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CHAPITRE III. — PHOTOGRAPHIE PENDANT LA VIE

En un mot, la reproduction de la grande attaque d’hystérie par la Photographie offre un champ très vaste d’études presque nouvelles, car, s’il existe déjà un grand nombre d’épreuves isolées de ce genre dans les collections de la Salpêtrière, nous n’en avons pas

encore de photochronographiques. Et cependant seules ces images

Fig. 50.

permettront de faire l'analyse complète de la grande attaque, puis d'en effectuer ensuite la synthèse au moyen du phénakisticope.

PHOTOCHRONOGRAPHIE.

Nous venons de voir dans ce qui précède que, en ce qui concerne la reproduction du mouvement, les épreuves isolées sont loin d’être suffisantes; il faut prendre alors des épreuves succes-

sives et ceci à des intervalles réguliers; c’est ce que l’on nomme,

d'après les décisions du Congrès de Paris, la Photochronographie.

Cette nouvelle branche de la Photographie est relativement récente et les travaux accomplis se comptent. Après l’Américain Muybridge, qui le premier a montré des épreuves multiples, il faut citer en France Janssen et Marey, et en Allemagne Ottomar Anschütz. Depuis, le général Sebert et nous-même avons étudié la même question.

Laissant de côté les appareils de Janssen et de Sebert qui sont destinés, l’un à la Photographie astronomique, et l’autre à la Photographie militaire, ceux de Muybridge qui sont trop compliqués et ceux de Anschütz sur lesquels nous n'avons que des détails trop incomplets, nous ne trouvons que les appareils de M. Marey pouvant rendre des services au point de vue physiologique ou médical, ainsi que ceux que nous avons fait construire spécialement pour le laboratoire de la Salpêtrière.

Examinons les conditions que doit remplir un appareil photochronographique destiné aux études médicales, conditions qui sont un peu spéciales. Il faut que les épreuves soient entières, isolées et d’un format lisible.

Si nous nous reportons aux belles épreuves de M. Marey obtenues sur fond noir, et qui ont trait à la marche normale, nous constaterons une confusion que l’auteur lui-même a su éviter par des dispositifs fort ingénieux. C’est ainsi que, après avoir photographié une partie du corps seule, il réduisait encore celui-ci à l’état de lignes en revêtant le modèle d’un costume sombre sur lequel des parties brillantes correspondaient aux grands axes des membres.

Ces épreuves seraient évidemment insuffisantes pour l'étude médicale, car il est nécessaire de ne supprimer aucune partie du corps par un artifice quelconque. M. Marey combine alors un appareil basé sur la rotation d’un miroir réfléchissant l’image du modèle dans la chambre noire. On arrive, en réglant la vitesse du miroir, à dissocier les images qui se projettent les unes à côté des autres; ce procédé est déjà bien supérieur, mais il n’est cependant pas très pratique, car il nécessite une installation comme celle de M. Marey à la Station physiologique du Parc des Princes : il faut,

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