MÉTHODE OPÉRATOIRE
dans la benzine à la proportion de 2 décigrammes p. 100, que l’on étend à la manière du collodion.
Pour obtenir des images intenses et régulières, il est important de donner une assez forte épaisseur à la couche bromurée, surtout si l’on veut faire usage du révélateur alcalin ; on devra donc maintenir la glace le plus longtemps possible dans une position horizontale avant l’écoulement de l’excès du collodion.
La sensibilisation doit se faire dans un laboratoire très-peu éclairé, et dont la lumière blanche du jour ou la lumière artificielle sera interceptée par des feuilles de gélatine à la chrysoïdine; on opérera, du reste, comme pour le procédé au collodion bromuré indiqué p. 307 , en maintenant la plaque dans le bain d’argent pendant une durée de quatre à six minutes, selon la température.
Avant de placer la glace sensible dans le châssis de la chambre noire, on s’assurera que les parois intérieures, et même le ressort en cuivre qui presse contre la glace, sont peints en noir mat, afin d’éviter les auréoles qui pourraient se produire par suite de la transparence que donne l’éosine au collodion qui devient plus sensible^ aux rayons orangés et verts. Si on veut employer la glace à l’état humide, c’està-dire dans un délai de quinze minutes en été et de deux heures en hiver, on se borne à laver la couche, à sa sortie du bain sensibilisateur, dans une cuvette remplie d’eau distillée contenant 1 ou 2 p. 100 de nitrate d’argent, et en cet état on l’expose à la lumière, après quoi elle est lavée, d’abord à l’eau distillée, ensuite à l’eau ordinaire, de manière à expulser complètement les dernières traces de nitrate avant l’application du révélateur.
Si, au contraire, on veut surseoir pendant quelques heures ou même un ou deux jours à la pose ainsi qu’au développement, ou bien encore si l’on désire poser largement, par exemple pour la reproduction de peintures faiblement éclairées, sans faire courir à la couche le danger de sécher durant la pose, on ne se borne pas à laver les glaces d’une manière incomplète avant l’exposition à la lumière, mais on élimine les dernières traces de nitrate d’argent par
des lavages vigoureux, et on applique un préservateur hygroscopique composé de :
Albumine. .
Glycérine. .
Eau distillée
Avant de procéder au développement, on enlève le préservateur par un lavage à grande eau.
La durée de la pose diffère, suivant que les glaces sont employées humides ou recouvertes d’un préservateur; dans le premier cas, elle est beaucoup moindre que dans le second, et, si l’on doit employer dans toute leur concentration le révélateur alcalin ou au fer, dont il sera parlé plus loin, elle se réduit avec un objectif simple, diaphragmé d’un vingtième de la distance focale, savoir : pour le cliché du
verre orangé, à 2 ou 3 minutes en plein soleil; 2"^ pour le cliché du verre vert, au quart environ de la pose précédente ; et 3^^ pour le cliché du verre violet, au huitième environ de la même pose. Avec un objectif double à portrait, les trois poses ajoutées l’une à l’autre se réduisent à un total de 10 à 20 secondes, ce qui permet de saisir notamment les effets de nuages.
Il faut doubler ou tripler chacune des poses si l’on fait usage du préservateur; nonobstant cette augmentation de durée, la prise des paysages ne laisse pas que d’être possible dans le plus grand nombre des cas.
Ponr assurer une action plus uniforme du révélateur et neutraliser le moutonna^e qui résulterait d’une couche inégale de collodion, il est utile de traiter d’abord la glace par une solution très-concentrée de bromure de potassium seul, en l’immergeant pendant une minute environ dans un
bain composé de :
Eau distillée 100 c. c.
Bromure de potassium 30 grammes.
Bromure d’argent (1) à saturation.
(1) Pour saturer de bromure d’argent la solulion de bromure de potassium, on ajoute à celle-ci, goutte à goutte, une solution de nitrate d’argent à 2 p. 100, jusqu’à ce que le liquide, que l’on doit agiter, cesse de dissoudre les grumeaux de bromure d’argent qui se forment; à ce moment, on doit filtrer.
1 partie.