PROCÉDÉ DE M. EDWARDS
graphes, qui n’ont pas coutume d’imprimer sur de la gélatine, font difficilement, à cause de leur habitude de la pierre lithographique dont l’emploi et les manipulations sont tout différents.
M. Thiel a remarqué que les meilleurs imprimeurs pour son procédé, et ceux qui lui ont donné les meilleurs résultats, ont toujours été les tireurs photographiques intelligents (1).
Procédé de M. Edwards. — Le procédé de M. Edwards, comme celui de M. Thiel, est basé sur l’emploi de la gélatine bichromatée, et ne diffère du précédent que dans quelques parties de détail que nous allons indiquer, en donnant les formules qui nous ont été communiquées ; on devra donc, pour l’ensemble des opérations, s’inspirer de la précédente description qui peut s’appliquer, du reste, à presque tous les procédés de même nature.
Lorsqu’on emploie des glaces neuves, qui doivent toujours être parfaitement doucies, on frotte la surface bien nettoyée avec un peu de fiel de bœuf, puis on l’enduit d’une solution de cire selon la formule suivante, pour empêcher la gélatine d’adhérer :
Cire blanche 30 grammes.
Éther sulfurique à 60 degrés 9o c. c.
Alcool à 40 degrés 60 —
Après dissolution, on ajoute : .
Eau distillée 30 c. c.
Après cette première préparation, on couvre la glace d’une couche chaude de gélatine bichromatée, préparée de la manière suivante :
On fait gonfler pendant une heure ou deux 95 grammes de
(i) Malgré tous les soins que nous avons mis à décrire le procédé du tirage aux encres grasses, tel qu’il est pratiqué dans les ateliers de M. Thiel, 77, rue Lacondamine, à Paris, il est probable qu’un commençant rencontrera plus d’une difficulté par suite des tours de mains inhérents à tout procédé, et à l’habitude des manipulations que la pratique seule peut donner; on pourra, dans ce cas, s’adresser directement à M. Thiel, qui se charge de faire des démonstrations pratiques à toute personne que cela intéressera;
gélatine Nelson dans 325 c. c. d’eau filtrée à la température de 1 5 degrés centigrades ; on fait ensuite dissoudre la gélatine au bain-marie, en remuant continuellement et en ayant soin que la température du liquide n’excède pas 43 degrés centigrades; après dissolution complète, on ajoute 6 c. c. de glycérine, puis on filtre à travers une flanelle propre.
On doit préparer, d’autre part, une solution sensible composée de :
Bichromate de potasse. . . . 0 gr. 60.
Alun de chrome 1—25,
Eau fdtrée 45 c. c.
Par les temps froids, la proportion de bichromate de potasse devra être augmentée d’un tiers.
La solution sensible est ajoutée à la gélatine, maintenue chaude à la température de 40 degrés centigrades.
Quand la couche de gélatine qui a été versée sur la glace a fait prise, et qu’elle a acquis assez de consistance pour qu’on puisse dresser la glace sans qu’elle coule, on la met dans une étuve à air chaud, où la température ne devra pas dépasser 24 degrés centigrades. La gélatine est maintenue à cette température et à l’abri complet de la lumière jusqu’à parfaite dessiccation ; arrivée à cet état, elle se décolle facilement et tombe parfois seule de la glace : elle est alors prête à servir; on l’expose ensuite à la lumière diffuse sous un cliché négatif retourné, de façon que le côté qui a été en contact avec la glace dépolie reçoive l’impression. Pour le temps de pose, on se sert d’un photomètre dans lequel on a placé une bande prise à la gélatine même, pour remplacer le papier sensible à l’argent; on a alors un guide beaucoup plus sûr pour l’insolation. Lorsque l’impression est jugée suffisante, on expose à la lumière le côté opposé de la gélatine, c’est-à-dire le côté brillant; cette opération a pour but d’empêcher un trop grand gonflement de la gélatine et de lui permettre une plus grande adhérence au support ; cette insolation doit durer jusqu’à ce que la couleur soit devenue deux fois plus intense qu’avant l’exposition.
On applique alors la gélatine sur une feuille de zinc d’une