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varient à Tinfini, selon la quantité de vapeur qui les forment et selon la manière dont elles s'arrangent en s'unissant, ce qui dépend beaucoup de la direction et des différents degrés de vitesse que les vents leur donnent.
'< Les nuées ne sont pas toutes également élevées, parce que, comme il faut qu'elles soient toujours en équilibre avec Tair dans lequel elles flottent, et que ce fluide est plus rare à une plus grande distance de la terre, les vapeurs les plus subtilisées peuvent se soutenir où les plus grossières se trouveraient trop pesantes. C'est pourquoi les nuages épais, qui sont prêts à se fondre en pluie, sont ordinairement fort bas. Ceux qui voyagent sur les hautes montagnes, comme celles des Alpes et des Pyrénées, passent souvent à travers des nuages qui dérobent la terre à leurs yeux après leur avoir caché le ciel. On observe qu'à ces hauteurs la terre est toujours fort humectée par les nuages qui viennent s'y briser, ce qui contribue beaucoup à entretenir ces torrents et ces sources qu'on voit si fréquemment au pied et aux environs de ces mêmes montagnes. Aussi, dans le temps même qu'il ne pleut point, les nuées sont autant de voies d'eau que les vents distribuent en différentes contrées, et qui vont s'épuiser contre les montagnes, d'où
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elles se répandent ensuite dans les plaines par les canaux souterrains que la nature y a pratiqués. Les nuées n'étant autre chose que des brouillards fort élevés, elles sont, à Tégard de ces montagnes, ce que les brouillards sont à regard des plaines qu'ils humectent abondamment lorsque le soleil les dissipe en les raréfiant ^ »
Quelques années après la publication de son Traité^ il revient sur la même question dans ses Mémoires sur la Météorologie {ilSS). Il y résume les recherches que Tillustre botaniste Lamark avait exécutées, et il s'autorise de leurs résultats pour proposer une classification des nuages basée sur leur forme. Il les partage en deux classes seulement : les nuages étendus et les nuages groupés. Voici le passage qui nous intéresse. « En hiver et dans les nuits d'été, les nuages sont fort étendus et non groupés ; dans les temps chauds au contraire, ils sont profonds, festonnés et groupés, et représentent mille figures bizarres ; cette différence de nuages groupés ou non groupés vient de la présence du soleil qui rend groupé ce qui ne Tétait pas auparavant.
L'air renfermé dans le nuage ne se raréfie pas
1 Cotte, Traité de Météorologie. Paris, 1714, in-4^, p. 47 et seq.
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autant que celui qui est exposé à Faction immédiate du soleil ; Tair extérieur aux nuages, étant raréfié, comprime celui qui est renfermé, et de là les nuages groupés et plus profonds, plus denses que lorsque l'air est moins raréfié. Quand le soleil est couché, les nuages s'étendent, parce que l'air qui les environne, se condensant, presse moins l'air que les nuages renferment. Si l'air qui environne un nuage se trouve tout à coup privé de l'action du soleil, il se condense sjibitement ; l'air comprimé du nuage se dilate aussitôt avec force, et de là les coups de vent, les tourbillons, etc. ; les trombes s'expliquent de même par un dégroupement subit d'un nuage dont l'air concentré se dégage avec force pour se remettre en équilibre avec l'air dans lequel il a été porté, ce qui exclut la colonne ascendante d'air qu'on suppose dans ce phénomène : ces nuages extrêmement concentrés laissent échapper, quand ils se dilatent, l'eau qu'ils contenaient et qui tombe souvent en grêle, parce que l'air du nuage était beaucoup plus froid que celui avec lequel il tend à se remettre en équilibre...
« Les temps calmes sont plus favorables au groupement des nuages, et voilà pourquoi les calmes précèdent toujours les tempêtes, les
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trombes, etc. Les nuages ne se groupent que lorsque le vent souffle du sud, parce que, lorsqu'il souffle du nord, il contre-balance Faction du soleil qui tend à raréfier Tair extérieur. Les nuages ont bien plus de pente à se grouper au printemps, en été et en automne qu'en hiver, et de là la diff'érence dans la manière dont les pluies tombent dans ces diff'érentes saisons ^ » Telles étaient les vues des physiciens sur les nuages à la fin du xviii® siècle.
1 Cotte, Mémoires sur la Météorologie. Paris, 1788, 2 vol. in-4% 1. 1, p. 209-210.
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