IMAGES BRILLANTES DITES ÉMAILLÉES
drait remplacer la gélatine chaude dont on se sert pour cette opération par une solution froide de gomme arabique, dans laquelle on tremperait l’image avant son application sur la glace collodionnée et talkée, la gélatine devant être rejetée comme désagrégeant la pellicule qui forme l’image. 11 est même bon, dans ce cas, de décîrer l’image en la frottant avec de la benzole pure, et de la plonger pendant 3 ou 4 minutes dans un bain d’alun à 5 p. 100, afin de rendre la solution complètement insoluble.
Les douze épreuves qui figurent au commencement de cet ouvrage comme spécimens d’éclairage, ont été tirées au charbon, développées sur verre ciré et collodionnées, puis coupées et collées sur carte, repiquées et satinées à la façon ordinaire; on pourra se rendre compte par leur examen du brillant qu’on obtient par ce procédé, qui doit remplacer le papier albuminé pour toute production durable.
Épreuves mates. — Les images qui doivent être conservées mates sont développées sur un papier- support flexible, ou sur métal grainé, ou encore sur verre dépoli, ainsi que nous l’avons expliqué, puis enlevées sur un papier de transport qui conserve l’empreinte de la surface sur laquelle l’image a été développée. Lorsque ces épreuves sont collées sur bristol, il est bon de les frotter avec une flanelle propre légèrement imbibée de benzole contenant quelques gouttes d’huile d’olive, pour enlever toute trace de cire qui pourrait rester à la surface de l’image ; la retouche à l’encre de Chine ou au crayon est alors beaucoup plus facile et le résultat plus artislique. On verra ci-contre une épreuve grandeur album tirée au charbon et développée sur papier support flexible, puis collée sur carton et satinée.
Si ces épreuves devaient être colorées à l’aquarelle, elles seraient nettoyées avec de la benzole pure sans addition d’huile d’olive, qui repousserait la couleur à l’eau.
Images brillantes dites émaillées. — Quant aux images que l’on veut conserver avec le grand brillant de l’émail, on^doit les monter avant de les détacher du verre ; le moyen le plus simple est le suivant :
Lorsque le papier de transport est sec, ou à peu près, on applique au dos trois ou quatre feuilles de papier gélatiné et trempé dans l’eau chaude, absolument comme il a été dit pour l’opération du transfert; on chasse l’eau par un coup de raclette, puis on laisse sécher complètement dans un courant d’air sec, s’il est possible, ou dans une pièce chauffée au besoin, en ayant soin d’espacer chaque glace pour que toutes les parties puissent sécher également. Lorsque la dessiccation est complète , ce qui nécessite au moins douze heures, on détache l’image de la glace, en passant la lame d’un canif sous«les bords, on la coupe de dimension voulue, puis elle est bombée, s’il y a lieu, et montée sur cartons forts, comme cela se pratique pour les cartes gélatinées.
Un spécimen ci-contre de portrait émaillé, grandeur album, que nous avons fait tirer dans nos ateliers tout spécialement pour cet ouvrage, pourra montrer la différence qu’il y a entre les images au charbon mates, demi-brillantes et émaillées.
Nous ne conseillons pas cependant le bombage des images au charbon émaillées par ce moyen, car celte opération enlève une partie du brillant à l’image, en faisant apparaître le grain du papier de transport, ce qui lui enlève une partie de sa transparence et la rend plus lourde d’aspect. Ce défaut est cependant moins sensible quand on emploie le papier stucqué comme support définitif.
Gomme il arrive fréquemment que l’image se détache du verre partiellement avant que sa surface entière soit parfaitement sèche (surtout lorsque la cire employée contient un corps gras), ce qui occasionne une inégalité de brillant préjudiciable à la beauté de l’épreuve, il est bon, lorsqu’on la monte, en collant au dos du papier de transport trois ou quatre épaisseurs du même papier pour former le carton, de bien frotter les bords du verre, afin d’enlever le collodion et la cire, et au besoin d’y passer avec un pinceau un peu de caoutchouc dissous dans la benzine, pour que le papier soit bien maintenu jusqu’à parfaite dessiccation; il suffira alors de couper le papier tout autour avec une pointe de canif pour que l’image se détache d’elle-même avec un brillant parfait.