REPRODUCTION DES PRÉPARATIONS A LARGE SURFACE
Le cas se présentera lorsque l’on voudra reproduire des moelles, par exemple, des fragments de cerveau, des coupes d'os, des portions de tissus quelconques, etc. Le dispositif que nous avons indiqué devra être modifié, car, d’une part, la platine du microscope est trop étroite, et, de l’autre, le miroir ne peut donner un éclairage suffisamment uniforme sur une aussi grande surface.
Dans ce cas il faudra employer un condensateur produisant un cercle d’éclairement beaucoup plus grand.
Voici le dispositif que nous avons employé pour exécuter les photographies de moelles qui figurent dans l'Atlas d’Anatomie pathologique de la moelle épinière; 1l pourra servir d'exemple
pour l'exécution de clichés analogues.
Nous nous sommes servis du microscope à projection de Dubosq, mais en remplaçant les objectifs spéciaux pour microscope. Cet appareil était monté sur la
la projection par
les objecufs de notre lanterne oxhydrique : il donne un champ uniformément éclairé
de 0",03 de diamètre, et permet facilement l’emploi de solutions diversement colorées que l’on met dans une cuve à faces parallèles. La chambre est placée horizontalement dans l’axe de ce système. On peut réunir l'objectif à la chambre au moyen d’une enveloppe souple et imperméable à la lumière ; mais, si l’on opère, comme nous le faisons toujours, dans le laboratoire noir, cette précaution est inutile : il suffit d’intercaler entre l’objectif et la chambre un grand diaphragme qui ne laisse passer que les rayons qui tombent sur la plaque.
La mise au point s'effectue en avançant ou en reculant le verre dépoli et en agissant sur la crémaillère qui actionne l’objectif. Au lieu de nous servir du verre dépoli, nous ouvrons une des portes latérales de notre appareil et mettons au point sur une feuille de papier blanc collée sur une plaque de verre qui prend exactement la place du verre dépoli. Pour les moelles, nous nous sommes servis du 00 de Verik, dans lequel il est nécessaire d’interposer un diaphragme.
Le même dispositif nous a servi pour les forts grossissements, mais en faisant certaines modifications importantes. Si le microscope de Duboscq comportait une platine à double mouvement et une vis micrométrique pour l’objectif, 1l suffirait de substituer un objectif de fort grossissement à celui que nous employions précédemment; mais il n’en est pas ainsi. Aussi ne faut-il garder de cet appareil que le condensateur; on supprime le porte-objectif et l'on place devant le condensateur le microscope disposé horizontalement. Nous emploierons un modèle à platine tournante et à double mouvement; de cette manière on disposera la préparation dans le champ, comme on le voudra, et il sera possible de l’explorer systématiquement pour trouver l’endroit à reproduire. Dans le cas de forts grossissements, nous employons le diaphragme iris qui est exactement sous la préparation.
Il ne sera pas nécessaire, dans le cas présent, d’avoir un microscope spécial à large tube. Pour notre part, nous n'avons jamais
GHAPITRE V. — PHOTOGRAPHIE APRÈS DÉCÈS. 165 employé l’oculaire, mais, dans certains cas, il pourra être utile de s’en servir, s’il s’agit de très forts grossissements, par exemple. Lorsque l’on travaille sans oculaire, il est nécessaire de faire noireir en mat l’intérieur du tube du microscope afin d’é iter les réflexions qui seraient nuisibles. Nous réunissons ici le tube du microscope à la chambre au moyen d’une étoffe souple et opaque.
Le reste des opérations est identique.
Le temps de pose varie suivant l’épaisseur de la préparation et sa coloration, l'intensité de l’éclairage, le diaphragme employé. La nature du liquide interposé et l'emploi des plaques ordinaires ou isochromatiques amèneront également des variations dont il faudra tenir compte. Enfin la nature elle-même de la préparation donnera des indications importantes : si elle présente des contrastes très prononcés, il faudra faire usage de la méthode de la surexposition, qui permettra de les atténuer; si, au contraire, la préparation est trop uniforme, il faudra réduire la pose pour combattre cette monotonie qui amènerait un cliché sans valeur aucune. Il nous est impossible, par suite, d'indiquer a priort au lecteur les temps de pose qu’il devra employer, puisqu'il faudrait déterminer toutes les conditions de l'expérience. Quelques essais le fixeront d’ailleurs rapidement.
Nous pouvons cependant lui faire savoir comment nous avons opéré dans le travail que nous venons de faire récemment sur l’Anatomie pathologique de la moelle.
Nous nous servions de l'éclairage oxhydrique avec condensateur, comme objectif du 00 de Verik avec un diaphragme de 47. Dans ces conditions, pour un grossissement de 20 diamètres, avec éclairage jaune et plaques ordinaires, les poses ont varié de 1 à 30 secondes. Ces variations, toutes conditions étant les mêmes, tenaient à l'épaisseur des coupes, à leur mode de coloration et à la surexposition qui était nécessaire dans certains cas. Pour les forts grossissements, la reproduction des cellules, des tubes nerveux par exemple, nous avons employé le 2 et quelquefois le 7 de Verik et un diaphragme de 3" à 4", Vu le grossissement considérable, les poses ont varié de 1 à 2 minutes jusqu’à 8 ou 10 dans certains cas.
Nous croyons avoir montré suffisamment les services que la
Photographie peut rendre dans les études micrographiques, tout en indiquant que l’on peut réussir parfaitement sans appareils spéciaux très compliqués et en utilisant simplement le matériel que l’on trouve ordinairement dans les services médicaux.
C’est du reste ainsi que nous avons obtenu les 90 planches qui composent l'Atlas d’Anatomie pathologique de la moelle épinière. (Nous donnons, à titre d'exemple, deux Planches extraites de cet ouvrage, PL. AIV et XV.)
Mais là ne se borneront pas les études que le médecin sera
appelé à faire. On sait le rôle important que les divers microbes remplissent dans l’évolution des phénomènes qui tiennent à la vie : les uns ont une influence salutaire en favorisant certaines réactions ; les autres, au contraire, entraînent les plus graves désordres.
La connaissance de ces infiniment petits que l’on rencontre dans l'air, dans l’eau, dans les divers tissus soit végétaux soit ani-
maux, constitue, dès à présent, une science relativement Jeune
encore, mais qui à une importance qu'on ne saurait nier : c’est la Microbiologie.
L'étude de ces microbes sera faite uniquement au microscope, qui seul a permis d’en relever l’existence.
La Photographie interviendra pour conserver la reproduction
durable et exacte de l’image perçue par observateur. Les dessins que l’on saurait faire peuvent être plus ou moins fidèles, et nous pourrions citer nombre de discussions entre savants sur tels ou tels sujets, qui ne provenaient que d’interprétations différentes. Le cliché photographique coupera court à toutes ces controverses et nous croyons savoir que c’est dans ce but que MM. Cornil, Doyen et Yvon ont entrepris le gigantesque travail de former un Atlas renfermant la reproduction photographique des divers microbes et organismes inférieurs actuellement connus.
Nous ne pouvons que nous réjouir de voir que c’est grâce à l'emploi raisonné de la Photographie que l’on pourra établir ainsi un véritable catalogue iconographique de ces infiniment petits dont le rôle est si important en Physiologie et en Pathologie. É
Les dispositifs à employer seront lés mêmes que ceux qui peu-
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