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CHAPITRE III. — PHOTOGRAPHIE PENDANT LA VIE

œil. Celui-ci voit, en effet, une série non interrompue de mouvements très rapprochés, ce qui constitue en somme la sensation du mouvement et non pas tel ou tel de ces mouvements dissocié en quelque sorte ou pris au hasard.

Prenons dans un autre ordre d'idées un exemple qui sera saisi par tous.

Une voiture passe devant nous à grande allure : dans ces conditions notre œil n’aperçoit pas les rayons des roues, maïs il a la sensation d’une vitesse considérable. Vient-on à photographier cette voiture; on obtiendra, si l’on emploie une vitesse d’obturateur suffisante, l’image des roues avec la plus grande netteté. On pourra même en compter les rayons. Dire que cette épreuve, si intéressante qu’elle soit, puisse représenter le mouvement en question, c’est là une erreur absolue, et cet exemple montre bien, à notre avis, la différence qu’il y a entre les séries d'images reçues successivement par l’œil et l’épreuve unique obtenue photographiquement.

Lorsqu'il s'agira de malades, ce sera la même chose : l'épreuve unique ne pourra donner une idée suffisante de la réalité; mais seulement des documents sur des mouvements qui s’exécutent avec très grande rapidité et par cela même échappent à l'œil qui voit une succession d'images, mais n’est pas apte à en distraire isolément telle ou telle.

C'est évidemment quelque chose, mais ce n’est pas suffisant; on aura donc avantage, en ce qui concerne ces études spéciales, à se servir des méthodes graphiques d'enregistrement ou des méthodes spéciales dans lesquelles la Photographie donnera une succession d'images reproduisant toutes les phases d’un mouvement.

Pour obtenir la représentation d’un mouvement quelconque, c’est donc une eïreur de vouloir chercher à l’obtenir au moyen d’une seule épreuve, à moins d’user de l’artifice suivant que nous croyons être le premier à avoir employé.

Étant donné qu'une épreuve instantanée rapide donnera une phase quelconque du mouvement observé, phase qui n’est peut-être pas d’ailleurs perçue par l'œil, qu’arrivera-t-il si nous employons une vitesse d’obturation plus lente, de façon à ne pas immobiliser

notre malade dans une attitude quelconque?

Voici, par exemple, une malade atteinte de chorée rythmée

(fig. 27), elle exécute une série de mouvements combinés du corps

et des membres, mouvements qui se même intensité au même moment et

reproduisent à intervalles

réglés, mais n’affectent pas la enons de cette malade une

pour chacun des membres. Si nous pr la figerons dans une attitude ou une autre

épreuve rapide, nous

qui peut être non perçue par notre œil (Jig. 27, 1), mais nous serons incapables de dire si tel ou tel membre était en mouvement.

Au contraire, posons un temps pluslong, 5

de seconde par exemple.

Le corps sera rigoureusement net, mais les membres affectés seront flous et ceci d'autant plus que le mouvement aura été plus rapide.

C’est ce que montrent très bien les dessins 2 et3 de la fig. 2

Cette manière d’opérer peut conduire évidemment à des résultats

\ 1 arti £ ie T se a 1 ? à (:) M. Martin a bien voulu exécuter ces croquis d’après nos photographies originales. Nous lui adressons à ce sujet tous nos remerciements.

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