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TIRAGE DES ÉPREUVES POSITIVES EN COULEUR

c’est-à-dire le groupe qui s’étend de l’indigo jusqu’au violet extrême. On obtient ce résultat avec le vernis vîolel-pensée étendu en une couche unique sur une glace qui doit être placée devant l’objectif.

Tirage des épreuves positives en couleur. — Il

existe plusieurs moyens d’imprimer les trois images monochromes d’après les trois clichés héliochromiques, mais celui que préfère l’auteur du procédé est l’emploi du papier au charbon dont la mixtion a été faite avec des couleurs appropriées, qui sont : le earmin, le bleu «le Prusse et le jaune d’or. Nous n’entrerons pas ici dans les détails de la fabrication du papier au charbon, que nous avons donnés, du reste, dans un des chapitres qui précèdent; néanmoins, nous croyons utile de faire connaître les dosages qui conviennent le mieux pour chacune des trois couleurs employées, avec la proportion de gélatine et d’eau qui doit former la mixtion colorée dont on aura à recouvrir chaque feuille de papier, sans employer la machine à rouleaux indiquée précédemment pour cet usage.

Pour les trois mixtions, le poids de la gélatine sera le même pour une quantité d’eau déterminée; celui de la matière colorante seul pourra différer.

Les proportions pour chacune des trois mixtions seront les suivantes :

Mixtion rouge.

Gélatine blanche très-soluble 100 grammes.

Eau ordinaire 1.250 c. c.

Carmin en poudre (dit Nacaral) 3 grammes.

Mixtion bleue.

Gélatine blanche très-soluble 100 grammes.

Eau ordinaire 1.250 c. c.

Bleu de Prusse en tablettes pour aquarelles 3 grammes.

Mixtion jaune.

Gélatine blanche très-soluble* 100 grammes.

Eau ordinaire 1.250 c. c.

Jaune d’or (sulfure d’arsenic) . ...... 12 grammes.

La température de la pièce où se fabrique le papier au charbon doit être tenue, pendant la préparation, à 20° centigrades au-dessus de zéro. Celle de la mixtion, lorsqu’on en recouvre le papier, sera, en moyenne, de 40 à 50°.

Lorsqu’on veut préparer du papier mixtionné par recouvrement sans l’emploi d’une machine à rouleaux, on placera une glace bien de niveau sur un pied à caler, la feuille de papier de même dimension sera posée mouillée à la surface, le tout sera bordé par un cadre en bois ou en papier formant cuvette, et la quantité nécessaire de mixtion chaude sera versée sur le papier, de façon à couvrir foute la surface d’une couche aussi uniforme que possible.

La mixtion ayant fait prise, on suspend la feuille pour sécher dans une pièce convenablement aérée et exempte de toute poussière.

La sensibilisation des trois papiers, dont nous avons donné les formules, se fait par immersion dans un bain alcoolique de bichromate ainsi composé :

Eau ordinaire 670 c. c.

Alcool à 36 degrés 330 —

Bichromate d’ammoniaque pure 50 grammes.

Sucre blanc do 40 à 60 — suivant

l’état hygrométrique de l’air.

Le temps de l’immersion peut varier de 2 à 5 minutes, suivant la température et suivant le modelé qu’on veut donner aux monochromes. Le séchage se fait comme d’habitude, mais on fera en sorte de l’activer autant que possible. Après dessiccation, on procède au tirage de la façon qui va être expliquée :

Chacun des clichés monochromes, ayant été bordé tout autour d’une petite bande de papier jaune ou noir, est placé dans un châssis-presse, et, comme nous l’avons indiqué précédemment, le papier mixtionné ronge sera mis en contact avec le cliché obtenu par la Imnière verte, tandis que le papier bleu sera placé sous le cliché fait à travers la lumière orangée; le papier jaune, de SOn côté, sera mis SOUS le cliché de la lumière violette, et les trois châssis

DÉVELOPPEMENT DES IMAGES oG 1

seront exposés à ime boime lumière diffuse, comme cela se fait pour les épreuves aux sels d’argent.

Contrairement au système d’impression des images au charbon, le photomètre n’est pas nécessaire, car en observant le monochrome jaune pendant l’exposition, on peut en suivre les progrès, qui se manifestent par un roussisseuicnt (le!$ plus apparents.

A la vérité, la pose, pour les trois préparations, n’est pas la même; mais, étant connue une fois pour toutes leur sensibilité relative, le jaune sert invariablement de régulateur. Cette sensibilité peut se formuler de la sorte : si la pose pour le rouge est égale à 1 , celle du bleu sera approximativement égale à 2, et celle du jaune à 3.

En effet, si l’on expose simultanément les trois papiers à la lumière sous leurs trois clichés respectifs, et en faisant usage, comme il a été dit, de trois châssis différents, oh arrêtera la pose du roii^e lorsque, guidé tout à la fois par les indications d’une montre et par le degré de roussissement du dessin que fournit la préparation jaune, on appréciera que celui-ci est formé au tiers. On arrêtera l’exposition du bleu lorsque, guidé à la fois par une durée de pose qui sera, à lumière égale, le double environ de celle du rouge, et par les progrès du roussissement, on jugera l’empreinte achevée. Enfin, on arrêtera la pose du jaune lorsque, guidé par une durée qui doit, à lumière égale, dépasser de moitié environ celle de l’exposition du bleu, on en conclura que le jaune est, à son tour, complet.

Voici maintenant quelques données générales sur la durée d’exposition des trois monochromes :

Par une température de 20“ environ et par une belle lumière, en faisant usage de trois clichés bien transparents, la pose sera d’environ trois à quatre minutes pour le monochrome rouge, de six à huit minutes pour le bleu, et de dix à douze minutes pour le jeune.

Il vaut mieux poser trop que trop peu.

Développement des images. — La méthode de développement indiquée par M. Ducos du Hauron pour

SG

les trois monochomes destinés à former l’image liéliochromique, diffère essentiellement de celle que l’on emploie généralement, dans le travail ordinaire, pour les épreuves au charbon ; cette différence d’opération a pour cause la dilatation inégale des trois papiers mixtionnés lorsqu’on les plonge dans l’eau froide avant leur application sur le support provisoire, et pour que la juxtaposition des trois images, après leur développement, se fasse d’une façon très-exacte, et que toutes les lignes du dessin coïncident et se confondent en une seule image.

' Sur chaque verre destiné à recevoir un monochrome, on étend préalablement, à la manière du collodion, un enduit formé du liquide suivant :

Huile de lin cuite à la litharge, autrement

dit, vernis à l’huile 10 c. c.

Benzine ' 100 —

Cette solution doit être employée fraîchement préparée. On laisse sécher la couche à l’aîr libre pendant vingt-quatre heures environ, ou tout au moins jusqu’à ce qu’elle ait acquis une solidité convenable.

Un certain nombre de glaces peuvent être préparées à l’avance si on les conserve à l’abri de la poussière.

Toutes les séries de papiers mixtionnés qui ont reçu, dans la journée, l’impression lumineuse, seront alors immergées à la fois dans une cuvette contenant de l’alcool à 36«, et maintenues dans ce bain pendant trois bu quatre heures, le côté de la gélatine en dessous, et à l’abri de la lumière blanche; pour éviter l’évaporation de l’alcool, la cuvette pourra être recouverte pendant l’immersion. Après ce temps d’immersion, on fait glisser sous chaque feuille de papier une des glaces préparées, comme il est dit plus haut, en mettant en contact le côté huilé du verre avec la mixtion ; on enlève de l’alcool et on chasse les bulles d’air, s’il y en a, avec une raclette en caoutchouc; on place alors chaque glace, le papier en dessous, sur une table recouverte de trois ou quatre doubles de buvard, où elle est maintenue jusqu’à

SUPERPOSITION DES MONOCHROMES

dessiccatiou presque complète, après quoi elle est retournée et exposée à l’air libre.

S’il devait s’écouler un intervalle assez prolongé entre le moment où on retourne les verres et celui où on doit procéder à rimmersion dont il va être parlé, il serait prudent, par un temps chaud ou sec, de passer, à l’aide d’un pinceau, sur les bords du papier, une couche d’eau alcoolique sucrée (eau, 100 c. c.; alcool à 36'^, 100 c. c.; sucre blanc, 100 gr.), pour éviter que le papier se détache du verre où il est appliqué. Ces opérations doivent se faire, bien entendu, dans un laboratoire éclairé par un verre jaune.

Après évaporation complète de l’alcool, chaque verre sera immergé dans une cuvette remplie d’eau froide où il pourra séjourner plusieurs heures, et même une nuit entière, sans inconvénient.

Lorsqu’on veut dépouiller l’image, on retire la glace de l’eau froide pour la plonger dans une autre cuvette contenant de l’eau tiède dont on élève la température à volonté, et on procède alors comme il a été indiqué précédemment pour les épreuves au charbon; quand l’image est suffisamment dépouillée, elle est lavée, puis alunée et lavée une dernière fois, et enfin abandonnée à la dessiccation.

Superposition des monochromes. — Comme opération prélimingiire avant la superposition des trois images, on devra couvrir chacune d’elles, alors qu’elle est encore sur la glace, d’une couche légère de gélatine chaude à 10 p. 100, qui a pour effet de remplir les creux et d’unir la surface; ce travail est, du reste, fort simple, car il suffit de mouiller la glace à l’eau froide, puis de la badigeonner avec un large pinceau plat (préalablement humecté d’eau pure, pour éviter la formation des bulles) trempé dans la gélatine ; les inégalités d’épaisseur ayant peu d’importance, on peut opérer largement.

Cette légère cuirasse dont on revêt isolément chaque monochrome permet d’employer comme support définitif un papier gélatiné à couche moins épaisse que si on n’employait pas cette précaution.

oG4 LA PHOTOGRAPHIE EN AMÉRIQUE

Au fur et à mesure de leur application, les couches de gélatine formant cuirasse doivent être passées dans un bain d’alun à 2 p. 100, puis lavées.

Le papier gélatiné incolore, qui aura été aluné comme tous les autres éléments de l’héliochromie, est adapté par l'eau froide, selon la méthode usuelle, au verre huilé porteur du monochrome jaune. Ce monochrome, n’étant pas doué de la transparence des deux autres, a par cela même sa place marquée à l’étage inférieur de l’héliochromie ; c’est donc par lui que l’on commence.

Le papier doit être coupé d’une dimension plus grande que l’épreuve et moins grande que le verre; après application, on fait sécher à l’étuve ou à l’air libre, après avoir mouillé le bord du papier avec de l’eau sucrée, comme il a été indiqué précédemment, pour empêcher le décollement prématuré de répreuve. Une fois la dessiccation accomplie, on immerge dans une cuvette contenant de l’alcool à 26® : 1® le verre porteur du monochrome jaune recouvert de son papier gélatiné; 2® le verre porteur du monochrome bleu non transporté, qu’il s'agit d’appliquer sur l’épreuve jaune immergée dans ce bain.

Après une heure ou deux environ d’immersion dans la solution, la gélatine se trouve suffisamment ramollie pour être détachée du verre; pour cela, on retire le monochrome jaune de la cuvette, on le pose à plat sur une table, et, avec la pointe d’un canif, on fait une incision tout autour du papier. Cela fait, sans laisser à l’alcool le temps de s’évaporer, on saisit le papier par un angle, et, en s’aidant du canif, on soulève à la fois la couche de gélatine du papier et la cuirasse du monochrome, que l’on détache du verre.

Ainsi enlevée de son support provisoire, cette épreuve, encore imprégnée d’alcool, est placée dans une seconde •cuvette plate contenant également de l’alcool à 26 degrés, pour être adaptée à l’épreuve bleue correspondante qui, elle aussi, a été retirée de la première cuvette et placée dans la seconde. On promène sur les deux surfaces qu’il s’agit de souder l’une à l’autre, un large pinceau doux, afin de les

SUPERPOSITION DES MONOCHROMES 5GÎ)

débarrasser des bulles qui pourraient y adhérer, et on procède à la superposition de la manière suivante :

On amène dans la cuveltc le papier porteur du monochrome jaune au-dessous du verre porteur du monochrome bleu, de telle sorte que les deux images se fassent vis-à-vis. On les relire du liquide, appliquées l’une contre l’autre selon la méthode habituelle, et on fait glisser le jaune sur le bleu, jusqu’à ce que la coïncidence soit parfaite, ce qui a lieu grâce à l’adaptation par l’alcool des deux papiers mixlionnés qui ont conservé ainsi des dimensions identiques; on redresse alors le verre porteur de la double image que l’on peut maintenir au besoin avec quelques pinces américaines placées autour, et on laisse sécher complètement cette image, en ayant soin, comme la première fois, de mouiller les extrêmes bords du papier avec de l’eau alcoolique sucrée.

Pour séparer du verre la double image qui vient d’être formée, et pour la souder à son monochrome rouge, qui est encore sur verre, on s’y prend exactement de la même manière que pour séparer du verre l’image jaune et pour l’unir à l’image bleue. On fera usage du même bain d’alcool, des mêmes cuvettes, des mêmes tours de main, etc., etc. Une immersion finale, toujours dans de l’alcool à 26 degrés, facilitera le détachement de la triple image d’avec le dernier verre, moyennant une incision préalable faite avec un canif tout autour du papier; l'image héliochromique sera alors formée, il ne restera plus qu’à la coller sur un »panneau revêtu d’un bristol, et de la vernir en versant sur l’image, à la manière du collodion, une couche de vernis blanc à tableaux, dilué de benzine et filtré.

Au lieu d’héliochromies destinées à être vues par réflexion, on peut à volonté les rendre transparentes pour en former des vitraux. Les opérations, dans ce cas, restent les mêmes, à l’exception de l’emploi du papier gélatiné incolore qui, au lieu d’être appliqué comme support définitif, devient un support provisoire destiné à être éliminé à l’eau chaude, après que la triple image aura été adaptée soit par l’eau froide, soit par l’alcool, au verre où elle doit rester; on comprend alors que ce papier gélatiné ne devra pas êlre aluné

comme il a été indiqué lorsqu’il devait servir de support définitif.

La Photochromie

Procédé ILéon Tidal

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