CHAPITRE V. — PHOTOGRAPHIE APRÈS DÉCÈS
ce qui demande de longs tâtonnements avant d'atteindre le but cherché. Si l’on déplace soit le microscope, soit la préparation, il est évident que tout sera à recommencer, et, avec celle circonstance aggravante que la manœuvre du microscope adapté à la chambre photographique est infiniment moins aisée que dans l’observation directe.
La conclusion de ces observations est qu'il serait de beaucoup préférable de ne plus toucher le microscope et la préparation, une fois l'éclairage trouvé et, nous devons ajouler, une fois la mise en plaque faite. En effet, avec les forts grossissements, il est très long de retrouver le point exact de la préparation que l’on veut reproduire. Parmi les rares appareils basés sur ces remarques, 1l nous faut citer celui que M. Duchesne (d'Évreux) vient de faire construire (fig. 72) et qui a été montré au Conservatoire des Arts et Métiers, le 6 mars, par l'inventeur, au cours d’une Conférence très intéressante qu'il a faite sur la Microphotographie.
Cet appareil a pour but de laisser le microscope fixe et de permettre de lui superposer l'appareil photographique sans avoir rien à déranger.
L'appareil comprend une table de travail, dans le prolongement de laquelle se trouve un banc optique destiné à recevoir les appareils d'éclairage, les diaphragmes, les écrans colorés, en un mot tous les accessoires qui peuvent être utiles dans la circonstance.
Un plateau situé dans le prolongement du banc optique permet de placer une lampe oxhydrique ou électrique ou le miroir de l’'héliostat. Pour effectuer le centrage de ces divers supports, on peut commander, au moyen de deux manivelles placées sous la main de l’opérateur, le déplacement du banc optique et celui du plateau. Une fois le centrage effectué, on enlève les manivelles et rien ne vient plus gêner l’opérateur.
La chambre photographique verticale est montée sur un bâti qui peut rouler sur des rails, et être amené ainsi au-dessus de la table d'expérience et par suite du microscope. La chambre photographique de grand format a un tirage considérable. On peut se servir de l’un ou de l’autre des cadres qui la constituent pour
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Chambre microphotographique de M. Duchesne.
A, B, rails; C, table de travail; D, banc optique; E, plateau pour recevoir la source d'éclairage; d, d', manivelles de centrage du banc optique et du plateau; H, J, I, cadres de la chambre; M, N, volants permettant d’effectuer le déplacement des cadres de la chambre; V, soufflet de raccord du microscope.
CHAPITRE V. — PHOTOGRAPHIE APRÈS DÉC 163 obtenir tel ou tel grossissement. Les cadres de la chambre sont mus au moyen de vis sans fin et de volants toujours placés à portée de la main.
Cet appareil sera tout indiqué pour les études macrophotographiques. Il suffit de monter sur l’appareil un objectif photographique approprié au travail que l’on veut exécuter.
Avec un appareil de ce genre, comme du reste avec la plupart des appareils microphotographiques, il est assez difficile d’agir sur la crémaillère du microscope, à cause de la distance à laquelle se forme quelquefois l’image.
Pour commander la vis micrométrique à distance, M. Duchesne a eu une idée très ingénieuse qui a été réalisée avec grand talent par M. Trouvé. Cet appareil se compose d’une turbine double à air qui actionne la vis micrométrique. Au moyen d’un double conduit en caoutchouc, en insufflant de l'air d’un côté ou de l’autre au moyen d'une poire pneumatique, on obtient le mouvement de la turbine dans un sens ou dans l’autre et, par suite, on commande à distance avec grande précision le mouvement de la vis micrométrique.
L'appareil de M. Duchesne est un des plus complets qui aient été faits et sa place nous paraît tout indiquée dans les laboratoires de Microphotographie.