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L.\ PHOTOGRAPHIE AU GÉLATINO-BROMURE D'ARGENT

étudié par MM. Maddox, King et Jolinston, Kènnett, Benett et le capitaine Abney. En Belgique, M. le docteur V. Monchkoven a publié les résultats de ses consciencieuses recherches dans la septième édition de son Traité général de photographie.

En France, M. Alfred Chardon, si bien préparé par ses travaux antérieurs sur le collodion bromure, a publié ses formules et ses procédés opératoires dans un volume intitulé : Photographie par émulsion sensible (lu bromure d'argent et de gélatine.

Enfin M. Bascher, habile amateur de Nantes, a présenté un exposé complet sur le gélatino-bromure d'argent, en une petite brochure dans laquelle il décrit d'une manière très claire, très pratique, les préparations relatives au nouveau procédé.

Nous renvoyons, pour plus de détails, le lecteur à ces divers ouvrages, ne pouvant donner ici que la description des formules que nous avons adoptées après bien des essais pour notre usage personnel.

Nous avons déjà parlé des nombreuses qualités qui distinguent le nouveau procédé; avant d'entrer dans la description de la préparation du gélatino-bromure, nous allons en faire ressortir les avantages.

D'abord la préparation du gélatino-bromure n'exige qu'un matériel spécial peu dispendieux, que les amateurs pourront fabriquer eux-mêmes ; la préparation en est facile, bien qu'elle nécessite, comme d'ailleurs tous les procédés, une certaine habitude des manipulations photographiques, de l'attention et de l'observation. Le gélatino-bromure est sensible à toutes les couleurs du spectre, cependant la partie rouge est celle qui agit

OPERATIONS ET PR0CI':DKS PHOTOfinAPUTOURS.

le moins; c'est donc cette couleur que l'on devra adopter pour les verres qui doivent tamiser la lumière du laboratoire, on devra les choisir d'un rouge très foncé et les monter sur deux châssis pouvant se superposer, afin d'en doubler l'effet. Les clichés obtenus par le gélatino-bromure seront donc plus harmonieux que ceux des anciens procédés, puisqu'il est plus également sensible à toutes les parties du spectre, surtout dans le vert et le jaune. Lorsque l'émulsion au gélatinobromure est préparée, on peut la dessécher pour la conserver dans des boîtes en carton ou des flacons à l'abri de la lumière et de l'humidité; pour l'employer, il suffit de la dissoudre à chaud dans deux fois son poids d'eau et de l'étendre en couches régulières sur des glaces préparées. Mais il est beaucoup plus simple de recouvrir les glaces immédiatement après la préparation de l'émulsion. Lorsque la gélatine est prise, on peut se servir des glaces humides, ou bien encore attendre leur parfaite dessiccation, ce qui demande environ vingt à vingt-quatre heures; dans cette condition, elles peuvent se conserver très longtemps, mais en les tenant à l'abri de l'humidité et de la lumière, dans des boîtes à rainures. On comprend combien ce procédé est avantageux pour la photographie en plein air, puisqu'il supprime le matériel fragile, lourd et encombrant que nécessitait le collodion humide.

M. D. Monchkoven veut aller plus loin encore, car il cherche à substituer le papier au verre pour servir de support aux couches sensibles de gélatino-bromure ; si l'on ajoute à cela que pour révéler l'image après la pose on n'a besoin que d'un nombre de réactifs assez

LA PHOTOItRAPHIE AU r.Ér.ATINO^nHOMURE D'ARfiENT.

restreint, dont l'emploi ne présente aucune difficulté, et que d'ailleurs on peut retarder de plusieurs heures cette opération, ce qui permet, en voyage, de ne la faire que le soir au moment de la halte, on voit quel précieux auxiliaire les savants et les missionnaires trouveront dans ce nouveau procédé, qui leur permettra de rapporter des images fidèles et facilement obtenues, des objets soumis à leurs études.

Sous le rapport de la sensibilité, le gélatino-bromure ne laisse rien à désirer; il est peut-être le plus rapide de tous les produits employés, puisque l'on peut obtenir des couches sensibles impressionnables en quelques fractions de seconde, même à la lumière artificielle; pour les portraits d'enfants, c'est une grande qualité. Pour les opérations en plein air, cette grande sensibilité devient un défaut, et pour éviter les voiles, on est obligé d'envelopper tout l'appareil jusqu'au tube de l'objectif dans un sac de toile épaisse, car le moindre disjoint dans l'ébénisterie suffit pour impressionner la plaque : c'est pourquoi quelques opérateurs ont proposé de préparer l'émulsion avec de la bière, afin d'en diminuer la sensibilité.

Comme nous l'avons dit, les glaces au gélatino-bromure conservent leur sensibilité très longtemps, ce qui permet de les préparer en grand nombre, en sorte que l'amateur qui ne veut pas s'astreindre à les faire luimême, et qui veut éviter de se noircir les doigts, trouve dans le commerce des glaces parfaitement préparées et d'un prix relativement modéré.

Les glaces sèches ont aussi l'avantage sur les procédés humides de ne pas mouiller et détériorer les

140 OPÉRATIONS ET PROCÉDÉS PHOTOGRAPHIQUES, châssis et les chambres nonces, qui souvent refusent le service par suite du gondement du bois.

On peut exposer les glaces gélatinées à rebours, c'est-à-dire la couche sensible placée derrière le verre ; l'image conserve toute sa finesse, mais la pose doit être un peu allongée; par ce moyen on obtient un cliché retourné qui évite le transfert de l'épreuve, lorsque le tirage doit se faire par les procédés dits au charbon. Enfin, comme nous allons le voir, on peut corriger jusqu'à un certain point les excès ou les manques de pose.

Préparation de l'émulsion au g^élatino-bromure

d'argent. — La préparation de Fémulsion se fait à chaud au bain-marie à une chaleur aussi douce que possible ; celle de la veilleuse est meilleure, parce que l'on peut la modérer ou l'augmenter à volonté en l'éloignant ou en la rapprochant du vase à chauffer.

La table laboratoire que nous employons se compose d'une tablette à rebords reposant sur quatre pieds, cette tablette est percée de deux trous dans lesquels on introduit deux vases en fer-blanc formant les bains-marie destinés à chauffer Fémulsion contenue dans les flocons à larges ouvertures; à gauche on a réservé une étuve en tôle pouvant contenir deux glaces à réchauffer.

Le dessous de la tablette est occupé par un compartiment clos de toutes parts, dans lequel on place les veilleuses. Le devant est fermé au moyen d'un rideau qui cache la lumière.

Préparation de la gelée (n*" 1) : eau, 100 gr. ; gélatine blanche de bonne qualité, 15 gr.; faites tremper la gélatine dans l'eau froide pendant une heure et dissoudre ensuite au bain-marie à la température de 40''.

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Bromure (n'' 2) : eaii, 50 gr. ; bromure d'ammonium, 8 gr. ; gelée chaude, 10 centimètres cubes. Pour le paysage on remplace un gramme de bromure d'ammonium par un gramme de bromure de zinc, afin d'obtenir des clichés plus vigoureux. Faites chauffer de 60 à 70^

Bain d'argent (n"" 3) : cau IVoidc, 50 gr.; nitrate d'argent, 12 gr.; eau pour rincer l'appareil, 15 gr.

On ne doit employer que de l'eau distillée pour ces diverses solutions. Cependant si on veut obtenir plus de sensibilité on peut remplacer l'eau dans le n^l et le n"" 2 par de l'urine fraîche ; si au contraire on veut la diminuer, on y mettra de la bière non aigrie.

On fait dissoudre le nitrate d'argent dans un entonnoir à robinet et couché à l'émeri.

Toutes ces préparations peuvent se faire à la lumière ordinaire ; lorsqu'elles sont achevées, on ferme le laboratoire et on n'y laisse pénétrer qu'une faible lumière rouge. On prépare le bromure dans un flacon à large ouverture pouvant se boucher et que l'on place sous l'entonnoir à robinet ; on ouvre doucement le robinet de manière à ne laisser tomber que goutte à goutte une portion du nitrate d'argent contenue dans l'entonnoir, en ayant soin d'agiter sans cesse le flacon au bromure. L'écoulement cesse au bout d'un certain temps à cause du manque d'air à la partie supérieure ; on ferme alors le robinet et on bouche le flacon au bromure, que l'on secoue vigoureusement pour diviser le précipité formé, on soulève un peu le bouchon pour faire rentrer l'air de l'entonnoir et on laisse de nouveau couler une certaine quantité de nitrate d'argent en prenant les

mêmes précautions, et ayant soin de réchauffer le flacon de bromure ]30ur maintenir la température à 50 ou 60 degrés.

On opère ainsi jusqu'à complet épuisement du nitrate d'argent, on ajoute alors les 15 grammes d'eau, et on rince l'entonnoir, on laisse écouler le restant du liquide par gouttes dans l'émulsion; l'opération ainsi terminée, on bouche le flacon, on le secoue vivement et on le reporte dans l'eau chaude à 100 degrés pendant un quart d'heure, en ayant soin d'agiter le liquide de temps en temps.

En opérant ainsi, on obtient une émulsion verdâtre très sensible à la lumière, on ajoute alors le restant de la gelée, on chauffe le tout pendant une demi-heure ou trois quarts d'heure, en ayant soin de boucher le flacon de temps en temps et d'en agiter fortement le contenu pour le rendre bien homogène.

L'émulsion est ensuite coulée en couche mince dans le fond de six assiettes froides où elle se coagule.

Lavage de l'émulsion. — Lorsque la gélatine est devenue bien ferme, on la coupe en morceaux avec une carte, et on dépose les morceaux dans un sac de canevas assez gros, que l'on presse sous l'eau, et la gélatine se divise en vermiculures que l'on agite dans l'eau avec une baguette de verre afin de débarrasser l'émulsion du nitrate d'ammonium, qui est nuisible.

Au bout d'une demi-heure, on tamise l'eau sur un canevas plus fin que le premier, tendu sur un cadre en bois ; l'émulsion reste sur le canevas, on achève le lavage en jetant dessus une grande quantité d'eau, et laissant baigner pendant une demi-heure dans le

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récipient ; lorsqu'on suppose Fémulsion suffisamment lavée, on laisse égoutter sur un filtre en mousseline ; si on veut conserver l'émulsion sèche, on la lave une dernière fois dans de l'alcool méthylique et on la dépose pour la faire sécher dans l'obscurité par petits fragments, sur des verres légèrement frottés de cire blanche, pour empêcher l'adhérence. Lorsque la dessiccation est complète, après vingt-quatre heures, on détache l'émulsion avec un couteau de bois, et on la renferme dans des flacons bien bouchés, que l'on tient à l'abri de l'humidité et de la lumière ^ Si, au contraire, on veut préparer de suite les glaces, ce qui est préférable, pour simplifier les manipulations, on recueille l'émulsion dans un flacon, et on ajoute de l'eau pour ramener le volume à 300 centimètres cubes, on chauffe pour faire fondre la gélatine, on agite vigoureusement le produit pour rétablir l'homogénéité, et on le filtre sur une touffe de laine cardée.

manière d étendre Témulsion sur les glaces. — Le nettoyage des glaces se fait comme pour les autres procédés, seulement pour assurer l'adhérence de la gélatine, et afin d'éviter les soulèvements au développement, qui sont la cause principale d'insuccès, on plonge les glaces dans un liquide composé de :

Bière, 1000 gr. ; alun de chrome, 20 gr. ; sucre, 20 gr. On enlève les bulles avec une petite éponge et on laisse sécher.

^ Au moment de l'employer, on dissout l'émulsion sèche dans dix fois sou poids d'eau pure. On peut aussi conserver l'émulsion liquide dans de petits flacons bouchés à l'éraeri, en ayant soin de les remplir et de recouvrir à la surface avec un peu d'alcool. L'émulsion devient plus rapide, ^ascher.)

Lorsque les glaces sont sèches, ou les fait légèremeut chauffer dans Tétuve, et on verse sur chacune d'elles une certaine quantité d'émulsion que l'on étend comme du coUodion; si l'on éprouve quelque difficulté, on aide la couche à se former au moyen d'une baguette de verre, il faut qu'elle soit assez épaisse. Ce travail doit se faire au-dessus d'une large cuvette dans laquelle on laisse écouler le gélatino en excès, sauf à le reprendre après. Lorsque la couche sensible est étendue, on dépose la plaque sur une glace ou sur un marbre parfaitement horizontal : au bout d'un quart d'heure, la gélatine est coagulée, et la glace est placée sur des supports disposés ad hoc dans une armoire bien sèche, aérée et à l'abri de la lumière; la dessiccation se fait en vingt-quatre ou trente heures.

Les glaces sèches sont empaquetées dans des papiers noirs ou mieux encore placées dans des boîtes à rainures ; mises à l'abri de l'humidité et de la lumière, la sensibilité se conserve indéfiniment.

Comme nous l'avons dit, les glaces peuvent sans inconvénient être exposées lorsqu'elles sont humides ; après que la gélatine est prise, le développement se fait comme pour les glaces sèches.

Temps de pose. — La pose varie naturellement avec la sensibilité des glaces, et avec l'éclairage du sujet à reproduire : chaque série de plaques préparées avec la même émulsion devra être essayée dans des conditions aussi identiques que possible d'éclairage et d'appareils, afin de déterminer la durée de la pose.

Développement. — Il existe de nombreuses formules de développements, nous n'en donnons ici qu'une seule,

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qui se recommande surtout par sa simplicité et qui, employée par un habile praticien, M. Fûrst, donne d'excellents résultats.

Révélateur au fer. — 1^ Préparez dans un flacon et fdtrez : eau, 1000 grammes; bon vinaigre blanc, 100 grammes; alcool, 30 grammes; sulfate de fer, 50 grammes. Laissez dissoudre et filtrez.

2"" Dans un autre flacon mettez : eau, 1000 grammes; oxalate neutre de potasse, 300 grammes; bromure d'ammonium, 1 gramme.

Mettez dans une cuvette de porcelaine 100 grammes du deuxième flacon dans lequel vous versez doucement et en agitant sans cesse 100 grammes du premier flacon. Dans le bain ainsi préparé, plongez votre glace impressionnée sans temps d'arrêt et balancez doucement la cuvette ; en une demi-minute les grandes lumières apparaissent, en trois minutes le cliché doit être développé dans toutes ses parties si la pose a été bonne.

S'il y a excès de pose, ce qui se voit à la rapidité de la venue de l'image, retirez la glace du bain et ajoutez quelques gouttes d'une solution de bromure d'ammonium au dixième.

Si au contraire il y a manque de pose, on prolonge pendant un certain temps l'action du révélateur, et l'on ajoute quelques gouttes d'ammoniaque liquide.

Lorsque l'épreuve est suffisamment venue, on la lave à grande eau, et on la met dans un bain d'hyposulfite de soude à 10 pour 100 où on la laisse séjourner quelque temps pour la dépouiller ; on retire ensuite l'épreuve, qu'on lave doucement sous un filet d'eau et on la dépose dans un baquet d'eau pure.

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Quand toutes les glaces sont développées, on les examine à la lumière, et si quelques-unes ont besoin d'être renforcées, vous les plongez dans un bain composé de: eau, 1000 grammes; bichlorure de mercure, 20 grammes ; bromure d'ammonium, 20 grammes.

L'épreuve blanchit rapidement ; plus elle blanchit dans ce bain, plus elle se renforcera lorsqu'on la plongera dans le bain suivant : eau, 1000 grammes ; ammoniaque liquide, 150 grammes. L'image noircit rapidement et monte au degré voulu, elle est ensuite lavée et abandonnée vingt minutes dans un bain contenant : eau, 1000 grammes; alun, 100 grammes; alcool, 60 grammes.

Lavez ensuite une dernière fois jusqu'à ce que l'eau coule en nappe à la surface de l'épreuve et laissez sécher; l'image est ensuite retouchée et vernie comme une glace au collodion dont elle a toute l'apparence. Le tirage des épreuves n'a rien de particulier.

Par ce qui précède, on voit que de toutes les mani pulations photographiques qui viennent d'être décrites, pas une seule ne présente de difficultés sérieuses, et qu'avec un peu d'attention et de soin on peut arriver rapidement à se rendre maître du nouveau procédé qui est appelé à être encore plus apprécié des praticiens, lorsqu'il sera mieux connut

Obturateur chronométrique . — M. le Coloncl Scbcrt

a présenté à la Société d'Encouragement, de la part de M. Paul Boca, un appareil de photographie qu'il a

* Nous avons emprunté les documents qui précèdent sur la photographie au gélatino -bromure d'argent à une excellente notice publiée par M. Demoget, dans le journal la Nature.

nommé obturateur chronométrique , et qui règle le temps de pose par fraction de 1 cinquantième de seconde.

Les photographes réclament depuis longtemps un appareil qui leur permette de régler avec précision le temps de pose, surtout quand il s'agit des opérations de la photographie dite instantanée, opérations qui se multiphent chaque jour, grâce à l'emploi de nouvelles substances extra-sensibles et, surtout, grâce à l'adoption de plus en plus fréquente du procédé au gélatino-bromure d'argent dont nous venons de parler en détail.

M. Boca s'est attaché â réaliser un appareil qui ne change rien aux habitudes des photographes, qui s'applique aisément aux chambres noires de toutes dimensions et qui laisse même les parties inférieures d'un paysage un peu plus longtemps exposées à la lumière que les parties supérieures, condition qui a été trouvée nécessaire pour obtenir des épreuves satisfaisantes dans ce genre de photographie.

L'appareil de M. Boca, construit par M. Redier avec son habileté bien connue, forme une petite boîte mesurant 16 centimètres de hauteur, 14 de largeur et 3 seulement d'épaisseur, qui peut s'appliquer sans difficulté sur la planchette antérieure de toutes les chambres noires, de telle sorte que l'appareil s'interpose entre cette chambre et l'objectif, qui vient se visser sur sa paroi antérieure (fig. 31).

Cette boîte renferme deux volets métalliques, se trouvant verticalement l'un devant l'autre, sous l'action de ressorts, qui tendent à abaisser l'un et relever l'autre. Un compteur chronométrique est placé sur la face anté-

150 OPÉRATIONS ET PROGÉDÉS^^PIIOTOGRAPHIQUES.

rieure de la boîte et présente son cadran au-dessous de l'objectif. Ce cadran porte une aiguille qu'on amène à la division correspondante au temps de pose. Dans ce mouvement, elle arme deux déclics qui retiennent, l'un, le premier volet relevé et obturant l'objectif, l'autre, le second abaissé, mais prêt à se relever au moment propice après que le premier sera lui-même abaissé. On fait fonctionner l'obturateur à distance, en provoquant le déclanchement de l'aiguille du compteur par la pression exercée sur une poire de caoutchouc reliée à l'appareil par un tube flexible. On opère donc ce déclanchement sans imprimer de secousse à la chambre noire.

L'aiguille, en se mettant en marche, rend libre immédiatement le premier obturateur, qui est reçu à l'extrémité de sa course sur un ressort flexible disposé pour empêcher tout choc qui ferait vibrer l'appareil. La même aiguille rend libre le second obturateur lorsqu'elle revient au zéro du cadran, après avoir parcouru la course qui lui avait été fixée. Le second volet se soulève alors brusquement, et vient refermer l'ouverture de la chambre noire.

Le mouvement de l'aiguille du compteur est commandé par un rouage d'horlogerie réglé par un échappement à marche rapide qui fait 150 vibrations par seconde, de sorte que ce mouvement est immédiatement uniformisé.

L'aiguille fait le tour du cadran en trois secondes, et ce cadran est divisé en 150 parties, correspondant chacune à 2 centièmes de seconde. Une disposition spéciale permet d'ailleurs défaire faire à l'aiguille deux tours du cadran avant qu'elle provoque le départ du second

volet, de sorte que Ton peut régler la durée du temps de pose avec cet appareil, depuis zéro jusqu'à six secondes, et par cinquantième de seconde.

Le réglage se fait avec la plus grande facilité. Il suffit de mettre, par exemple, l'aiguille sur la première division du cadran, laquelle correspond à 2 centièmes ou 1 cinquantième de seconde, et d'armer ensuite les volets pour qu'en s'appuyant sur la poire en caoutchouc, ces volets se mettent successivement en mouvement en laissant entre eux un intervalle de temps égal seulement à 1 cinquantième de seconde. Si, au contraire, on place l'aiguille, avant l'opération, sur la division marquée 20, par exemple, cet intervalle sera de 20 centièmes ou 2 dixièmes de seconde et ainsi de suite.

Il est inutile de faire ressortir les applications que peut immédiatement recevoir, entre les mains des photographes, un appareil aussi simple, dont le prix modique favorisera encore la vulgarisation.

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