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IMPRESSION PHOTOGRAPHIQUE

une demi -heure. On procède ensuite à un bon lavage de la plaque dans une lessive de potasse ou de soude, pour enlever l’encre résineuse qui se trouve dans tous les creux, puis on termine en la rinçant à grande eau. On découpe alors à la scie toutes les parties qui doivent rester blanches pour servir de soutien au rouleau lithographique, puis on monte cette plaque de zinc, qui est devenue un cliché typographique, sur un bois d’épaisseur pour entrer dans la forme de l’imprimeur.

Impression photographique aux poudres inertes par les sels de fer, — Outre les procédés décrits précédemment, M. Poitevin a fait connaître un second mode d’impression photographique au charbon ou à toute autre substance colorante inerte par les sels de fer au maximum (perchlorure de fer), dont la composition chimique est modifiée par la lumière, lorsqu’ils sont mis en présence de l’acide tartrique, qui enlève à ces sels la propriété d’être déliquescents, tant que le mélange reste dans l’obscurité, et qui les rend hygroscopiques partout où la lumière agit.

La liqueur sensibilisatrice se prépare en faisant dissoudre, d’une part, 22 grammes de perchlorure ordinaire dans 60 centimètres cubes d’eau, et d’autre part, 8 grammes d’acide tartrique dans 60 centimètres cubes d’eau; les deux solutions sont filtrées séparément, puis réunies, et on y ajoute 80 centimètres cubes d’eau environ : le mélange ainsi fait sera tenu à l’abri de la lumière.

Lorsqu’on veut opérer, on prend une glace dépolie d’un côté, à grain très-fin, de celles que l’on appelle doucies; après l’avoir nettoyée convenablement, puis séchée, on verse sur le côté dépoli une quantité suffisante de la liqueur sensibilisatrice précitée, pour que toute la glace soit recouverte, puis on fait égoutter l’excès du liquide en appliquant une bande de papier Joseph aux deux extrémités de la glace, qui est ensuite abandonnée à la dessiccation spontanée^ pendant douze heures environ, à moins qu’on ne veuille employer la chaleur artificielle. On devra éviter la poussière, en plaçant la glace, le côté enduit en-dessous, dans une position presque verticale.

L’impression se fait derrière un négatif verni au copal, dissous dans l’alcool, le côté sensibilisé de la glace est mis en contact avec le côté verni du cliché, et on expose le tout, soit à la lumière solaire, soit à la lumière diffuse, pendant un temps à peu près égal à celui nécessaire pour l’impression au chlorure d’argent.

Au sortir du châssis, l’image, très-peu visible d’abord, se dessine bientôt plus franchement en blanc sur fond jaune, au fur et à mesure que la couche s’imprègne de l’humidité de l’air, qui se porte sur les parties qui ont reçu l’action de la lumière. On applique alors sur toute la surface, avec un blaireau bien doux, la poudre de charbon ou toute autre substance colorante avec laquelle on veut produire le dessin; cette poudre ne se fixant que sur les parties impressionnées et en quantité proportionnelle à la lumière qui a traversé le cliché, le dessin prendra bientôt toute sa valeur.

L’image ainsi terminée pourra être conservée sur la glace pour être vue par transparence; il suffira, pour la conserver, de la vernir ou de la recouvrir d’un verre préservateur.

En remplaçant le charbon ou les couleurs végétales par des oxydes métalliques ou des émaux en poudre, on pourra, en opérant la fusion dans une moufle, former à la surface du verre ou de tout autre subjectil, tels que plaques de porcelaine, verre, etc., un dessin parfaitement inaltérable, dans le genre des peintures de Sèvres ou des peintures sur verre.

Si on préférait transporter l’image sur papier, il suffirait de recouvrir le dessin d’une couche de collodion normal, puis de plonger la glace dans l’eau ordinaire, jusqu’à ce que l’aspect huileux de la couche ait disparu, après quoi on passerait à la surface une solution d’acide chlorhydrique largement étendue d’eau, pour détruire l’adhérence de la pellicule de collodion à la glace; on lavera ensuite pour chasser toute trace d’acide, et on appliquera une feuille de papier non collé, préalablement humectée, un peu plus petite en tous sens que le dessin, en ayant soin de chasser les bulles d’air et d’établir un contact parfait; on ramène tout autour les parties de la couehe de collodion qui dépassent cette feuille de papier, que l’on soulève avec précaution

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