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CHAPITRE II. — TECHNIQUE PHOTOGRAPHIQUE. ty

pement. Lorsque l’image apparaît, on continue les additions de carbonate alternées avec les additions d’acide pyrogallique. On obtient ainsi d'excellents résultats.

Le reste des opérations est le même. Dans l'hypothèse de très grands instantanés nous opérons d’une autre manière. Notre bain est composé de carbonate de soude et de sulfite de soude sans addition ni d’eau, ni de bromure. Après avoir laissé la plaque une minute environ dans ce bain, on ajoute une bonne dose d'acide pyrogallique (de deux à trois cuillerées) et on laisse agir sur la plaque. L'image vient très rapidement et avec une grande douceur. Le bain ainsi composé sera presque toujours suffisant : au cas où le cliché manquerait d'intensité, on fera des additions

d’acide pyrogallique, puis d'acide pyrogallique et d’alcali alternées.

8° La pose a été dépassée (surexposition). — Un cliché peut être surexposé accidentellement ou intentionnellement. Comme l’appréciation du temps de pose dépend d’une quantité de facteurs, il est facile à chacun de commettre des erreurs en plus comme en moins; d'autre part, il est des hypothèses, et nous le verrons plus loin, dans lesquelles la surexposition est nécessaire pour obtenir de bons résultats, dans le cas de modèles à valeurs trop tranchées par exemple. Nous distinguerons donc d’une part les poses dépassant légèrement la normale et de l’autre les poses intentionnellement plus prolongées encore.

a. Poses un peu longues. — Nous composerons le bain comme d’habitude, maïs en y ajoutant une quantité de bromure d’autant plus forte que la pose aura été plus longue. Les additions de carbonate se feront par petites quantités comme il a été dit précédemment.

b. Poses encore plus longues (surexposition). — Cest ici une hypothèse très délicate. Étant donné un modèle présentant des contrastes trop considérables, le problème consiste à obtenir une épreuve où les parties différentes, quoique opposées complètement en tant que valeur, soient également bien venues. En prenant un exemple simple, supposons une maison blanche dont une moitié se trouve dans l'ombre. Il s’agit d’avoir également

bien les deux parties inégalement éclairées. À cet effet, on met à profit une observation théorique de M. Janssen, qui montre que l’action de la lumière sur les surfaces photographiques telles que les plaques au gélatinobromure d’argent n’esl pas indéfiniment proportionnelle à la durée de son action. Si des expositions de 1,2, 3 secondes donnent, par exemple, des réductions croissantes de la couche, il arrive un moment où cette progression cesse d'exister; il peut même se produire le phénomène inverse, les impressions allant en décroissant. Si, partant de ce principe, on donne une large surexposilion, on atteindra rapidement la période à laquelle les parties les plus claires donnent des impressions décroissantes, mais pendant ce temps-là les parties sombres, pour lesquelles la même période est infiniment plus loin, auront con-

tinué à agir; on conçoit donc qu'avec cette manière de faire on

puisse arriver à de bons résultats. C’est ce que l'expérience prouve

journellement. Dans ce cas, le développement devra être conduit

d’une manière tout à fait spéciale. Il faudra composer un bain

très faible en constituants, arriver à obtenir à peu près simulta-

nément les détails dans les parties claires et sombres et donner ensuite l'intensité nécessaire.

A cet effet, on diminue considérablement la quantité d’acide pyrogallique, on ajoute la dose habituelle de sulfite, puis une plus grande quantité d’eau de façon à avoir un bain plus étendu. Bien que la pose normale ait été dépassée de beaucoup, on n’emploie que quelques gouttes de bromure (c’est là du reste une exception à la loi que nous avons formulée tout à l'heure) : en effet, le bromure a la propriété de donner des clichés à oppositions et c’est précisément là ce que nous voulons éviter.

Nous ajoutons le carbonate par très petites quantités jusqu’à ce que nous ayons nos détails dans toutes les parties. À ce moment, nous poussons vigoureusement à l'acide pyrogallique pour donner l'intensité voulue.

En résumé, le développement tel que nous le comprenons est une opération intelligente et raisonnée dans laquelle, par des variations convenables des constituants du bain, on arrive à conduire son cliché et à l’obtenir tel qu’on le désire.

Nous avons vu qu'il était nécessaire, dans tous les cas, d'obtenir

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