CHAPITRE III. — PHOTOGRAPHIE PENDANT LA VIE
obtenues montre d'une manière évidente. Sans insister davantage sur l'élégance de cette démonstration qui a tranché la discussion d'une façon pérempioire, signalons le fait que nous avons consigné. Un jour, sur la plaque photographique, nous avons trouvé deux points au lieu d’un seul.
Le second était l’image de la tache d’iode faite huit jours auparavant et qui, absolument invisible sur le sujet comme nous l'avons vérifié et fait constater par les personnes présentes, avait presque autant d'intensité que la plus récente. La conclusion est, que lorsque des parties seront colorées différemment du tissu normal, elles peuvent être révélées par la plaque avant même que l'œil puisse percevoir ces différences. Il y a donc de ce côté des études nouvelles à faire dans les services consacrés aux maladies de la peau.
Nous rappellerons, en terminant, le beau travail de Hardy et Montméja que nous avons déjà cité au début de ce livre.
Dans cet Ouvrage, qui a précisément pour objet la représentation d’un certain nombre d’affections de la peau, les auteurs ont eu l’idée de colorer les parties atteintes, de façon à donner la représentation aussi fidèle que possible de la réalité. Les résultats
sont des plus intéressants; il est à regretter seulement qu'il n'ait
pas été fait usage de procédés inaltérables. Le tirage a été effectué aux sels d'argent et déjà l’altération des épreuves est manifeste. Si l’on devait entreprendre des recherches analogues, il serait important, à notre avis, de choisir des procédés plus stables que celui au chlorure d'argent. Pour des tirages peu nombreux, le procédé au platine sera le plus à recommander. S'il s’agit d’un tirage plus considérable, la photocollographie pourra être employée avec avantage. Il sera très facile, dans l’un ou l’autre procédé, de donner les colorations voulues. Ce travail, bien entendu, devra se faire sous la direction du médecin, qui devra n’accepter que les épreuves portant les nuances reconnues par lui comme rigoureusement
exactes. PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE.
Nous venons de parcourir toute la série des opérations que l’on
devra faire pour obtenir de bonnes épreuves d’un malade, mais
56 LA PHOTOGRAPHIE M ÉDICALE.
nous avons supposé un malade tranquille, capable de poser convenablement au moins pendant quelques instants.
Mais il n’en sera pas toujours ainsi. En effet, par suite de son affection, le malade peut n’être pas susceptible de garder l'immobilité voulue, ou bien encore son élat d’infériorité cérébrale ou physique empêche d'exiger de lui ce que l'on demanderait à un sujet moins gravement atteint.
Pour certains malades même, les idiots, les dégénérés, les fous par exemple, la photographie instantanée devra être la règle.
Pour réussir convenablement ces épreuves, il sera indispensable d'opérer avec une très belle lumière. Si le mouvement n’est pas rapide, qu'il s'agisse par exemple de saisir un malade sans le pré-
venir, On pourra opérer à l'atelier dans la belle saison, à condition
de ne pas trop diaphragmer et de ne prendre qu’une vitesse d’obturateur de + ou -: de seconde environ; s’il est nécessaire d’opérer plus rapidement, il faudia travailler en plein air et dans bien des cas au soleil.
Pour éviter la dureté donnée par la lumière solaire directe, on aura avantage à ne pas trop diaphragmer et à développer le cliché rapidement et avec excès de carbonate, le tout pour obtenir de la douceur.
C’est dans la série des maladies du système nerveux que nous trouvons les plus grandes variétés, les tremblements de diverses natures, la chorée, l’athéthose, Les attaques d’hystérie et d’épilepsie, etc.
Examinons successivement ces divers cas. Les tremblements
peuvent être généraux ou localisés à tel ou tel membre. Quel
secours la Photographie peut-elle apporter dans l'espèce et comment une épreuve unique peut-elle donner une idée d’un étal mobile par excellence?
Le problème est intéressant. Il sera toujours possible, au moyen d’une épreuve instantanée, de saisir le malade et de l’immobiliser en quelque sorte. Mais cette épreuve prise au hasard ne représentera qu’une phase du mouvement, phase qui peut même ne pas être percue par notre œil à cause de sa rapidité. Nous obtiendrons évidemment un document, mais nous ne pouvons admettre que cette
épreuve unique puisse nous donner l'impression perçue par notre