‹ La photographie médicaleChapitre 56 sur 112 · ANO'T · texte numérisé non relu

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CHAPITRE III. — PHOTOGRAPHIE PENDANT LA VIE. 77 l'École de la Salpêtrière et a contribué certainement beaucoup à faciliter le diagnostic dans certaines maladies nerveuses. À côté des facies dont nous venons de parler, il nous faudrait citer encore ceux du myxædème, de la myopathie, de la maladie de Friedreich, etc.

IL sera toujours intéressant, dans ces divers travaux, de se procurer des photographies antérieures : on aura ainsi la preuve que les anomalies existantes sont bien la conséquence de la maladie et qu’elles n’existaient pas auparavant.

En réunissant un certain nombre de documents de ce genre, il serait très possible de réaliser une conception de Spencer, qui à été mise en pratique par Galton et Batut, et de créer par superposition des types composites dans lesquels, toutes les particularités individuelles s’effaçant, seuls les caractères communs persisteraient et détermineraient ainsi le factes propre à telle ou telle affection.

La réalisation de cette conception présente en pratique certaines difficultés et, sans chercher à les résoudre, il nous paraît certain que la simple réunion d'épreuves juxtaposées constitue déjà un

enseignement de la plus haute valeur.

8. Reproduction des détails de la face. — Si nous poussons l'analyse plus loin, il pourra être nécessaire de reproduire isolément telle ou telle partie de la physionomie seule affectée. Il faudra rapprocher encore davantage l'appareil du modèle afin d'obtenir des documents suffisamment grands pour être étudiés avec fruit.

Dans les hypothèses précédentes, soit pour les corps, soit pour les têtes, nous avons obtenu des images assez réduites par rapport à l'original; de telles réductions ne sauraient être employées pour le nez, la bouche, les yeux ou les oreilles. Pour obtenir des épreuves d'une taille suffisante il faudra, comme nous l'avons dit, nous rapprocher beaucoup du modèle. Dans certains même, pour les yeux par exemple, il pourra être nécessaire d'avoir une image de grandeur égale. Le tirage de la chambre se trouvera considérablement allongé, car on sait que, pour obtenir une reproduction à même taille, il faut un tirage égal à deux fois la longueur focale princi-

pale de l'objectif employé. Par ce seul fait, la pose se trouve qua-

druplée; de plus, à cause de la faible distance à laquelle on opère, il faudra une immobilité rigoureuse du sujet pendant le temps reconnu nécessaire, temps qui dépasse de beaucoup le temps de pose habituel. D’autre part, et pour ne pas occasionner de nouvelles pertes de lumière, il faudra diaphragmer le moins possible. IL est vrai de dire que, ne prenant qu’une partie de la figure isolément, on peut sans crainte sacrifier la netteté des autres parues de l’image.

Il n’a pas été fait jusqu’à présent, par la Photographie, d’études

de nez et d'oreilles; il peut y avoir là, cependant, des recherches

originales à faire, surtout en ce qui concerne l'oreille. Les yeux seront reproduits avec succès lorsqu'il s’e

gira de chutes de la paupière, de paralysie oculaire, de strabisme, etc. Avec les plaques actuelles et un malade suffisamment tranquille, on peut encore facilement obtenir des épreuves satisfaisantes en grandeur égale. 14 A c À > Di A ÊLE LA pa

L'étude de la langue pourra être faite également avec succès dans certaines hypothèses; il faudra opérer avec belle lumière et le plus rapidement possible, en tenant compte de la couleur rouge antiphotogénique de cet organe.

S1, dans certains cas, on doit prendre la langue‘isolée, il faudra

r haï 9 S } 3 QG n mx LA < au contraire, dans d autres, conserver la face tout entière, qui

CHAPITRE III. — PHOTOGRAPHIE PENDANT LA VIE. 79 peut revêtir un caractère particulier, comme on le voit, par exemple, dans le spasme glosso-labié hystérique (Jäg. 21 et 22). Le spasme est localisé à une moitié de la face. Il envahit l'œil qui se trouve clos en partie ou complètement, ainsi que le nez fortement dévié et dont la narine du même côté est tirée par le haut. Il comprend également la partie inférieure du visage, et la commissure labiale ainsi que le menton se trouvent violemment tirés sur le côté. Enfin la langue sortie de la bouche est déviée, la pointe dirigée du même côté que le spasme et avec une exagéralion qui constitue par elle-même un des traits Les plus caractéristiques de l'affection.

Reproduction des mains. — Ces extrémités étant fréquemment atteintes dans les cas de paralysie, d’atrophie, de contractures, de déformations quelconques, on peut donc être amené souvent à prendre des épreuves isolées à grande échelle. Nous devons dire de suite qu'il est très rare de voir de bonnes épreuves de mains, car on ne sait comment les placer commodément à la fois pour le malade et pour la reproduction. Afin d'éviter ces difficultés, nous avons fait construire à la Salpétrière un appareil qui nous est de la plus grande utilité. C’est un plateau que l’on peut incliner plus ou moins. Le malade se place derrière et il n’a qu’à poser ses mains sur le support, où il peut les maintenir facilement sans gêne ni fatigue. Les deux faces de la main peuvent être ainsi reproduites. Pour avoir une image non déformée, il sera nécessaire, dans ce cas particulier, de donner à la chambre noire une inclinaison égale à celle du plateau (voir /£g. 20) D)

Nous avons vu à la Préfecture de Police, dans le beau service de M. Bertillon, un appareil basé sur le même principe et qui est employé d’une manière courante pour l'étude des mains professionnelles. Nous en reparlerons plus loin.

Pour avoir des mains d’une certaine taille, il faudra rapprocher l'appareil, et c’est un des cas dans lesquels on aura besoin d’un long tirage de chambre.

(*) Notre excellent ami M. le colonel Duhousset a bien voulu exécuter pour nos lecteurs un croquis du dispositif que nous avons imaginé. Nous lui adressons ici nos sincères remerciements.

A cette distance, la main ne pourra plus être considérée comme un plan unique et il sera nécessaire de diaphragmer d’autant plus fortement que l’on sera plus près, la profondeur de foyer diminuant, en effet, d’autant plus que l’on se rapproche du modèle. Il faudra

donc poser en général plus que d'habitude. Dans la plupart des

Fig. 23.

cas,’ce sera facile, car la main est maintenue; mais si celle-ci n’est pas stable, comme dans les tremblements, il n’y aura pas à hésiter: il faudra faire la reproduction à échelle beaucoup plus petite, en diaphragmant le moins possible et avec un bel éclairage. De cette manière, on pourra effectuer des poses très courtes et obtenir le résultat cherché.

En général, il y aura avantage, sauf impossibilité, à faire les

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CHAPITRE III. — PHOTOGRAPHIE PENDANT LA VIE. 8r épreuves de mains de même taille, de façon à faciliter les comparaisons. Si l’on possède un appareil vertical, il pourra être employé utilement pour la reproduction des mains.

Nous donnons (P{. IV) un magnifique spécimen des résultats

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que l’on peut obtenir dans la photographie des mains : à cette

grandéur d'exécution on perçoit tous les plus petits détails. Il s’agit

dans l'espèce d’une paralysie et d’une atrophie de tous les mus-

cles innervés par le cubital. L’éminence hypothénar et les inter-

osseux de la main gauche sont très atrophiés. Les deux derniers

doigts de la main sont rétractés en flexion et la rétraction est plus prononcée sur le petit doigt.

Il sera toujours bon, lorsqu'une main présentera des différences de volume, de photographier simultanément une main normale. La comparaison sera plus facile. ( Vest ce qu'on peut voir dans la fig.24, qui montre des mains d’acromégalique à côté: de mains normales.

Dans le domaine de l'hystérie, on aura fréquemment à reproduire des contractures de la main, Oil qu'il s'agisse de contrac- Lures traumatiques ou de contractures artificielles, provoquées dans

l'étude des phénomènes d'hyperexcitabilité neuro-musculaire.

Pieds. — On aura souvent à reproduire les pieds de malade,

Fig. 29.

soit qu'il s'agisse encore de contractures hystériques (/ig. 29) ou

de phénomènes quelconques intéressant ces organes : il faudra

Lowpr. — Photographie médicale.

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Dispositif pour la photographie des pieds.

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