TIRAGE DES ÉPREUVES POSITIVES PAR DÉVELOPPEMENT
Procédé expéditif pour tirer des épreuves positives sur papier lorsque le temps est trop couvert pour- emplo-yer les procédés ordinaires. — Méthode pour imprimer, finir et livrer une épreuve photographique trés-solide sur papier , en quinze minutes. — Tirage des épreuves par développement aux sels de platine, procédé Willis. — Tirage des épreuves photographiques sur soie blanche. — Tirage des épreuves bleues sans argent. — Photographie sur ivoire. — Photographie sur bois. — Tirage des épreuves positives sur toile à peindre. — Tirage des épreuves sur papier au collodion chlorure d’argent. — Wothlit-ypie.
I)ans bien des circonstances, et surtout pour les agrandissements, le tirage des épreuves par développement peut rendre de grands services aux photographes peu favorisés par le soleil.
Les épreuves obtenues par ce procédé, bien que d’un aspect généralement plus froid que celles produites sur papier albuminé au chlorure d’argent, n’en possèdent pas moins de sérieuses qualités ; elles sont d’une très-grande solidité et peuvent être imprimées par les jours les plus sombres.
On choisit un papier de Saxe d’épaisseur moyenne dont on a soin de marquer l’envers d’une croix au crayon, et on fera flotter l’endroit pendant deux à trois minutes sur le bfiin de sel suivant :
Eau filtrée 1 litre.
Chlorure d’ammoniaque 20 grammes.
Citrate de soude 20 —
Gélatine blanche S —
On peut préparer une grande quantité de papier, qui se
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conserve en bon état pendant plusieurs années ; lorsqu’il est sec, on le sensibilise sur un bain composé de :
Eau distillée 1 litre.
Nitrate d’argent dO grainmcc.
Acide citrique 3 —
pendant trois minutes environ.
Cette opération doit être faite à l’abri de toute lumière blanclie ; car, ainsi préparé, le papier possède une sensibilité beaucoup plus grande que celui à l’albumine cliloruré décrit précédemment. Lorsqu’il est sec, on peut l’exposer sous un cliché dans le châssis-presse, ou dans l’appareil solaire si on veut opérer par agrandissement. L’insolation varie alors de quelques secondes à plusieurs minutes.
Dès que l’image commence à apparaître à la surface du papier, on arrête l’insolation pour procéder au développement de la manière suivante ;
Préparez à part deux solutions de :
( Eau distillée i litre.
’ I Acétate de plomb 40 grammes.
^ Alcool à 30 degrés 100 c. c.
I Acide gallique 10 grammes.
Dans une cuvette plate en porcelaine, cPuiic propreté absolue, versez un liquide composé de :
Eau de pluie 1 litre.
Solution A G c. c.
en quantité suffisante pour que le fond de cette cuvette soit recouvert d’au moins 1 centimètre de la solution.
Par les temps chauds, et lorsque la pose a été dépassée, 011 pourra ajouter au révélateur quelques gouttes d’acide acétique.
Les épreuves sont immergées une aune, sans être lavées; on aura soin d’imprimer un mouvement de bascule à la cuvette, pour que la solution les recouvre continuellement et exerce une action régulière qui empêchera les taches locales de se former. Après quinze ou vingt minutes d’immersion,
si le temps d’exposition a été bien calculé , l’image aura atteint toute sa vigueur. Les épreuves seront alors passées rapidement dans une autre cuvette remplie d’eau fraîche, puis plongées dans un bain d’iiyposulfîte de soude à 25 pour 100, dans lequel elles seront maintenues en mouvement pendant 10 ou 15 minutes.
On terminera ensuite, comme pour les épreuves sur papier albuminé, par un bon lavage à l’eau courante, afin de les débarrasser de l’agent fixateur.
Si on a bien opéré, et surtout avec une propreté parfaite, l’image sortira avec une belle coloration noire. On pourra toutefois modifier le ton, en les mettant dans un bain d’or aussitôt après le fixage.
Quelques opérateurs préfèrent employer, dans ce cas, le bain fixateur d’hyposulfite d’or décrit page 392, dans lequel les épreuves se fixent et se virent en même temps.
Seconde formule spéciale pour les agrandissements. — Le papier de Saxe est posé pendant trois ou quatre minutes dans un bain composé de :
Eau distillée . 1 litre.
Albumine 125 c. c.
lodure de potassium 15 grammes.
Bromure de potassium 15 —
Ainsi préparé et séché, ce papier se conserve trèslongtemps en portefeuille ; lorsqu’on veut le sensibiliser, on fait flotter le côté ioduré sur le bain suivant pendant trois minutes :
Eau distillée 1 litre.
Azotate d’argent 70 grammes.
Acide acétique 70 c. c.
Après égouttement, ce papier peut être exposé humide dans l’appareil solaire; l’image s’imprime en quelques minutes, mais elle est à peine visible; pour la faire apparaître, on plonge la feuille dans un bain révélateur composé de :
Eau distillée 1 litre.
Acide pyrogallique 2.5 grammes.
Acide citrique 5 —
SENSIBILISATION
elle se développe alors comme un cliclié en très-peu d’instants; lorsqu’on juge l’épreuve assez vigoureuse, on lave à deux ou trois eaux, puis on fixe dans un bain préparé ainsi qu’il suit :
Eau distillée 2 litres.
Ilyposulfite de soude 250 grammes.
Chlorure d’or 1 — •
Après sept à huit minules d’immersion dans cette solution, l’épreuve est lavée de nouveau à plusieurs eaux à la manière ordinaire, puis séchée et montée. On peut employer la même Ibrmule pour les agrandissements sur toile à ])eindre, après avoir au préalable opéré le dégraissage, ainsi qu’il sera expliqué plus loin.
Autre méthode pour le tirage des épreuves positives par développement, d’après M. Oppenheim. — Préparation du papier. — On prépare du })ctil-lait en coagulant du lait chaufTé au moyen de l’acide tartri({ue; on clarifie avec de l’albumine et l’on filtre après avoir tait bouillir. Lorsque la liqueur est refroidie, on ajoute 3 p. 100 d’iodure de potassium, et l’on filtre de nouveau.
On fait une seconde solution d’albumine que l’on mêle à égale quantité avec le petit-lait. On obtient ainsi une liqueur iodurée sur laquelle on doit laisser flotter les feuilles pendant une demi-minute, puis on les fait sécher.
Le pajiicr ainsi préparé se conserve longtemps; il gagne même en qualité en vieillissant. ■ *
Sensibilisation. — On prend une feuille de papier comme cela vient d’être indiqué; on le pose sur un bain de nitrate d’argent à 5 p. 100, sans addition d’acide acétique. Après un séjour d’une minute sur le bain d’argent, on retire la feuille, que l’on pose sur une nappe d’eau distillée, où elle doit également rester une minute; après quoi on la plonge dans une cuvette contenant beaucoup d’eau distillée, où on la laisse pendant cinq minutes environ.
La première eau doit être changée après un lavage de trois
OU quatre feuilles ; la deuxième eau sert pour un plus grand nombre.
Ce double lavage est nécessaire.
Le premier doit se faire en posant seulement le papier sur la surface de l’eau, parce que l’on évite ainsi les taches qui saliraient le dos du papier si l’immersion était complète au sortir du bain de nitrate. L’albumine, en effet, n’étant pas assez coagulée, il se forme au contact de l’eam une décomposition partielle susceptible de produire ces taches.
Ce danger n’existe plus lors du deuxième lavage qui complète l’opération ; il ne reste plus qu’à le sécher dans du papier buvard.
Exposition à la lumière. — L’exposition se fait soit dans le châssis positif à la lumière diffuse, soit dans l’appareil à amplification par la lumière solaire ou artificielle; quelques secondes suffisent.
L’image doit être à peine visible au sortir du châssis.
Développement. — On développe avec une solution d’acide gallique, dans laquelle on ajoute un peu d’acide acétique cristallisable et de la solution d’argent.
La première eau de lavage peut servir pour le développement, mais après un filtrage préalable au kaolin.
On peut activer le développement à l’aide de la chaleur.
Quand l’épreuve a atteint le degré de vigueur voulu, il suffit d’arrêter le développement par quelques lavages à l’eau ordinaire.
Fixage. — On fixe dans un bain d’hyposulfite de soude à 20 P . 100. L’épreuve est fixée dès que le ton jaune a disparu pour faire place à une jolie couleur sépia. Si l’image restait
Formule du développement.
Eau distillée du premier lavage
Acide gallique
Solution à 15 pour 100 de nitrate d’argent. Acide acétique
100 grammes.
FIXAGE
rouge, c’est que le temps de pose aurait été dépassé, ou que le bain d’argent employé était trop pauvre en nitrate. On peut, si on le désire, virer l’épreuve au chlorure d’or, qui lui donne une couleur de dessin à la mine de plomb.
On peut, par ce procédé, imprimer des épreuves par un ciel très-couvert, lorsqu’il est impossible de le taire par les moyens ordinaires.
Des clichés trop faibles donneront parfois d’assez bonnes épreuves.
Les épreuves traitées ainsi ont une grande solidité (1).
Un autre procédé non moins bon consiste à iodurer le papier positif sur une solution composée de :
Eau distillée 1500 c. c,
Albimüne pure îiO —
lodure de potassium -'i gr. 5.
Bromure de potassium 1 — 2.
Cyanure de potassium 0 — 2.
Clilorure d’ammoniaque 2 grammes.
dans laquelle il sera immergé pendant deux ou trois minutes, puis suspendu pour sécher.
Il sera bon, avant de faire subir au papier l’ioduration que nous venons d’indiquer, de lui donner un encollage à l’alliumine neutre, c’est-à-dire sans addition d’aucuns sels, pour que la dernière préparation reste à la surface au lieu de pénétrer dans la pâte, comme cela se manifeste souvent lorsqu’on ne prend pas cette précaution; après l’ioduration, on pourra coaguler l’albumine en passant chaque feuille sur un bain d’alcool.
La sensibilisation se fera en laissant la feuille pendant deux minutes sur le bain suivant :
Eau distillée 300 grammes.
Nitrate d’argent 24 —
Acide acétique cristallisable 22 c. c.
Bicarbonate de soude 30 centigrammes.
Le mélange devra, au préalable, reposer quelques heures, puis être filtré.
(1) Monileur de la Photographie.
L’image sera développée au moyen de :
Eau filtrée 1 litre.
Acide gallique 10 grammes.
puis fixée dans une solution concentrée d’hypo sulfite de soude.
Le papier préparé comme nous venons de l’indiquer est extrêmement sensible, il devra donc être tenu à l’abri de toute Iwmière blanche; l’exposition sera très-courte, soit qu’on se serve de l’appareil solaire, soit qu’on imprime sous un cliché.
Les épreuves obtenues par l’iodure d’argent et développées avec l’acide gallique tendent généralement à prendre une teinte verdâtre désagréable à l’œil; on pourra facilement obvier à cet inconvénient en plongeant les images dans une solution d’ammoniaque très-faible (ammoniaque liquide diluée), dans laquelle elles resteront quelques minutes.
Procédé expéditif pour tirer des épreuves positives sur papier, lorsque le temps est trop couvert pour employer les procédés ordinaires. — En hiver, et par un jour très-sombre, lorsqu’il est impossible d’imprimer par le procédé ordinaire et que cependant il serait urgent d’obtenir une épreuve positive, on trouvera quelquefois utile d’employer un procédé qui, sans être parfait, donne des images passables.
Pour cela on prépare chaque feuille de papier en la laissant d’abord cinq minutes sur une solution de bichlorure de mercure, dans la proportion suivante :
Solution saturée de bichlorure de mercure. 25 c. c.
Eau filtrée 500 grammes.
On laisse sécher, puis on sensibilise également pendant cinq minutes sur un bain d’azotate d’argent à 10 p. 100. Cette opération doit être conduite dans l’obscurité la plus complète, on devra même couvrir le châssis avec soin jusqu’au moment de son exposition à la lumière, qui a lieu à l’aide du châssis à reproduction comme un tirage ordinaire; après