CARTES CAMÉES
4oü
pcndanl que la main gauche maintient le tout en contact avec la glace collodionnëe ; par ce moyen, toutes les bulles d'air sont chassées sûrement. Enlevez le caoutchouc, posez la glace à i)lat sur une étagère, l’épreuve au-dessus, et continuez ainsi jusqu'à ce que toutes vos cartes et cartes-album soient appliquées sur glaces; abandonnez à la dessiccation, pendant vingt-quatre heures, dans une pièce fortement chauffée, puis coupez avec la pointe d’un canifle carton tout autour de la glace au dedans du bord albuminé; l’épreuve se détachera alors en quelque sorte seule, il n’y a plus qu’à la couper de dimension avec de bons ciseaux en appliquant un calibre à la surface, puis à les bomber en ovale ou en coins ronds, en les plaçant successivement dans le petit appareil, lig. 50, auquel on fait subir une pression modérée, au moyen de la presse représentée figure GO.
iFio. o9. — Appareil ovale et coins ronds Fio. GO. — Presse à vis pour bomber
pour bomber les cartes. les cartes.
On peut également remplacer le carton par cinq ou six feuilles de papier, qui toutes doivent être trempées dans la gélatine diluée, et qu’on superpose au dos de l’épreuve photographique pour former un tout parfaitement homogène.
43G LA niOTUGRAPlilE EN AMÉRIQUE
ayant l’épaisseur de la carte ordinaire, mais possédant une flexibilité plus grande qui permet un gaufrage plus soigné.
Les cartes seront recouvertes d’une feuille de papier de soie, et les cartes-album pourront être montées sur chine 13X18 avec de la colle à froid de Berger ou de la gomme très-épaisse, en ayant soin d’appliquer à la surface un poids creux qui presse sur les bords sans toucher à la partie bombée.
Retouche des épreuves photographiques. — Les
épreuves photographiques ne sont pas toujours parfaites lorsque le travail de l’opérateur est terminé : quelques points blancs ou noirs peuvent gâter riiarmonie du dessin ; les yeux, les lèvres manqueront quelquefois de netteté et de vigueur. Ces petits défauts, dus à une foifle d’incidents de manipulation, peuvent être corrigés par une retouche délicate faite à l’encre de Chine délayée avec un peu de carmin dans de l’eau gommée et appliquée avec un pinceau doux et fin. La vigueur des yeux et des ombres dans les draperies pourra être renforcée par ce moyen facile et rapide qui augmente souvent refTet artistique des épreuves lorsque cette retouche est faite par une main exercée. Ce petit, travail demande quelques minutes seulement, c’est ce qu’on est convenu d’appeler le nettoyage de l’épreuve; il peut se faire inditréremment avant ou après le satinage.
Il existe un autre mode de retouche qui entre dans le domaine de l’arliste spécial, c’est celui qui consiste à donner à une image photographique l'apparence de la gravure anglaise. Ce travail se fait sur papier albuminé et sur papier salé simple, avec ou sans encollage à la gélatine ou à l’arrow-root; le même travail peut se faire sur les images dites au charbon dont nous parlerons plus loin. Mais alors les blancs sont obtenus au grattoir et non avec de la gouache, comme cela se fait sur les images au sel d’argent.
Lorsqu’on veut faire une grande retouche sur papier albuminé, on doit déi^raisscr la surface de l’épreuve en la frottant avec une éponge fine trempée dans du fiel de bœuf, que l’on enlève ensuite par un bon lavage. On arrive au même
PIIOTO-PEINTUUE
résultat en dépolissant les parties de l’image que l’on veut retoucher, avec de la poudre impal bable d’os de seiche appliquée avec un tampon de llanelle.
La couleur doit être mélangée de façon à s’harmoniser parfaitement avec le ton de la photographie.
Pour les épreuves sur papier albuminé, la couleur sera délayée avec de l’eau gommée ; pour celles tirées sur papier salé simple, on emploiera, au contraire, une palette chargée de couleurs à l’eau.
La retouche se fait au pointillé ou par petites hachures. Ce genre de travail, d'une grande délicatesse, demande la main habile d’un artiste; car, outre le modelage, il y a souvent à rétablir l’anatomie d’une tête lorsqu’on a opéré par reproduction sur des portraits déjà anciens et 'quelquefois effacés en partie; il est donc indispensable de connaître le dessin d’une façon parfaite, si on veut arriver à de bons résultats.
Coloris des épreuves positives à l’aquarelle. —
Les épreuves de petites dimensions coloriées ont plus de fraîcheur et de relief lorsqu’elles sont faites sur papier albuminé que quand on emploie le papier salé ; ce dernier est préférable cependant pour les images qui dépassent le format carte ou carte-album, en raison des difficultés qu’on éprouve à se rendre maître de la couleur à l’eau sur de grandes surfaces albuminées.
Les couleurs à l’aniline ou à l’albumine donnent d’excellents résultats sur papier albuminé, faquarelle est plus généralement emidoyéc pour les grandes épreuves sur papier salé.
Nous ne ferons pas ici un cours de peinture qui nous obligerait à entrer dans une foule de détails du ressort de l’artiste, car cela nous entraînerait trop loin; on trouvera du reste des brochures qui traitent spécialement cette matière, ce qui nous dispense de nous étendre davantage.
Photo-peinture. — Les portraits qn’on veut peindre à l’huile sur photographies peuvent être imprimés sur toile, soit au chlorure ou à l’iodnrc d’argent, soit au charbon,
ainsi qu’il sera indiqué plus loin, ou sur papier albuminé; dans ce dernier cas, l’image sera collée sur une toile de lin non apprêtée, mais montée sur un châssis à clef, sur un panneau, ou sur un carton bristol très-fort pour qu’elle ne se gondole pas.
Le portrait sera recouvert d’une bonne couche d’encaustique étendue avec de la flanelle, pour éviter les empâtements et maintenir la couleur à la surface, car on ne doit pas oublier que la peinture sur papier photographique se fait généralement par des glacis. L’application du vernis, lorsque la peinture est sèche, fait ressortir la fraîcheur des tons qui se sont embus et donne un très-grand relief à l’image.
Photo -miniature. — La photo-miniature, qui s’obtient par la superposition de deux épreuves grossièrement coloriées, possède une douceur, une transparence et un moelleux que n’ont pas au même degré les plus charmantes aquarelles. Gomme toute personne intelligente peut facilement produire de ravissantes miniatures avec ce procédé, nous allons en donner la description la plus minutieuse.
La meilleure application, selon nous, se fait sur des portraits d’une dimension moyenne qui ne dépasse pas 21X27 ou 24X30 centimètres.
Gomme les grandes retouches ne peuvent être dissimulées, il est indispensable de n’employer que des clichés parfaits et d’une netteté irréprochable, que nous conseillons de faire sur fond uni et foncé.
Sur ces clichés, on tirera deux épreuves semblables d’une valeur moyenne, sur papier de Saxe préparé spécialement pour ce procédé, ainsi qu’il est indiqué page 352. On aura soin que le papier excède de quelques centimètres les dimensions de la glace.
Si on opère sur un négatif de 24X30 centimètres, l’une des deux épreuves, parfaitement lavée après fixage, est appliquée sur un verre ordinaire de la dimension 21X27, pendant qu’elle est encore humide ; l’excédant du papier est rabattu et collé par derrière avec de la gomme épaisse, de façon que, quand le papier est sec, il soit parfaitement tendu.
PirOTO-MINIATURE
Préparez alors dans quatre godets, les teintes plates trèsdiliiées, ainsi qu’il suit.
Les couleurs anglaises sont les meilleures pour ce genre de travail.
i L'inné (le Naples . . . environ ’ f Lacjiie rose de garance ....
2' Oo,)cl. S • ,
( La({iic carminée
a-' Godet. ^ carminée
’ I Ocre ronge
Godet, j ,
f Laque rose de garance ....
A parties.
A parties.
G parties.
A parties.
Ces couleurs bien mélangées et largement étendues d’eau, on donne une* teinte plate générale sur toutes les chairs avec le m l, en se servant d’un bon pinceau en martre un peu fort.
Cette première couche, aussi bien que celles qui suivent, doit s’appliquer de façon à couvrir la surface d’un seul coup, afin d’éviter les temps d’arrêt qui marqueraient sur l’image vue par transparence.
Lorsque cette première couche est sèche, on fait successivement trois applications de la teinte n® 2, en laissant sécher chacune des couches avant d’appliquer la suivante, puis on passe sur les joues et sur les lèvres une dernière couche avec le m 3. On termine eu renforçant les ombres des yeux, des narines, du menton et des oreilles avec le m 4, puis on laisse sécher complètement.
Pour les yeux bleus, on emploie le bleu de cobalt ; pour les gris, on se sert d’indigo; pour les bruns, la terre de Sienne brûlée, à laquelle on peut ajouter de la terre d’ombre ou de la sépia, rend les différentes nuances selon les besoins ; mais ces couleurs doivent être très-diluées, comme les précédentes. Le point lumineux seul peut se faire avec du blanc de Chine opaque, appliqué délicatement. Les cheveux blonds se font avec de l’ocre jaune ou de la terre de Sienne brûlée ; les châtains, avec de la terre d’ombre, à laquelle on ajoute de la sépia ou du noir de pêche pour les bruns ou les noirs.
Les vêtements se font également en teintes plates ; mais
comme certaines couleurs, telles que le rouge, le jaune, le vert, etc., etc., se traduisent en noir sur la photographie, on est parfois obligé de couvrir ces parties sur le cliché, afin qu’elles restent aussi claires que possible sur l’épreuve positive, que l’on pourra teinter alors en lui donnant sa valeur réelle. Les dentelles blanches, lorsqu’elles sont bien imprimées, se lavent légèrement avec une teinte bleuâtre, pour enlever la crudité du blanc.
Les bijoux en or sont teintés avec du jaune indien et de la gomme gutte. Les pierreries se font par application de couleur plus épaisse posée avec la pointe du pinceau.
Quant au fond, il doit être également couché en teinte plate dont on peut varier la nuance. La terre d’ombre brûlée mêlée avec de la sépia, ou le brun de Van-Dyck additionné de vert de vessie, produisent des effets très-heureux; comme ces couleurs doivent être très-diluées, deux ou trois couches seront nécessaires.
Cette première épreuve ainsi terminée, on doit la rendre transparente et la fixer sur une glace, au moyen d’un mélange composé de :
Baume du Canada 100 grammes.
Blanc de baleine 70 —
Cire vierge 20 —
que l’on fond au bain-marie, et qui forme une pâte épaisse après refroidissement.
On se sert, pour ce travail, d’un petit appareil que nous avons fait construire spécialement, et qui n’est autre qu’une petite table en fer représentée fig. 61, qui se compose d’un plateau en tôle forte F, G, H, I, d’environ 30X40 centimètres, posé sur quatre pieds en fer de 15 centimètres de hauteur. Sous cette table, on place quatre lampes à alcool D, E, dont la flamme peut être modérée à volonté. A et A’ sont des planchettes dont l’un des côtés est garni de plusieurs doubles d’une peau de chamois très-douce; ils doivent servir de râteau, ainsi que nous l’expliquerons dans le cours de l’opération. Le pot G, garni d’une spatule en bois, contient le mélange indiqué plus haut; enfin, dans le tiroir K de la