‹ La photographie médicaleChapitre 79 sur 112 · PHOTOGRAPHIE A LA LUMIÈRE ARTIFICIELLE · texte numérisé non relu

PHOTOGRAPHIE A LA LUMIÈRE ARTIFICIELLE

Jusqu'à présent, nous avons décrit les résultats que l’on peut obtenir, soit dans l'atelier, soit au dehors, c'est-à-dire dans de bonnes conditions de lumière. Or il n’en sera pas toujours ainsi et l’on pourra être conduit, par suite des circonstances, à opérer dans des salles d'hôpital ou dans des locaux insuffisamment éclairés. Les temps de pose se trouveront par suite considérablement allongés et l’on rencontrera de réelles difficultés à travailler dans ces hypothèses.

Il faudra alors avoir recours aux lumières artificielles. Jusqu'à ces dernières années on opérait avec l'éclairage obtenu par la combustion du magnésium en ruban. On obtient ainsi une lumière considérable qui permet de remplacer celle du jour. Néanmoins il

est encore nécessaire de poser quelques secondes, et ce sera quelquefois beaucoup'trop, car nous savons qu'avec les malades il ne faut pas trop compter sur l'immobilité.

Mais, depuis quelque temps, on emploie le magnésium à l’état de poudre, soit seul, soit mélangé à d’autres substances. Dans le premier cas, On projette le métal finement divisé dans une flamme suffisamment chaude pour en opérer la combustion; dans le deuxième, on se contente de l’enflammer. Dans les deux cas, on obtient une lumière d’une intensité surprenante et d’une durée très courte, d’où le nom d’éclair magnésique qu'on emploie fréquemment.

Avec l'éclair magnésique on pourra donc résoudre toutes les difficultés qui pourront se présenter; il ne sera même pas nécessaire de prévenir le malade. La durée de combustion est si courte, que la Photographie est prise avant qu'il ait eu le temps de fermer les yeux, ce qui arrive fatalement lorsqu'une lumière intense vient agir sur la rétine.

Mais ce résultat n’est obtenu qu'avec les mélanges de magnésium et de produits riches en oxygène, car, avec le magnésium

bien

seul insufflé dans une flamme, la durée de combustion e: plus lente; on risque d’avoir une épreuve floue par suite de surprise qu'éprouve le sujet photographié.

Pour vérifier ce fait nous avons fait l'expérience suivante qui mérite d’être rapportée. On sait que, sous l'influence des vibrations lumineuses subites, les hystériques tombent en général en catalepsie. Si donc, une malade étant placée devant lappareil et dans l'obscurité, on fait jaillir un éclair magnésique, elle tombera immédiatement en catalepsie. Si l'éclair est suffisamment rapide, elle sera reproduite dans son état naturel les yeux ouverts, sinon elle pourra être plus ou moins floue, car elle aura été photographiée pendant le passage de l’état de veille à celui de catalepsie. Or, avec le mélange de magnésium et de chlorate de potasse dont nous avons parlé, l'expérience nous a prouvé qu’elle était photographiée avant qu’elle ait eu le temps de remuer, tandis que, avec le magnésium ordinaire, elle est saisie précisément pendant la période de réaction, ce qui se traduit par un manque de nelteté

complet.

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CHAPITRE IV. — APPLICATIONS DIVERSES. i IL sera donc nécessaire d'adopter le dispositif qui permettra d'obtenir l’éclair le plus rapide possible. Pour notre part, nous avons rejeté tous les dispositifs qui consistent à insuffler du magnésium en poudre dans une flamme quelconque. Ces appareils sont peu réguliers, à cause des engorgements qui peuvent se roduire dans les conduits de sortie du magnésium et surtout à cause des variations de la flamme. En effet, un mouvement trop rusque, un simple courant d’air amèneront dans la combustion du magnésium des différences très grandes et absolument imprévues.

Nous préférons employer un mélange composé de magnésium

en poudre et de chlorate de potasse, mélange que l’on trouve tout

ait chez MM. Delaperrière et Dida, les habiles successeurs de Rug

produit une lumière magnifique et très rapide. En effet, le chlorate

gieri. Ce mélange est porté à une température suffisante et

de potasse se décomposant fournit immédiatement au magnésium tout l'oxygène nécessaire pour sa transformation en magnésie qui $e produit pendant la réaction et donne ce nuage blanc très fin que l’on constate après l’inflammation.

Pour porter à une température convenable le mélange en question, nous nous servons soit de fulmicoton, soit d’un papier nitrifié appelé communément papier bengale et que l'on trouve également chez MM. Delaperrière et Dida.

Nous prenons la quantité voulue de cette poudre éclair et nous la mettons dans un petit carré de papier bengale, nous replions ce papier de façon à enfermer le mélange dans son intérieur, puis nous enroulons les deux extrémités. Nous obtenons ainsi une véritable papillote, que nous pourrons placer à l’endroit le plus convenable pour obtenir un bon éclairage (fig. 60). Il faut en effet, dans la Photographie à la lumière artificielle, se rapprocher autant que possible des conditions dans lesquelles on opère à la lumière naturelle. On doit donc placer la charge de magnésium à une certaine hauteur et dans une direction telle que le modèle soit éclairé exactement comme dans l’atelier. Pour suspendre notre charge et l’enflammer en même temps, nous opérons ainsi. Nous prenons du fil de fulmi-coton et nous fermons notre papillote avec un morceau

de ce fil qui serre les deux extrémités. Ce fil dépasse la papillote

des deux côtés. Un de ces bouts servira à la suspendre, l’autre à l’allumer.

Il est évident que la partie supérieure du fil pourrait être un fil quelconque, puisqu'il n’a qu’un but, c’est de soutenir la charge.

Mais si l’on prend du fil ordinaire ou de la ficelle, ces parties con-

Dr

ss

tuinueront à brüler après l’inflammation et pourront occasionner des accidents. Au contraire, le fil de fulmicoton dont la combustion est si rapide brûle en un instant et tout est terminé.

Notre charge étant suspendue à la hauteur voulue, il n’y aura qu’à mettre le feu à la partie inférieure.

Ce dispositif nous a toujours donné d’excellents résultats : la combustion du mélange est infaillible et l’on peut être assuré absolument de l’effet qu'on obtiendra avec telle ou telle quantité de produit.

En général, pour faire un malade, il sera nécessaire de prendre

28,5, d'employer un objectif rectilinéaire diaphragmé + ou V A = 10 19

environ. L’éclairage venant d’un seul côté, si l’on craint d’avoir les parties de l’ombre trop peu éclairées, on pourra se servir d’un écran blanc qui renverra sur elles une quantité de lumière appréciable.

La lumière artificielle est destinée à rendre les plus grands ser-

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CHAPITRE. IV. — APPLICATIONS DIVERSES. 135 vices pour la Photographie médicale. Elle permet d'obtenir d’excellents clichés dans une pièce quelconque et pourra éviter par suite la dépense de l'atelier. Elle sera aussi très précieuse pour opérer dans la mauvaise saison, alors que, même avec Îles préparations au gélatinobromure, on ne peut saisir les malades difficiles.

Cet hiver, nous avons opéré ainsi et les résultats ont été absolument satisfaisants. Grâce à l'emploi du dispositif que nous avons indiqué, on obtient des épreuves très douces, très modelées : cela tient au volume de la flamme qui est considérable.

Le mélange de magnésium et de chlorate de potasse ou d’autres matières oxydantes ne doit jamais être employé dans les lampes faites pour travailler avec le magnésium pur : on provoquerait l'explosion de l’appareil. Ce mélange doit toujours brûler à l’air libre. On peut cependant, dans un laboratoire et pour s’éviter la peine de faire les cartouches, employer un petit entonnoir métallique qui recevra la poudre. Un fort envoi d'air fait au moyen d’une poire en caoutchouc projettera le mélange dans une flamme quelconque. On obtiendra ainsi sans danger un éclair très rapide et très puissant.

Nous avons terminé l’étude des diverses applications de la Photographie médicale pendant la vie. Lorsque la guérison surviendra, une dernière épreuve terminera la série. Nous donnons (PI Æ)un spécimen de ce genre. Il s’agit d’un spasme de la face et du cou d’origine hystérique; le n° À représente la malade à l’arrivée à l'hôpital : le spasme ne se produisait que lorsque le bandeau qu’elle portait habituellement était retiré, c’est ce que montre le n° 2; la troisième épreuve représente la malade guérie à sa sortie de l’hôpital.

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