CHAPITRE IV. — APPLICATIONS DIVERSES
suspendus à un chariot mobile coulissant dans la direction que doit suivre le sujet. Cette direction est perpendiculaire à l’axe de la chambre noire dans laquelle on va recueillir les images de ces lampes. On opère, bien entendu, dans l’obscurité. L'appareil étant prêt à fonctionner, que va-t-il se passer si l’on allume les lampes
et si l’on fait progresser le malade ? Les lampes traceront sur la
plaque sensible des trajectoires qui indiqueront à chaque instant la position de la partie correspondante du sujet étudié.
Mais ces trajectoires seraient incomplètes si l’on n’y adjoignail l'indication du temps. À cet effet, un disque fenêtré fonctionne devant l'objectif et ne laisse passer les rayons venant des lampes que tous les vingtièmes de seconde. Les trajectoires ne seront plus continues mais bien formées d’une série de points plus ou moins rapprochés, suivant la vitesse propre de chaque partie du corps, l'intervalle entre deux de ces points étant toujours de ;& de seconde. En réunissant par des traits les points correspondants à chaque image, il sera facile de reconstituer la position du membre à chaque instant.
Cette méthode très intéressante, qui est dérivée de celle employée par M. Marey pour l’étude de la locomotion, est plus facile à organiser, car on opère dans une pièce sombre et il n’est pas besoin d’une installation spéciale et de la lumière du soleil.
L'appareil de MM. Quenu et Demeny se trouve à l'hôpital Beaujon.
Nous inspirant de cette méthode, nous l’avons appliqué avec M. Dutil à l'étude clinique des tremblements hystériques. La lampe à incandescence était placée sur le dos de la main du malade et son image reçue sur une feuille de papier sensible montée sur le cylindre d’un régulateur Foucault. 11 était nécessaire d'opérer ainsi, Car la main reste toujours sensiblement à la même place;
c’est donc la surface sensible qui doit se déplacer continuel-
lement. On pourra avec cette méthode, modifiée suivant les diverses hypothèses, obtenir l'enregistrement de phénomènes de
è EN Fe . , à 9 DE longue durée : il suffira de faire déplacer lentement l'appareil
‘ nirec — x pi » seul MM. Quenu et Demeny ne prennent que les trajectoires des membres d’un seul
côté.
enregistreur, et l’on obtiendra une trace sinusoïdale de grande longueur qui affectera un caractère variable suivant la nature du
tremblement (/ig. 58).
PP: ro rennais
Reproduction d’écritures. — Certains nerveux ou sujets atteints de crampes variées voient leur écriture se modifier. Un médecin expérimenté, d’après l'examen de quelques lignes écrites par le malade, pourra en lirer des indications sérieuses au point
de vue du diagnostic; car ces modifications de l'écriture sont, dans certains cas, absolument typiques.
La Photographie interviendra pour reproduire ces écritures, s’il est nécessaire de le faire et ceci sans en altérer en quoi que ce soit le caractère (fig. 59).
Peut-être même y aurait-il intérêt dans certains cas à photogra-
CHAPITRE IV. — APPLICATIONS DIVERSES. 131 phier l'attitude prise par le malade lorsqu'il écrit, mais nous n’avons pas entendu dire qu’il ait été fait des recherches de ce genre.
Lorsqu'il s’agit de projeter l'écriture elle-même pour un cours, une conférence, on peut faire écrire avec une pointe sur une lame de verre enfumé, et cette lame de verre ést mise directement dans l’appareil de projection. Malheureusement la conservation de ces Lypes est très délicate; aussi avons-nous pensé qu'il serait utile de pouvoir en faire la reproduction simple et rapide sans même employer le matériel photographique nécessaire dans cette hypothèse. Voici comment nous opérons. Nous prenons une plaque sensible et dans le laboratoire noir, bien entendu, nous posons sur celle-ci le verre portant l'écriture, le côté enfumé par-dessus. L'image à reproduire et la couche sensible sont séparées par l'épaisseur de la lame de verre enfumé. Il semblerait donc « priori impossible d'obtenir une reproduction nette du trait existant; rien n’est cependant plus facile, à condition d'employer un faisceau de lumière parallèle. Dans ce cas l’image sera rigoureusement nette. En pratique, nous Gpérons en nous plaçant sous un bec de gaz papillon dont la flamme est horizontale : il peut être bon également de mettre les deux plaques au fond d’une caisse profonde ouverte aux deux bouts et qui sera placée exactement en dessous de la source lumineuse.