Identification de deux photographies
Lorsque les portraits à comparer ont été pris
utilisation d’cn portrait judiciaire. 27 conformément aux règles analysées dans le Chapitre précédent, la solution s’impose immédiatement; les deux profils et notamment les deux oreilles doivent offrir rigoureusement le même tracé linéaire.
Si ce premier examen ne révèle aucune impossibilité matérielle, on passera à la comparaison, au collationnement des marques particulières, grains de beauté, nœvus, cicatrices, anomalies du système pileux, qu’il est bien rare de ne pas rencontrer sur les photographies sans retouche. La présence concomitante de deux ou trois de ces signes sur les deux photographies visées suffit pour entraîner la conviction.
Le problème se complique lorsqu’il y a divergence et que l’une des images porte l’indication d’un signe que l’on ne retrouve pas sur l’autre. Quelquefois la marque enregistrée par l’objectif sur l’un des portraits n’est qu’un bouton ou une écorchure passagère dont la reproduction photographique arrive à simuler un signe indélébile. D’autre part, tous les photographes savent qu’un accident sur le cliché ou sur le papier positif (une piqûre dans la gélatine, par exemple), imite souvent à s’y méprendre les nœvus pigmentaires. La comparaison des deux épreuves (face et profil), la simultanéité sur les deux de la même anomalie sera une garantie contre cette cause d’erreur.
Mais, en général, la meilleure assurance résultera de la présence et de la désignation exacte du
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signe douteux sur le signalement anthropométrique qui accompagne maintenant toutes les photographies judiciaires. Ainsi toute marque particulière relevée sur un seul des portraits et qui ne serait pas mentionnée sur le signalement anthropométrique, ne doit être acceptée que sous réserve.
lien est de même a fortiori lorsque, en plus de l’absence de toute description méticuleuse, les deux images ou l’une seule d’entre elles sont des photographies de commerce, fortement retouchées, prises dans des poses et des réductions différentes, le sujet, par surcroît, étant habillé, « pomponné » avec plus de soin qu’il ne l’est d’habitude (PL 111).
Toute idée de retouche mise à part, le doute subsiste encore pour les clichés trop poussés au développement, à temps de pose insuffisant, où les oppositions entre les blancs et les noirs sont trop marquées. Les grandes lumières du cliché ayant, sous l’influence d’un développement continué trop longtemps, traversé la couche sensible gélatineuse, ont produit une masse noire peu translucide qui se traduit sur l’image par une masse blanche uniforme.
Pour cfes cas, l’examen du cliché, quand il sera possible de se le procurer, tranchera la difficulté en permettant de retrouver le signe révélateur soit derrière la retouche, soit au milieu des noirs non traversés du cliché.
S’il s’agit d’un cliché retouché, le premier soin
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de l’opérateur sera de faire disparaître la retouche. Il suffira généralement, pour effacer cette dernière, de frotter légèrement le cliché avec une touffe de coton cardé imbibée d’essence de térébenthine. Il faudra d’autant moins hésiter à la détruire qu’elle aura été plus artistement faite et aura davantage amélioré le portrait.
Doit-on attribuer l’absence d’un signe à la trop grande opacité des noirs d’un cliché dont on est en possession, il pourra être utile, pour fournir au tribunal une preuve matérielle de l’existence du signe contesté, de faire tirer une double épreuve du même cliché : une très légère, avec une exposition très courte, où les blancs du cliché à peine traversés apparaîtront avec tous leurs détails; l’autre très poussée, où les mêmes blancs entièrement traversés apparaîtront sur l’épreuve en une masse noire uniforme, mais où, en revanche, les noirs partiellement décalqués laisseront apercevoir la cicatrice révélatrice.
Les avantages de ces deux images peuvent être réunis sur une seule épreuve en ayant recours au papier gélatinobromure ( 4 ). Une solarisation modérée, amenée en doublant et même quadruplant le temps de pose, produit un renversement partiel des tons qui tend à égaliser sur l’épreuve les blancs avec les noirs. Le luxe de détails que l’on obtient
(') Voir page 69.