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AGRANDISSEMENTS AU CHARBON

Les épreuves enlevées trop tôt de la glace, c’est-à-dire avant qu’elles soient parfaitement sèches, perdent la plus grande partie du brillant qui leur donne l’aspect des images dites émaillées; il en est de même lorsqu’elles se détachent trop tôt par un excès de chaleur de la pièce où elles se trouvent, ou par suite d’un excès de cire laissé sur la glace servant de support temporaire.

Agrandissements au charbon par la chambre solaire. — En raison de la grande sensibilité du papier au charbon, les agrandissements par la chambre solaire deviennent beaucoup plus faciles que quand on devait employer le papier au chlorure d’argent; c’est pourquoi nous allons donner quelques conseils pour l’emploi de cette méthode, dont les résultats sont supérieurs comme finesse, transparence et propreté, dans les fonds surtout, à tout ce qu’on peut obtenir par d’autres procédés, lorsque le soleil permet de l’employer.

Les opérations pour sensibiliser et sécher le papier au charbon sont les mêmes que celles décrites dans la première partie de cet ouvrage, mais le développement se fait presque toujours sur papier gélatiné aluné, qui sert de support définitif à l’épreuve, sans employer le double transport, tout à fait inutile dans ce cas, puisqu’il suffit de retourner le petit cliché dans l’appareil solaire pour que l’image se trouve naturellement redressée.

La question la plus importante est celle du temps d’exposition, c’est pourquoi le photomètre joue le rôle principal pour ce genre de travail; mais comme on opère par la lumière transmise et quelquefois réfléchie, lorsqu’on se sert d’appareils à réflecteurs, on comprendra que le degré photométrique doit être calculé et noté selon la distance focale de l’objectif, c’est-à-dire son éloignement de l’image, et par conséquent selon la dimension de celle-ci.

Le photomètre, dans ce cas, est placé à l’une des extrémités du papier sensible, dans le cercle lumineux produit par le faisceau des rayons solaires projeté par la lentille collectrice et l’objectif amplifiant.

Un essai préalable sur une petite bande de papier au charbon fixera l’opérateur sur le nombre de teintes à donner pour l’impression exacte d’une épreuve agrandie d’après un petit cliché, selon la dimension et la longueur focale de l’objectif.

Lorsque la lumière n’a pas été suffisante pour imprimer complètement l’image selon l’estimation qu’on aura fait du temps de pose, on pourra retarder le développement d’un et même de deux jours, car l’impression se continuant lorsque la lumière n’agit plus directement, le temps d’exposition peut se trouver réduit d’un tiers et même de moitié, selon qu’on développera l’épreuve plus ou moins longtemps après son insolation.

Précautions. — Ne jamais tremper les mains nues dans le bain de bichromate de potasse lorsqu’on a des gerçures ou des coupures aux doigts; employer, dans ce cas, des gants en caoutchouc pour empêcher l’introduction du poison vénéneux, qui produirait des désordres dans l’organisme.

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