EXECUTION D UN PORTRAIT JUDICIAIRE
La régularité absolue est malheureusement impossible à atteindre sur ce point. L'orientation de l'atelier, l'heure de la pose, l'état plus ou moins nuageux du ciel, se traduiront toujours malgré tous les artifices, par des différences dans la direction et la plus ou moins grande intensité des ombres.
Aussi, de prime abord, devons-nous rejeter, comme trop compliqués, tous les éclairages dits artistiques ou de fantaisie.
Pour la pose de face, le sujet sera éclairé par un jour venant principalement de gauche etquelque peu de face.
La chaise de pose et l'appareil étant fixés au sol pour rester à une distance invariable, nous n'avons pour l'éclairage de profil cfu'à choisir entre les deux solutions opposées : ou l'éclairage en pleine face, ou la lumière de dos.
L'éclairage de dos donne plus d'accentuation au modelé de la face et un cachet plus artistique. Mais les replis intérieurs du pavillon de l'oreille restent forcément dans l'ombre et la silhouette se projette sur le fond d'une façon moins vigoureuse qu'avec l'éclairage de face. Aussi ce dernier est-il exclusivement en usa^e.
L'obligation d'éclairer nos profils par un jour tombant de face, combinée avec l'heure matinale où les photographies judiciaires doivent être prises (pour ne pas gêner les opérations des juges d'instruction et des tribunaux, qui ouvrent à midi).
ont cette conséquence curieuse d'imposer le profil de droite à l'exclusion du gauche.
En effet, les ateliers de Photographie ayantgénéralement leur yifrage exposé au Nord, et le soleil étant dans la direction du Sud-Est entre dix et onze heures du matin, le profil de gauche, placé face au vitrage, ne pourrait être éclairé qu'à contrelumière par rapport à la situation de l'objectif.
Ainsi, dans un atelier judiciaire recevant normalement le jour par le Nord, l'appareil sera placé du côté de la cloison est, et la chaise de pose du côté de la cloison ouest. Les opérations se feront dans la matinée.
Par une curieuse coïncidence et par suite probablement de nécessités analogues, la plupart des photographies ethnographiques de profil, celles notamment qui composent la superbe collection du prince Roland Bonaparte, sont également prises du côté droit.