CHAPITRE III. — PHOTOGRAPHIE PENDANT LA VIE
Signalons encore l'aspect de la physionomie dans la paralysie agitante qui est caractérisée par l'immobilité des traits et la fixité du regard, lent à se déplacer. De plus, au point de vue de l’expression, on constate que toute la partie du visage située en dessous de la ligne des yeux, se fait remarquer par une placidité et une impassibilité caractérisées par l'absence de rides. Comme le dit
Fig. 20.
Facies dans la paralysie agitante.
si bien le D' Richer, c’est un masque vide dont la vie semble absente, ni douleur ni plaisir, absence de toute expression. Au contraire au front les rides se creusent, les sourcils s'élèvent; chez ce malade les rides exclusivement transversales concourent à l'expression de l’étonnement et c’est ici le musele frontal qui est en jeu uniquement, comme l’a démontré Duchenne (de Boulogne).
Le contraste sur une même physionomie, de ce front mouvementé et de ce bas de figure impassible, donne, avec l'aspect parüculier des yeux fixes et immobiles, un masque étrange et saisissant qui est absolument typique.
‘Nous signalerons également une autre maladie qui a été particulièrement étudiée en France par le D° P. Marie et à laquelle il a donné le nom d’acromégalie. Dans cette affection on trouve
une hypertrophie considérable de la face et des extrémités. En ce qui concerne la face, l'hypertrophie semble plus particulièrement localisée au nez et au maxillaire inférieur.
Le facies de l’acromégalique est tellement typique que plusieurs des élèves de M. Charcot et nous-même avons pu reconnaître à première vue et en passant par hasard à côté d’eux des malades de cette catégorie, Du reste, ces types restent gravés dans la mémoire et pour le médecin exercé ils le mettront très souvent sur la bonne voie : non pas que nous ayons la prétention de faire du diagnostic photographique, mais il est certain, comme nous le disions au début de cet Ouvrage, que la meilleure des descriptions ne saurait, dans certains cas, remplacer une bonne épreuve photographique.
Nous parlions à l'instant d’un acromégalique reconnu par nous dans la rue et d’un simple coup d’œil; l’examen ultérieur a confirmé pleinement ce diagnostic au vol, et c’est alors que, signalant ce malade intéressant à deux médecins de valeur qui le connaissaient et l'avaient même soigné pour une opération chirurgicale, ceux-ci nous avouèrent que, malgré la connaissance qu'ils avaient des descriptions de l’acromégalie, ils n'avaient pas soupçonné un seul instant la nature de l’affection.
Ceci montre bien qu’une observation, si bien faite qu’elle soit, ne saurait remplacer le document photographique. Cet individu, qui présentait cependant des anomalies caractéristiques qui avaient d’ailleurs frappé les médecins qui l’avaient soigné, n’avait pas été reconnu comme acromégalique, alors qu’à simple vue le diagnostic pouvait être posé par une personne ayant déjà vu des malades de celte catégorie ou leurs photographies.
Nous donnons dans la P/. JIT six épreuves d’acromégaliques ; le n° 6 est précisément le malade dont nous venons de parler. On constate chez tous, bien qu’à des degrés très variables, car ils n'étaient pas tous à la même période, les caractères spéciaux qui constituent le facies acromégalique, savoir, l'augmentation considérable du nez et le développement très notable du maxillaire inférieur. Cette hypertrophie est encore plus marquée sur les épreuves des mêmes malades vus de profil.
L'étude des facies pathologiques a été poussée très loin par