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CHAPITRE III. — PHOTOGRAPHIE PENDANT LA VIE

en effet, un fond donnant le noir absolu dont l’emploi est indispensable dans ce genre d’appareil. Pour cette raison, il sera plus avantageux d'employer des instruments qui peuvent opérer sans fond ou sur fond autre que le noir; nous en parlerons tout à l'heure.

Le format des épreuves est également important et il nous paraît

utile d’insi

er sur ce fait, car les épreuves obtenues avec les premiers appareils de M. Marey étaient un peu petites.

Il faut enfin, et c’est là la condition la plus délicate à réaliser dans l'espèce, que l’on puisse faire varier, non seulement les intervalles entre les épreuves successives, mais encore le temps de pose de chacune d’elles.

Nous croyons avoir été le premier à réaliser ce desideratum dans un appareil que nous avons appelé photo-électrique et qui à été présenté par nous à la Société de Photographie. Nous n’avons pas cru devoir adopter la méthode de M. Marey, qui consiste à obtenir le plus grand nombre possible d'images dans la seconde. Nous ne pensons pas qu’il soit nécessaire dans bien des cas d’avoir un nombre pareil d'épreuves. En effet, comme il arrive souvent, si le mouvement dure plusieurs secondes, on risque de ne pas le reproduire en entier ou d’avoir un nombre trop considérable d'épreuves qui ne diffèrent que peu les unes des autres.

Nous adoptons une autre manière de faire. Nous admettons hypothétiquement que douze épreuves successives sont suffisantes pour donner une idée convenable des diverses phases d’un mouvement quelconque. Or, la durée du mouvement à reproduire pouvant être excessivement variable, il s'ensuit donc que le problème que nous nous posons consiste à répartir nos douze épreuves sur la durée du mouvement à reproduire, quel qu’il soit.

Dans certains cas, il faudra que les douze épreuves soient faites en - de seconde; nous fonctionnerons dans ce cas comme avec l'appareil de M. Marey. Dans d’autres, ce sera +, + ou 1 seconde, ou un nombre donné de secondes.

Il faut de plus que le temps de pose lui-même soit variable, ceci tout d’abord pour la raison bien simple qu'il n’est jamais nécessaire et qu'il est même dangereux au point de vue de la per-

fection des résultats de réduire le temps de pose au delà du temps

nécessaire pour obtenir une bonne épreuve. Or, dans les appareils de M. Marey, la durée du temps de pose est entièrement liée à la vitesse de fonctionnement de l'appareil. C’est ainsi qu'il a pu obtenir des successions d'images avec des temps de pose ne dépassant pas, dans certains cas, le Hi de seconde. Dans ces conditions, il est évident qu’il ne faut pas être trop difficile sur la qualité des résultats et il est nécessaire de n’opérer que sur des sujets très actiniques : c’est ainsi que les modèles sont revêtus de blanc, les oiseaux ou autres animaux choisis de la même couleur.

En Médecine, il ne saurait être question d’user de ces artifices. et il est nécessaire, dans certains cas, d'obtenir des images un peu grandes concernant la face ou l’un des membres du malade. Or nous avons vu précisément que, théoriquement, ces images exigeront une pose plus considérable et ceci d'autant plus qu’elles sont plus grandes; il s'ensuit que l’on aura bien des risques d’avoir des négatifs insuffisamment impressionnés. De plus, ces variabilités des temps de pose et des intervalles qui les séparent doivent pouvoir se faire avec facilité pour résoudre toutes difficultés qui se présenteront dans la pratique.

Dans le premier appareil que nous avons fait construire et que nous avons dénommé photo-électrique, nous employions une série d'objectifs montés en couronne sur une chambre noire. Chacun d’eux dessinait une image distincte et séparée des voisines. Derrière les objectifs se trouvait un disque percé d’une ouverture et actionné par un ressort d’horlogerie ; ce disque faisait fonction d’obturateur et démasquait successivement les neuf objectifs. Au moyen d’un dispositif électrique qu'il serait trop long de décrire ici, le disque qui tend toujours à tourner sous l’action du ressort est immobilisé par une pièce spéciale, que l’on peut actionner à l’aide d’un électro-aimant. Aussitôt que l’on envoie le courant, celte pièce est attirée et le disque démasque un des objectifs. Celui-ci reste ouvert tant que dure le courant : aussitôt que celui-ci cesse, 1l est refermé ; si l’on envoie un nouveau courant, on produit le même résultat, mais c’est l’objectif suivant qui pose et ainsi de suite.

On comprend donc facilement qu'avec un pareil mécanisme on

puisse obtenir des poses d’une durée quelconque et à des inter-

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