CHAPITRE
IMPRESSION PHOTOMÉCANIQUE, PROCÉDÉ WOODBURY PRESSE-PAPIERS
Ce procédé, dont les résultats peuvent rivaliser avec les plus belles productions aux sels d’argent et au charbon, lorsque le travail en est bien fait, consiste dans l’obtention, d’après un cliché photographique, d’une image sur gélatine bichromatée dont les creux et les reliefs sont imprimés sur une plaque de métal mou (plomb et antimoine), par la pression hydraulique. Cette planche une fois obtenue, le tirage se fait avec la plus grande simplicité.
L’une des planches qui accompagnent cet ouvrage, comme spécimen de retouche des clichés, a été imprimée par le procédé Woodbury, dans la maison Goupil et C'°, à Asnières, dont l’habile directeur, M. Rousselon, a bien Voulu nous faire les honneurs de la façon la plus courtoise, en nous permettant d’assister à toutes les opérations successives de ce procédé appliqué, sur une large échelle, dans ce magnifique établissement qui n’a pas de rival en Europe.
L’invention de M. Woodbury nécessite, il est vrai, une installation et un matériel spécial; mais on peut dire que, grâce à l’intelligente impulsion donnée par M. Rousselon, l’application de ce procédé est devenue extrêmement pratique, et donne des tirages rapides et parfaits qu’il serait impossible de réaliser par tout autre moyen connu jusqu’à ce jour.
La première opération consiste à obtenir un relief en gélatine d’après un cliché photographique, ainsi que nous l’indiquons plus haut.
Production du relief en gélatine. — Faites une dissolution de gélatine à 5 p. 100 environ; clarifiez avec un
blanc d’œuf et, après filtration, ajoutez 3 p. 100 de bichromate d’ammoniaque préalablement dissous dans quatre fois son volume d’eau chaude légèrement colorée avec du bleu de Prusse.
Préparez, d’autre part, une glace bien nettoyée et cirée, en la couvrant d’une couche de collodion normal contenant de l’huile de ricin ; lorsque le collodion est sec, on verse à la surface une couche chaude bien égale de gélatine bichromatée indiquée plus haut, qu’on fait sécher dans une étuve à l’abri de toute lumière blanche, puis on enlève de la glace cette pellicule sensible qu’on met en contact avec le cliché pclliculaire en le plaçant dans le châssis-presse, soit directement ou renversé, selon qu’on veut avoir l'image dans un sens ou dans l’autre, et on expose à la lumière.
Le développement se fait à l’eau chaude, comme cela est indiqué pour le procédé au charbon, en appliquant la feuille de gélatine sur un support rigide, et le résultat donne un positif par transparence dont l’image est en relief.
Obtention du moule en creux. — Le moule en creux s’obtient avec la plus grande facilité sur une plaque métallique composée de plomb et d’antimoine, dans laquelle les creux et les reliefs de l’image sur gélatine s’impriment au moyen de la presse hydraulique élevée à une puissance de 500 kilogrammes par centimètre carré de surface.
La pellicule de gélatine résiste à cette pression sans se déformer; elle peut même servir à faire plusieurs moules en creux ayant tous la même valeur.
Chose particulière, si l’on veut obtenir un moule en creux avec la gélatine prise en sens inverse, tous les reliefs se retournent sous la pression et l’image est alors redressée.
Impression. — Une fois la planche métallique obtenue, on la place sous une petite presse qui sert à effectuer le tirage mécaniquement, de la manière la plus simple.
Dans les ateliers de MM. Goupil et à Asnières, cinq séries de six presses chacune sont placées sur des tables circulaires et tournantes. Une personne manœuvre chacune de