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APPAREIL A PROJECTION POUR LES CORPS OPAQUES

sateur; le papier ou la glace sensilile est fixée sur le chevalet et impressionnée pendant le temps nécessaire, puis on referme le robinet E, et on développe l’image ainsi qu’il a été indiqué.

Appareil à projection pour les corps opaques.

— M. Van ïenac a inventé un appareil qu’il nomme : Kéllocfo<«c*ope, au moyen duquel on produit des agrandissements de toutes dimensions d’après des petites images opaques, aussi bien que d’après des clichés transparents^ ce qui permet d’oblenir immédiatement l’agrandissement d’une carte sans avoir à faire pour cela un petit cliché ou un transparent, comme cela a lieu avec les autres appareils destinés au même usage.

L’appareil de M. Van Tenac est surtout très-utile, selon nous, pour tracer les contours d’une image projetée sur une toile destinée à être peinte, ou sur un papier à dessin pour produire ensuite soit un pastel, soit un crayon noir ou un fusain ; pour cela, il suffit d’employer une lampe ordinaire à l’huile ou au gaz ; lorsqu’on veut obtenir un cliché photographique ou une image agrandie sur papier ioduré, l’éclairage se fait avec une lampe au magnésium ou par l’électricité, le temps de pose varie alors en raison de la dimension de l’agrandissement, et aussi suivant que le sujet est opaque ou transparent, clair ou sombre ; il varie également suivant l’objectif et l’ouverture du diaphragme employé; en tous cas, on peut obtenir un bon cliché au collodion humide d’une grandeur de 40XoO centimètres en quelques secondes lorsqu’on opère avec un positif transparent.

Gomme cet appareil est destiné à opérer avec une lumière artificielle, on pourra faire les agrandissements pendant la nuit, ce qui est précieux par les jours sombres de l’hiver ; il a de plus l’avantage d’être peu embarrassant et de pouvoir être monté dans une chambre quelconque. Lorsqu’on emploie la lumière du magnésium, on aura soin cependant de placer le tuyau à l’orifice d’une cheminée qui tire bien, afin d’éviter que la fumée très-intense qui se dégage obscurcisse la lentille condensatrice et se répande dans la pièce où se trouve l’appareil.

CHAPITPxE VIII

STÉRÉOSCOPE ET MICROSCOPIE

Descriptions, opérations et appréciations, — Épreuves microscopiques

Le stéréoscope, ce charmant petit instrument, si répandu maintenant et si justement estimé, qui nous montre en relief des images accouplées sur une feuille de papier plate, avec toute la vérité delà nature saisie sur le fait, serait probablement resté dans le néant, si la photographie n'avait pas été

y LcJor

Fig. 6G. — Stéréuscupe à glaces parallèles.

inventée et perfectionnée par Niepce, Daguerre , Talbot, Archer, et autres savants. Néanmoins, deux dessins pourraient être faits d’un seul objet, de telle sorte qu’ils reproduiraient le relief de la nature. Déjà Léonard de Vinci avait démontré que cet effet de relief résultait de la vision binoculaire, et la photographie, avec sa rigoureuse exactitude, a pu réaliser les merveilleux effets que tout le monde connaît et admire aujourd’hui.

STÉRÉOSCOPE ET MICROSCOPIE

C’est au professeur Wheatstone, du Collège royal de Londres, que nous sommes redevables du stéréoscope ; le célèbre physicien anglais, en expliquant un phénomène de vision, eut l’idée de regarder deux dessins d’un même objet avec les deux yeux d’abord, puis ensuite en séparant le point visuel de chaque œil.

Le premier instrument composé par M. Wheatstone , fig. G6, était formé de deux glaces parallèles G, D, placées à angles droits; les images E, F, fixées en face l’une de l’autre, étaient disposées de façon qu’en regardant dans les deux miroirs en même temps, ces deux images se trouvaient formées dans la même portion de la rétine de l’œil et semblaient se détacher en relief, en ne formant qu’une seule et même image; ce genre de stéréoscope, applicable surtout aux

images de grandes dimensions, a été pertectionné par sir David Brewster, qui a remplacé ces miroirs par des prismes. Ce changement a permis de faire du stéréoscope un instrument portatif et populaire. La forme généralement adoptée présente une sorte de pyramide tronquée, en bois ou en toute autre substance; à la partie la plus étroite sont placées deux demi-lentilles, ou prismes, ou mieux deux lentilles achromatiques, éloignées l’une de l’autre de C à 7 centimè-

très environ, c’est-à-dire de la distance des yeux; au milieu de cette boîte et entre les lentilles est une cloison qui favorise la superposition des deux images. A l’extrémité la plus large se trouve une rainure dans laquelle on glisse l’épreuve. Enfin, la partie supérieure a une ouverture garnie d’un couvercle doublé d’une glace^ servant de réflecteur pour projeter la lumière sur l’image (voyez fig. 67).

On applique depuis à ces boîtes une sorte de verre monochrome qui, en s’interposant entre l’œil et le dessin, produit, par les différentes couleurs dégradées, un effet saisissant en donnant des couleurs naturelles; on varie la teinte du verre selon le paysage qu’on examine.

Il existe un genre de boîte stéréoscopique, très-commode, en ce sens qu’il contient plusieurs douzaines d’images qu’on peut faire passer successivement sous les yeux par la simple pression d’un bouton placé sur le côté de l’appareil qui communique à une chaîne sans fin sur laquelle sont fixées les images stéréoscopiques : ce charmant petit meuble, que nous représentons fig. 68, fait l’ornement de tous les salons aux États-Unis.

Nous allons donner les procédés les plus simples pour obtenir les images stéréoscopiques, sans nous occuper du phénomène physique qui les produit, renvoyant pour cela le lecteur aux ouvrages spéciaux.

Fig. 68. — Stéréoscope américain.

Opérations. — L’opération consiste à prendre deux vues du même objet, en plaçant l’appareil à la même distance du sujet à reproduire, mais en écartant les objectifs proportionnellement à la distance du point de vue, de telle sorte qu’ils soient écartés l’un de l’autre par un angle de 2 degrés

OPÉRATIO^'S

environ, dont l’objet à reproduire est le sommet; on prend pour sommet de cet angle l’objet le plus important du point de vue. Dans certains cas, lorsque le paysage offre peu de perspective et de différence dans les plans, on pourra opérer avec un écartement d’un angle de 3 à 4 degrés.

Pratiquement, on opère au juger, en mesurant de l’œil le point le plus rapproché du paysage à reproduire, et en donnant aux objectifs un écartement d’environ 33 millimètres pour chaque mètre de distance.

Lorsque l’angle stéréoscopique est trop grand, c’est-à-dire que les objectifs ont été trop écartés en raison de la distance du sujet à reproduire, il y a des déformations et des reliefs exagérés qui, dans certains cas, semblent monstrueux, notamment dans les portraits et les reproductions de statues, etc. Le contraire aurait lieu si l’écartement était trop petit, car alors l’image semblerait plate, sans perspective ni relief.

Pour les portraits pris à une distance de 3 ou 4 mètres seulement, la méthode la plus simple consiste à faire les deux épreuves en même temps avec l’appareil composé d’une chambre noire garnie de deux ou de quatre objectifs combinés, d’un foyer parfaitement égal (voir fîg. 4 et 12), généralement employés pour les portraits-cartes de visite, qui eux aussi sont stéréoseopiques en les accouplant deux à deux; seulement, comme les positives sont renversées, on devra les redresser en collant sur le bristol l’épreuve de droite sur le côté gauche, et celle de gauche sur le côté droit. 11 faut également avoir soin que la distance entre les centres des deux images soit de 7 centimètres environ, sinon elles ne se superposeraient pas ou se doubleraient.

M. Ennel fait connaître un moyen très-ingénieux pour imprimer directement d’après un négatif stéréoscopique obtenu dans la chambre binoculaire, et cela sans aucune transposition. On épargne ainsi une grande perte de temps. Voici comment on opère :

Nous supposons que le négatif ait une longueur de 18 centimètres. On prend un morceau de papier sensible de largeur convenable, et ayant une longueur de 36 centimètres. On re-

plie chaque bout du papier, la surface sensible étant en deliors, de sorte que les bords se rencontrent au milieu. Le milieu du papier ainsi replié présentera une surface continue de 18 centimètres de long, et les deux bouts repliés auront eusemble également une longueur de 18 centimètres. On imprime alors l’une des surfaces sensibles, puis on retourne le papier et on imprime l’autre. Lorsque cette épreuve est virée, fixée et lavée, on ouvre de nouveau le papier, qui prend un développement de 36 centimètres de longueur, sur lequel se trouvent imprimées deux séries stéréoscopiques complètes, c’est-à-dire quatre images en ligne droite, qui sont dans la position voulue. On n’a plus qu’à couper le papier par le milieu pour séparer les deux épreuves stéréoscopiques l’une de l’autre, que l’on n’aura plus qu’à coller.

Fin. C)9. — Chambre noire 1/4 pour stéréoscope montée sur sa planchette à équerre.

Pour reproduire des paysages sans sujets animés, nous employons ordinairement une petite chambre noire 1/4 munie d’un seul objectif, à laquelle on fait adapter un châssis pouvant contenir une glace de la dimension des deux épreuves, et dont la porte de devant, s’ouvrant en deux parties, permet d’opérer successivement. Cette chambre est placée sur une planchette d’une longueur de 0"^80 environ, et munie d’équerres qui servent à mesurer l’angle stéréoscopique.

Voici comment on opère :

La planchette A, B, G, D, fîg. 69, étant fixée solidement

OPÉRATIONS

sur son pied, on place la chambre noire contre l’iinc des écpierres E, F, qui doivent déterminer l’écartement on angle sons lequel on voudra opérer. On met au point sur la glace dépolie, puis on expose après avoir remplacé cette glace dépolie par le châssis G contenant la glace sensibilisée, de manière que, pour une épreuve ordinaire, il faut avoir soin, si l’on veut redresser de suite l’image stéréoscopique sur le négatif, d’exposer le côté gauche de la glace lorsqu’on opérera du côté droit de la planchette, et le côté droit de cette même glace lorsque l’on 'agira du côté gauche. La figure G9 représente le côté gauche du châssis ouvert pendant qu’on opère à la station de droite; la seconde partie s’obtient en

Fin, 70. — Clunnbi'cs noires sur leur pied pour vues instantanées, munies do planchettes <à guillotine.

faisant glisser la chambre noire contre l’autre équerre, et en prenant le côté gauche du châssis qu’on doit faire glisser jusqu’à ce qu’il soit arrêté par le ressort qui se trouve au centre de la chambre noire : alors on ouvre le côté droit pour la seconde exposition.

Lorsqu’on veut faire des vues animées ou instantanées, on devra employer deux chambres noires 1/4 munies d’objectifs de même foyer. On place chacune de ces chambres contre l’iinc des équerres de la planchette écartée à la distance convenable, selon l’éloignement des premiers plans du paysage à reproduire, et on prépare en même temps deux

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glaces qui seront sensibilisées dans le même bain. L’exposition se fera en découvrant les deux objectifs ensemble; pour cela il faut deux opérateurs, à moins qu’on n’ait adapté à chacun des objectifs une planchette à guillotine, qu’un seul opérateur peut mettre en mouvement en pressant les ressorts de chaque main. Ces planchettes sont très-commodes pour les instantanéités : on peut rendre l’exposition plus ou moins rapide, suivant la longueur de l’ouverture pratiquée dans la coulisse qui ouvre et ferme l’objectif.

La- figure 70 représente la position de deux chambres noires E, E’ pour les vues instantanées; les objectifs sont garnis des planchettes à guillotine A, B, C, D, A’, B’, G’, D’, dont l’une est percée seulement d’une ouverture F de deux centimètres qui ouvre et ferme l'objectif avec une rapidité telle, qu’elle permet de saisir les oiseaux au vol. La seconde, F’, d’une dimension de six centimètres, permet également de saisir des objets animés, mais avec moins de rapidité que la première; seulement avec cette seconde, l’image aura plus de détails et sera mieux venue; on pourra, selon le cas, employer une dimension d’ouverture appropriée au sujet à saisir.

Les images prises avec deux chambres séparées sont renversées ; on devra donc avoir soin de marquer les négatifs, pour pouvoir ensuite placer convenablement les épreuves eu les collant sur le bristol.

L’opération, pour l’obtention des négatifs, est la même que celle que nous avons décrite précédemment pour le collodion humide et pour les collodions secs.

Les stéréoscopes sur verre, destinés à être vus par transparence, s’obtiennent par les procédés que nous avons décrits page 255, au moyen des clichés ordinaires.

Les négatifs pour stéréoscopes devront être bien détaillés et bien nets, mais d’une intensité modérée, pour que les positives soient très-vigoureuses; on évitera, par ce moyen, un défaut commun à beaucoup de ces images, qui semblent couvertes de neigne lorsqu’on les regarde dans le stéréoscope. Ces effets résultent des grands contrastes entre les noirs et les blancs.

APPRÉCIATION DU STÉRÉOSCOPH -iOo

Lorsqu’on opère avec deux instruments séparés, il faut avoir soin de traiter les deux épreuves de la même façon, pour que les deux clichés soient à la même valeur; on fera en sorte également que les positives qui doivent se correspondre aient la même intensité et soient au même ton.

Appréciation du stéréoscope. — Jamais, sans doute, une invention n’a été si universellement répandue, et n’a obtenu une faveur aussi grande que le stéréoscope; il est vrai aussi que rien n’est plus attrayant et plus instructif, nous-seiilcment pour les enfants, mais aussi pour les grandes personnes qui aiment à voy«jçop sans sortir de leur salon. Depuis la découverte du stéréoscope les distances se sont 1‘approc‘liées, le panorama universel est venu se dérouler aux yeux étonnés du riche potentat assis au coin de son feu, et du pauvre ouvrier dans sa mansarde. Rien n’est plus intéressant, en effet, que cette nature variée, souvent bizarre, que l’imagination se refuserait à admettre, si la vérité ne nous était garantie par l’impossibilité de reproduire les effets stéréoscopiques autrement qu’en les prenant sur la nature même.

Ici ce sont des scènes champêtres dont Watteau eût été jaloux, là c’est une vallée sillonnée d’une rivière dont les eaux azurées serpentent et arrosent la végétation avant de se précipiter en cascade dans un gouffre saisissant d’horreur. Enfin les montagnes couvertes de neige et les précipices sans fond, au bord desquels broutent des chèvres, où vient s’ébattre l’ours, complètent le tableau, en charmant l’œil étonné.

Il est donc inutile aujourd’hui de braver les dangers et les fatigues d’un long voyage, comme le font les touristes, pour visiter les curiosités répandues sur le globe; assis au coin de son feu, chacun peut suivre d’un regard attentif et surpris toutes les scènes vivantes des villes du monde moderne^ comme aussi visiter les ruines pittoresques du monde ancien; les lacs tranquilles, les romantiques cascades, les cathédrales modernes aux clochers hardis, aussi bien que les reliques du monde des anciens dans les merveilleux

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temples d’Égyple. On peut encore, sans quitter son fauteuil, se promener au milieu des scènes pittoresques de la Chine et du Japon, admirer les minarets aux dômes dorés de l’Asie, et assister aux curieux mystères de la vie dans le désert; enfin, on peut fouler aux pieds, sans éprouver les fatigues d’un long pèlerinage, la classique Italie, la Grèce aux riches souvenirs, et le calvaire d’où est sortie la religion du Christ.

Quel plus ravissant spectacle peut attirer et charmer l’homme dans sa retraite, que celui de ces scènes animées ou grandioses des naturels de tous les pays où l’imagination vagabonde aime à se transporter, après les récits plus ou moins véridiques de quelques voyageurs I Quoi de plus instructif que cette description pour ainsi dire palpable des costumes, des types, et en quelque sorte des différentes peuplades qui vivent sur notre globe sous différentes latitudes, et que nul crayon ne peut rendre avec ce cachet de vérité que seul le stéréoscope sait produire!...

Nous pourrions nous étendre plus longuement et faire un panégyrique beaucoup plus long sur la beauté de cette découverte importante, si nous ne craignions de sortir du cadre restreint que nous nous sommes tracé en écrivant cet ouvrage; chacun, du reste, peut apprécier les beautés que nous venons d’esquisser brièvement, car cet instrument, aussi bien que les milliers de paysages qui forment la collection universelle, sont maintenant répandus à profusion à des prix qui les mettent à la portée de toutes les bourses.

Épreuves microscopiques. — Les épreuves microscopiques, visibles seulement sous un fort grossissement, sont depuis quelque temps répandues à profusion ; on les monte en breloques, en épingles, etc., etc. Ce qui les a fait accueillir avec faveur, c’est la possibilité de réunir sous un très-petit volume des groupes charmants ou des portraits aimés.

Ces images se font sur des lames de verre très-mince, soit au procédé à l’albumine, soit avec du collodion trèsfluide et très-homogène, ne formant pas de stries.

Pour obtenir ces épreuves, qui sont nécessairement posi-

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