer les cheveux et la barbe d’un blond rougeâtre pour en retarder l’impression, qui est toujours trop noire en positif, fondre des plis trop accentuées dans les draperies et le vêtement, atténuer des ombres trop dures sous les yeux, sous le menton, etc., etc., en un mot, rendre le cliché harmonieux, alors qu’il était dur et heurté.
On peut employer pour le même usage le bleu et le rouge végétal, selon que les parties à couvrir doivent être plus ou moins retardées à l’impression.
Pour les grands négatifs, et surtout pour les reproductions, l’application au recto et au verso d’une feuille de papier translucide minéral permet de retoucher d’une façon rapide et de donner des effets de lumière qu’on obtient difficilement par tout autre moyen.
Le papier pelure minéral a un grain spécial qui a pour effet, lorsqu’il est placé de chaque côté du cliché négatif, d’annuler par sa combinaison optique les défectuosités produites par la matière qui compose sa fabrication, et qui, vues isolément, donnent un grenu monstrueux. Ce grenu peut encore être annulé complètement par l’interposition, lors du tirage de l’épreuve positive, d’une feuille de verre très-
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mince, de mica factice ou de gélatine, entre le cliché et la feuille sensible. Cette application , outre la facilité qu’elle offre pour la retouche, atténue déjà en grande partie le grain du papier qui se produit toujours dans les reproductions photographiques provenant d’images sur papier. Elle offre de plus cet avantage que les clichés recouverts des deux côtés de ce papier deviennent incassables dans les châssispresses.
Pour coller le papier pelure minéral sur les clichés agrandis ou autres, on coupe à la pointe^deux feuilles de ce papier en se servant du cliché comme calibre, et on place ce papier pendant quelques minutes entre plusieurs doubles de papier buvard très -fort, légèrement humectés d’eau, mais dont Pexcès d’humidité a été absorbé par l’application à la surface d’autres feuilles de même papier; on passe un peu de gomme avec un pinceau en blaireau sur les bords du cliché, en commençant par le côté du collodion; on pose sur cette surface une des deux feuilles de papier que l’humidité a fait distendre, on la tend le mieux possible en chassant les bulles d’air et en faisant coller les bords gommés, puis on procède à la même opération pour le côté opposé; lorsque le papier est bien sec, ce qui demande quelques minutes seulement, les deux surfaces sont parfaitement tendues comme une peau de tambour et prêtes pour la retouche, ainsi que nous allons l’expliquer. On devra choisir la feuille de papier la plus pure pour être placée du côté du collodion.
S’il existait de grandes taches opaques sur l’image négative, on aurait soin, avant l’application du papier minéral, de les gratter avec la pointe d’un canif pour laisser le verre transparent dans ces endroits.
La retouche se fait sur les deux côtés du cliché, mais on commence par le côté opposé au collodion, afin de donner à l’image toute sa valeur, en employant de la poudre galvanoplastique impalpable que l’on applique à sec à l’aide d’estompes en papier gris ou en peau, et pour les grandes surfaces avec un tampon en peau de chamois ; on relève ainsi les grandes lumières dont on peut même modifier les effets en leur donnant plus d’intensité et d’harmonie; l’emploi du
crayon à la mine de plomb est quelquefois utile pour le repiquage des points très-fins et pour indiquer des contours délicats, aussi bien que pour la retouche des clichés de petites dimensions lorsque l’estompe est trop grosse pour couvrir les petites défectuosités, en agissant du côté opposé au collodion. Lorsque le cliché est amené ainsi à la valeur nécessaire, ce qui nécessite quelques minutes seulement, on procède à la retouche générale, au repiquage des points transparents et au modelage de l’image; cette fois, le travail se fait négativement du côté du collodion; on emploie pour cela un crayon plus ou moins tendre et quelquefois la pointe d’une estompe qu’on promène partout où l’on veut fondre et égaliser les tons du cliché ; quelques lumières placées avec discernement donnent de la ronde-bosse et un grand relief à l’épreuve; cette retouche se fait avec une rapidité incroyable et sans aucune précaution, car la lumière étant tamisée par les deux épaisseurs de papier minéral qui couvrent le cliché de chaque côté, chaque coup d’estompe se fond et s’harmonise avec le dessin intermédiaire produit sur la glace par la photographie. On doit éviter toutefois de donner des coups trop secs et sans solution de continuité ; il faut, au contraire, promener légèrement l’estompe, à peine chargée de poudre, partout où les tons demandent à être égalisés et fondus pour produire un dessin doux et modelé. Certaines lignes manquant de netteté peuvent être rétablies, toujours négativement, à l’aide d’un crayon à la mine de plomb ; les grands brillants, tels que bijoux, etc., etc., se donnent avec quelques points de vermillon gommé appliqués au pinceau.
Retouche des clichés de paysages. — Dans les clichés de paysages, le ciel vient rarement bien ; son intensité laisse souvent à désirer, surtout si on a opéré par un temps sombre et orageux. Les épreuves positives qui résultent d’un tel cliché ont alors une teinte désagréable dans cette partie. Pour corriger ce défaut, il y a plusieurs moyens qui sont : la suppression totale du ciel naturel que l’on remplace par un ciel factice, uni et teinté en dégradé, ou par un cliché de nuages; ou bien on dessine ces mêmes nuages sur le dos du
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cliché; pour cela, on étend au pinceau, avant l’impression, du vernis au bitume de Judée, dans toutes les parties qui demandent plus d’opacité ; on arrive, avec un peu d’habitude et de soin, à produire par ce procédé des nuages d’un effet très-artistique; on peut se servir pour le même usage d’encre de Chine ou d’autres couleurs végétales délayées dans l’eau gommée. L’application du papier minéral au dos du cliché, ainsi qu’il a été indiqué précédemment pour les portraits, permet dans bien des cas un travail très -heureux pour accentuer les nuages ou pour harmoniser et renforcer le ciel dans certaines parties, et pour donner des détails dans les noirs du pa^^sage qui sont trop confus.
Lorsqu’on veut remplacer le ciel du cliché par un autre, fait artificiellement en teinte unie et fondue, de façon à ce que la ligne d’horizon soit plus claire graduellement que les parties hautes, il faut d’abord masquer sur le cliché tout le ciel en découpant avec soin le paysage du côté du collodion avec du vermillon ou du jaune de chrome délayé dans de l’eau gommée additionnée d’un peu de glycérine ; si la partie du ciel tà couvrir est un peu grande, on colle à la gomme un morceau de papier noir découpé de façon à suivre à peu près les sinuosités de la couleur, et on tire alors une épreuve dont le ciel reste parfaitement blanc; pour le teinter graduellement, il suffira de placer cette épreuve dans un autre châssis, face en dessus, et de l’exposer de nouveau à la lumière, en ayant soin de couvrir complètement le paysage avec un morceau de carton dont un des bouts, coupé en rond et légèrement relevé à l’extrémité, laisse arriver la lumière sur les parties extrêmes du ciel d’abord, et graduellement plus bas, si on le juge convenable, en descendant progressivement le carton.
Graver un nom sur un négatif. — Rien n’est plus aisé que de graver un nom, une signature, sur un cliché; pour cela, on se sert d’une pointé acérée, et, avant de le vernir, on trace sur le négatif ce que l’on veut voir apparaître sur la feuille positive, mais on doit comprendre que c’est en sens inverse que cette gravure sera appliquée.