CHAPITRE VI
Pendant les quelques années oti j’ai poursuivi l’étude de la photographie sous-marine, j’ai été amené à faire établir plusieurs appareils, qui tous, sauf le premier, ont été construits au laboratoire Arago, grâce aux ressources de l’atelier de mécanique.
Comme dans toute voie absolument nouvelle, j’ai dû procéder d’abord par tâtonnement avant d’arriver à une solution à peu près exacte.
Tous les appareils établis n’ont pas donné également de bons résultats; il est cependant intéressant de les décrire rapidement pour marquer les étapes qu’a suivies l’étude de la question.
Ceux qui voudront combiner un nouvel appareil, ou utiliser un appareil déjà existant, me seront certainement reconnaissants de leur avoir fourni les détails qu'on trouvera plus loin.
Le principe du premier appareil photographique sous-marin que j’ai employé peut se résumer ainsi :
Utiliser l’appareil photographique ordinaire en le plaçant dans des conditions telles que le fait de son immersion dans l’eau ne change pas sensiblement son mode habituel de fonctionnement, et que l’objectif ne puisse être altéré par son contact avec le nouveau milieu.
L’instrument que nous avons adopté a été un de ces modèles connus sous le nom de détectives, et qui sont
généralement employés pour prendre des vues instantanées à toute distance.
Fig. 12. — Premier appareil de photographie sous-marine utilisé au laboratoire Arago en 1893.
B, ballon compensateur.
D, manette actionnant le déclenchement des plaques.
OB, manette actionnant l’obturateur.
O, objectif.
V, viseur.
Ce genre d’appareil présente en effet un avantage important : en dehors de son volume réduit, il permet de faire arriver l’image des objets sur la plaque sensible sans une mise au point préalable, à condition qu'on opère sur des objets distants de l’objectif de plus de 3 à 4 mètres.
La mise au point est, en effet, une opération des plus délicates, quand il s’agit de l’effectuer au milieu de l’eau.
Bien des photographes n’arrivent à une mise au point exacte, dans le milieu air, qu'avec l'aide de la loupe; cette opération est encore bien plus délicate à effectuer sous l’eau, et il m’a paru d’abord impossible d'y procéder avec quelque succès, en habit de scaphandrier,
séparé de l’appareil par une couche d’air, par la glace qui limite le casque et, enfin, par la glace qui limite l’appareil étanche.
L’emploi du détective permettait de tourner cette première difficulté. C’est, en partie, ce qui me l’a fait adopter pour mes premiers essais.
Il présente, en outre, un autre avantage : dans quelques-uns de ces appareils, il existe un mécanisme automatique qui permet le déclenchement des plaques, quand ces dernières ont été impressionnées par la lumière. Un simple mouvement de bascule imprimé à une manette fait tomber la plaque impressionnée au fond de l’appareil etmet en face de l’objectif une plaque neuve, prête à subir à son tour l’impression lumineuse.
Ce dispositif spécial des appareils photographiques, du genre détective, me semble propre à rendre de grands services dans la photographie sous-marine en permettant de prendre successivement plusieurs vues, sans être obligé de remonter à la surface de l’eau.
Cet appareil choisi, il suffisait de l’enfermer dans une boîte étanche, disposée de telle sorte que l’objectif pût toujours être placé en face de l’objet à photographier.
La boîte protectrice destinée à remplir ces conditions a été construite de la lagon suivante (fig. 12).
Un parallélipipèdc rectangle creux, formé de lames de cuivre soudées ensemble, a été établi ; il présente une cavité régulière ouverte par le haut, la face supérieure du parallélipipède constituant un couvercle sans charnières qu’on peut enlever et déplacer à volonté. Sur les faces latérales de l’instrument se trouvent percés une série d’orifices de forme circulaire.
Ces orifices, d’égale grandeur, sont au nombre de trois pour la face antérieure, V, V, 0, et d’un, OV,
pour la face latérale. Il existe également sur le couvercle un orilice circulaire de môme diamètre que celui de la face latérale.
Chacun de ces orifices est muni d'une glace plane parfaitement sertie et mastiquée dans l’intérieur de l'orifice.
Outre ces orifices do grandes dimensions et munis de glaces, l’appareil présente, l'un sur la face latérale et l’autre sur la face postérieure, deux orifices de diamètre beaucoup plus restreint, OB et D, sur lesquels sont adaptés des presse-étoupe qui permettent le mouvement de va-et-vient de deux manettes indépendantes.
La partie supérieure de la boîte formant couvercle est séparée du reste du système par une rainure où vient s'engager un manchon en caoutchouc épais CA (fig. 13).
Ce couvercle peut être relié d’une façon fixe au corps même de l’appareil par le moyen de huit étaux en cuivre (E) qui assurent le contact, comme l’indique la figure 13.
Le fonctionnement de l’appareil est simple ; on le charge du nombre de plaques qu'on veut impressionner, on l’introduit dans la boîte protectrice, il se loge exactement dans son intérieur, et l’objectif vient se placer en face de l’orifice médian O, pratiqué sur la face antérieure.
Les petites chambres noires, qui dans l’appareil détective prennent le nom de viseurs et servent en effet à viser les objets, correspondent exactement aux autres orifices munis de glace V, OV, que nous avons indiqués, tant sur la face antérieure que sur la face latérale.
Le bouton qui commande l’obturateur et qui permet d'ouvrir ou de fermer l'objectif vient s’engager dans la manette qui traverse le presse-étoupe OB, situé sur l’une des faces latérales,
Le déclencheur, qui permet l’abaissement automatique des plaques, s’est également placé dans l’intérieur d’une griffe qui dépend de la manette située à la face
postérieure. On met le couvercle C (fi g. 13), on fixe les étaux en cuivre E, en serrant les vis V, de manière à constituer un joint parfait.
L’appareil est désormais en état de fonctionner et peut être impunément immergé.
L’opérateur, descendu au fond de l’eau, déclenche
l'obturateur, découvre ainsi l’objectif, et la plaque s’impressionne, puisque ce dernier voit l’objet à travers la glace située dans la face antérieure de l’appareil.
Pour arrêter la pose il suffit d’actionner la manette en sens contraire et de fermer l’obturateur.
La plaque impressionnée se trouve replongée dans l’obscurité et est de nouveau à l’abri de toute impression lumineuse.
Une nouvelle pression sur la griffe qui commande le déclencheur amène la chute de la plaque impressionnée et la substitution d’une plaque neuve.
Si l’on immergeait telle quelle la boîte que nous venons de décrire, à une profondeur de 10 mètres, par exemple, il est facile de comprendre que l’équilibre se trouverait rompu entre la pression intérieure et celle qui s’exerce sur la paroi extérieure de l’instrument.
En effet, au moment où le couvercle supérieur de la boîte a été rapproché du reste de l’appareil à l’aide des étaux en cuivre, la pression intérieure se trouvai exactement égale à la pression atmosphérique, et l’atmosphère limitée contenue dans l’intérieur de la boîte doit conserver cette même pression, si l’appareil est bien étanche.
Quand la boîte est immergée à 10 mètres de profondeur, les parois extérieures ont à supporter, à la fois, la pression atmosphéri que et en plus une pression égale au poids d’une colonne d’eau salée de 10 mètres de hauteur.
Ce défaut d’équilibre irait en s’accentuant, à mesure qu’on plongerait l’appareil à des profondeurs plus considérables ; il pourrait avoir de très graves inconvénients: sous l'influence de l’excès de pression extérieure, l’eau qui constitue maintenant le milieu ambiant
aurait tendance à pénétrer dans l’intérieur de la boite et à mouiller l’appareil.
Un joint en caoutchouc, quelque bien fait qu’il soit, n’opposerait dans ce cas qu’une résistance incertaine. Pour prévenir toute difficulté à ce sujet, nous avons fait ajouter à la boîte un ballon compensateur, qui corrige ce défaut de construction inévitable.
A cet effet, un tube est soudé sur le couvercle de la boîte et vient s’ouvrir à l’intérieur. Sur ce tube on adapte un ballon en caoutchouc B ( fg . 12), d’une capacité d’environ 3 litres, rempli d’air au préalable et fortement fixé sur le tube en question.
Grâce à lui, l’inconvénient que nous signalions plus haut est évité.
Pour s’en rendre compte, il suffit de rappeler les conditions de notre expérience.
La pression du liquide s’effectuant aussi bien sur les parois élastiques du ballon que sur les parois de la boîte, le volume de celui-ci diminue; l’air qu’il contient est en partie refoulé dans la boîte, sa pression augmente par suite et se maintient à l’intérieur de l’appareil rigide, égale à celle que supporteront ses parois extérieures.
Le second dispositif accessoire qu'il nous reste à décrire pour compléter l’étude du premier appareil photographique sous-marin est relatif au1 pied sur lequel il repose, quand il fonctionne dans l’eau.
Le pied que nous avions adopté est beaucoup plus simple que celui qui sert aux appareils fonctionnant dans l’air. 11 était en effet indispensable de supprimer tous les joints inutiles et d’avoir un pied entièrement métallique. Les points de raccord, les vis seraient rapidement rouillés dans l’eau de mer; d’autre part, le pied tout entier devait présenter une masse suffisante
pour résister à la poussée de l’eau et se maintenir solidement sur le fond.
D’après ces données, le pied du premier appareil photographique sous-marin a été établi de la façon suivante :
Une plaque de tôle horizontale est soudée sur un trépied constitué par trois lames de fer forgé. Les trois lames, appointées à leur extrémité inférieure, représentent les branches de soutien de ce pied rudimentaire.
Pour permettre d’incliner en avant ou sur le côté l’appareil tout entier, ce qui est indispensable pour viser un objet lorsqu’on n’a pas à sa disposition un sol horizontal, chacune des lames est doublée par une lame secondaire d’égale dimension, qui peut glisser le long de sa surface, faire ainsi varier sa longueur totale au gré de l’opérateur et être finalement lixée à l’aide de deux bagues en métal.
Le maniement de cet instrument grossier est loin d’être aussi facile que celui des pieds à raccords multiples généralement employés, aussi ai-je été amené à le modifier considérablement quand j’ai donné de plus grandes dimensions aux appareils photographiques que j’ai fait construire par la suite.
Malgré ses petites dimensions, ce premier appareil photo-sous-marin était d’un maniement peu pratique, et pour le manœuvrer j’étais obligé de descendre en scaphandre et de faire de très longs séjours dans l’eau.
Pour obtenir, en effet, des images suffisantes, une pose d’environ dix minutes, au minimum, était nécessaire, et certaines photographies ont demandé plus d’une demi-heure.
Cette pose très longue constituait un grave inconvénient {fig. 9 et 11).
Quelles que soient les précautions prises, en effet, quelque immobiles que fussent l’appareil et le scaphandrier, l’image était nécessairement floue, parce que le paysage lui-même était en mouvement.
J’étais obligé de confesser ce résultat médiocre dans mon premier mémoire, et j’écrivais :
« Les clichés obtenus ont un grave défaut. Malgré leur pittoresque, malgré le rendu des premiers plans, ils manquent visiblement de profondeur. Même dans les clichés les mieux réussis, le paysage semble coupé brusquement à une distance relativement faible.
« En réalité, la vue porte plus loin que ne semble l’indiquer l’image photographique, et l’on pourrait reprocher avec juste raison à mes clichés de ne traduire qu’une faible partie du paysage que le scaphandrier a sons les yeux.
« Malgré tous mes efforts, malgré de nombreuses variations dans le temps de pose, je n’ai pu arriver à modifier avantageusement le résultat final.
« La cause de cet insuccès tient, je crois, non pas à la façon d’opérer, mais à l’appareil lui-même ; il est très vraisemblable qu’avec un appareil photographique puissant, dans lequel il serait possible de régler la mise au point avec exactitude, on pourrait obtenir une profondeur plus considérable et qui traduirait plus fidèlement le spectacle qu’on a sous les yeux. »
En attribuant cet insuccès relatif à l’appareil photographique que j’utilisais, j’étais dans le vrai, et l’on verra plus loin qu’en modifiant le dispositif employé je suis arrivé à un résultat tout autre.
La construction du deuxième appareil dont j’ai essayé l’emploi (figr. 14) était basée sur un principe
tout différent de celui qui avait servi de point de départ à l’établissement du premier (fig. 12).
Les objectifs que nous employons journellement sont plongés dans l’air, aussi bien par leur face anté-
Fiu. 14. — Deuxième appareil de photographie sous-marine construit au laboratoire Arago.
B, chambre noire où l’eau de mer peut, pénétrer librement. m, manette actionnant le châssis.
m\ manette actionnant l’obturateur.
0, objectif.
V, viseur.
rieure que par leur face postérieure. Rien ne s’oppose à ce que des objectifs calculés convenablement ne fonctionnent également bien dans des milieux plus réfringents, en étant immergés complètement, par exemple, dans le milieu eau.
Je résolus d’établir le nouvel appareil en donnant
suite à cette idée, et la figure n° 14 représente ce dispositif.
L’objectif devant être baigné par l’eau, aussi bien par sa face antérieure que par sa face postérieure, la chambre noire, qui remplace le soufflet des appareils ordinaires, n’avait plus besoin d’être étanche et se remplissait d’eau de mer au moment de l’immersion. Les plaques elles-mêmes se trouvaient en contact avec l’eau de mer.
Il serait oiseux de décrire en détail les particularités de cet appareil, qui a été construit au laboratoire à la lin de l’année 1896, car les résultats obtenus ont été très médiocres ; la figure 14 peut suppléer, d’ailleurs, à une longue description.
Je me contenterai de signaler la disposition particulière du châssis, qu’on ne peut apercevoir dans la figure 14, parce qu’il est recouvert par la porte B. Il s’ouvrait, lorsqu’il était en place dans l’appareil, par le mouvement de la manette m, située à l’arrière. On pouvait de cette façon mettre l’appareil en place, indépendamment du châssis, et le charger au fond de l’eau, sans crainte de voiler les plaques.
Quoique ce dispositif m’ait donné un résultat tout à fait insuffisant, je devais cependant le signaler, parce que ce résultat n’est pas définitif et peut être, je crois, amélioré.
Le principe est certainement bon et, malgré l'insuccès de l’application que j’en ai faite, là peut-être est l’avenir des appareils pboto-sous-marins. Si le résultat a été insuffisant, cela tient à ce que je n’ai pas eu à ma disposition des objectifs convenablement appropriés à cette nouvelle fonction.
11 est bon de rappeler ici que la différence des indices de réfraction de l’eau de mer et du verre pour
les différentes radiations solaires étant relativement faible, il est indispensable de créer un objectif nouveau, dont les courbures soient calculées en partant de ces conditions spéciales.
On peut prévoir cependant que, le jour où l’on aura construit un objectif calculé pour un milieu aussi dense que l’eau de mer, il deviendra parfaitement inutile de recourir à une chambre complètement étanche et que h objectif pourra travailler d'une façon utile , tout en étant immergé dans l'eau de mer aussi bien par sa face antérieure que par sa face postérieure .
L’action de l’eau salée sur les plaques est, en effet, très faible, lorsqu’elle n’est pas trop prolongée; et l’on peut l'annihiler complètement en employant des plaques sensibles préalablement vernies, comme MM. Lumière de Lyon ont eu la complaisance d’en faire préparer spécialement pour moi, lorsque je faisais ces essais.
Il faut noter, cependant, que ce n’est pas seulement la nécessité de posséder un objectif approprié au milieu eau de mer, objectif dont la construction n’est qu’une affaire de calcul et d’argent, qui m’a fait renoncer à ce dispositif et adopter une autre voie.
Il faut faire manœuvrer l’obturateur pour prendre un cliché; or la difficulté de faire mouvoir l’obturateur sans imprimer au liquide une ondulation nuisible à la netteté des images, — dans le cas ou toutes les parties composantes sont plongées dans l’eau, -m’a paru presque insoluble.
Si l’on arrivait à tourner ces premiers obstacles par un procédé que je n’entrevois pas encore actuellement, l’appareil immergé dans sa totalité aurait encore un autre défaut moins grave, mais qu’il me paraît également impossible de corriger.
Les Appareils de la photographie sous-marine 175
Puisque Peau le remplit entièrement, la colonne d’eau interposée entre la plaque sensible et l’objet à photographier se trouve augmentée d’une quantité peu considérable, il est vrai, mais cependant nullement négligeable, et qui se trouve mesurée par la distance de l’objectif à la plaque sensible. De là doit résulter, nécessairement, une diminution dans la portée de l’appareil.
Ces diverses considérations m’ont amené à faire établir un troisième appareil (fig . 15), dans lequel je reprenais le dispositif employé dans le premier :
Une boite étanche, renfermant à la fois l’objectif et la plaque, qui sont ainsi plongés tous les deux dans l’air.
L’objectif est donc exactement dans la même situation que l’œil du scaphandrier qui, placé au milieu de l’air que lui envoie la pompe, voit les objets à travers la glace du casque. Comme lui, s'il est myope, il ne verra pas grand’chose ; si, au contraire, il est doué d’une vue normale et perçante, le paysage qui va se dérouler devant lui sera très étendu. Tout se ramène donc à perfectionner, autant que possible, l’œil ou plutôt l’objectif qui doit transmettre l’image à la plaque sensible.
Au lieu d’employer un objectif simple, avec mise au point fixe à partir d’une certaine distance, comme dans le premier appareil décrit plus haut, le perfectionnement principal a consisté dans l’emploi d’un des excellents objectifs que construit la maison Darlot, du genre des anastigmats symétriques.
Comme ces lentilles exigent une mise au point rigoureuse, cela m’a amené à toute une série de modifications secondaires que nous allons indiquer.
Dans le nouvel appareil pour plaques 18 X 24, construit au laboratoire Àrago par le mécanicien
David ( fg . 15), l'enveloppe extérieure, de métal, A, est rendue parfaitement étanche, de manière à limiter une
Fin. 15 — Troisième appareil construit au laboratoire Arago et permettant les épreuves instantanées. (A droite l'abat-jour AB, à gauche le châssis Cil.)
A, enveloppe de métal, limitant l’appareil et servant de chambre noire.
INI , manette commandant le déclenchement des plaques.
MO, manette commandant l'obturateur.
O, obturateur.
P, pied de l’appareil.
Y, viseur.
X, point d'attache de l’abat-jour AB.
CH, châssis à 6 plaques.
gl, glissière du châssis.
pl , plaques.
t, turillon.
grande cavité où est placé l’objectif, qui voit à l’extérieur par l’intermédiaire d’une glace à faces planes et parallèles situées en 0.
L’enveloppe extérieure est un parai! élipipède rectangle, formé d’un manchon de tôle épaisse, manchon ouvert en arrière en A, mais qui peut être fermé par l'intermédiaire d’une porte garnie d’un cadre de caoutchouc.
Celte porte appuie sur la garniture en caoutchouc, qui peut être fortement comprimée par l’intermédiaire d’une série d’écrous.
Dans l'intérieur de la boîte se trouvent deux glissières, qui permettent le déplacement du châssis CH.
LES APPAREILS DE LA PHOTOGRAPHIE éOES-MARINE 177
placé à gauche dans la figure 15. Quand la porte est en place, les seules ouvertures qui existent sur l’appareil sont :
1° L’ouverture de l'objectif 0, obstruée par une glace ;
2° L’ouverture d’un presse-étoupe silué en MO et permettant d’actionner l’obturateur;
3° L’orifice d’un presse-étoupe placé en arrière de l’appareil, qui livre passage à une manette M actionnant le châssis et permet le déclenchement des plaques pl placées dans l’intérieur du châssis.
Le châssis à six plaques, i David, mérite une mention nons une figure schématique, qui facilitera la description (fiy. 16).
Il est pourvu en arrière de ressorts puissants r(fig. 16) destinés à repousser les plaques P et P' dans la chambre noire, qui remplace le soufflet. Les plaques sont maintenues en place par un taquet /, qui joue un rôle important dans le déclenchement .
En effet, les plaques P et P' sont munies d’un prolongement p ou p , selon le rang qu’elles occupent dans la boîte; prolongement placé à droite, par exemple, pour la première ; à gauche, pour la troisième, et ainsi de sui
m agi né par le mécanicien particulière. Nous en don-
Tn.
Fig. 16.' — Dessin schématique du châssis à 6 plaques du mécanicien David. A gauche, vue de face ; à droite, coupe du châssis.
(Pour simplifier le dessin, deux plaques seulement ont été représentées.)
Ch, châssis.
m, manette actionnant Je taquet t.
P et P', plaques métalliques supportant les plaques sensibles.
P et p\ prolongement de ces plaques maintenues en place par le taquet t.
r, ressorts.
la seconde; à droite, pour te jusqu’à la sixième.
Le chargement de l’appareil s’opère de la manière suivante :
L’opérateur, enfermé dans une chambre noire, de manière à manœuvrer les plaques sans danger de les voiler, les place une à une dans le châssis en suivant l’ordre indiqué plus haut, de manière que le prolongement de la plaque P, destinée à tomber la première, soit maintenu en place par le taquet t.
11 fait glisser le châssis sur les rainures cjl [fig. 15), de manière à l’amener aune distance connue d’avance, l’appareil ayant été réglé au préalable, pour photographier à une distance donnée, 4 mètres par exemple, comme pour la photographie du scaphandrier (PL Y).
Il fixe le châssis sur les rainures, à l’aide d’une vis mobile.
Désormais l’appareil est au point d’une façon invariable pour la distance choisie, sans qu’il soit nécessaire de toucher à l’objectif.
Il ferme la porte à l’aide des écrous, après avoir vissé la manette M dans la partie postérieure du châssis, où elle est maintenue en place par un contre-écrou.
Les mouvements de la manette ne peuvent faire avancer ou reculer le châssis, qui est maintenu en place par la vis indiquée plus haut; mais, en imprimant à la manette un mouvement de rotation, on communique le même mouvement au taquet t.
Supposons, maintenant, l’appareil en place et immergé à la profondeur voulue. En agissant sur la manette MO, qui actionne l’obturateur, l’opérateur ouvre et ferme celui-ci. Bien entendu, l’obturateur est préalablement réglé en pose ou en instantané, selon le résultat que l’on veut obtenir.
Une première plaque se trouve impressionnée.
Il s’agit de la faire tomber, pour lui substituer une
autre plaque, qui doit occuper rigoureusement la même position.
Pour y arriver, on imprime à la manette M un mouvement de rotation; le taquet t tourne sur luimême, le prolongement p de la plaque qui la maintenait en place (fig. 16) se trouve dégagé ; la plaque poussée par derrière tombe, tandis qu’une autre vient prendre exactement sa place, sous l’action des ressorts r.
En tournant, le taquet t est venu se placer à l’opposé de sa position première et coïncide maintenant avec le prolongement de la plaque qui vient de remplacer celle qui est tombée ; cette dernière est donc momentanément immobilisée.
Pour amener sa chute, il faudra actionner la manette en sens contraire, ce qui produira la rotation dans le même sens du taquet qui, après la chute de la deuxième plaque, coïncidera avec le prolongement de la troisième plaque, et ainsi de suite.
A l’aide de l’appareil que j’ai employé, on peut donc prendre successivement six clichés, sans aucune manipulation autre que le mouvement de la manette M ; mais il faut remarquer que ces six clichés devaient être nécessairement pris à la même distance, puisqu’on ne pouvait modifier la position du châssis et, par conséquent, la distance de l’objet à l'objectif, sous peine d’avoir une image confuse.
Nous avons corrigé ce défaut dans l’appareil que nous avons utilisé en dernier lieu en faisant une graduation de la tige de la manette M.
La tige porte un certain nombre d’encoches établies une fois pour toutes, qui correspondent aux différentes mises au point, depuis 1 mètre jusqu’à 10 mètres.
Il suffit de pousser la manette jusqu’à ce que l’en-
coche, correspondant à Ja distance de l'objet que l'on
Fig. 17. — Pied de l’appareil photo-sous-marin.
veut photographier, affleure à l’entrée du presse-étoupe pour mettre le châssis à la distance convenable de
LÈS APPAREILS DE La PHOTOGRAPHIE SOÜS-fttARIÎSE 18l
l’objectif et obtenir ainsi une mise au point suffisamment exacte.
L’appareil de photographie sous-marine présente un pied qui fait partie intégrante de l’appareil; mais, dans bien des cas, il est utile d’avoir un pied indépendant.
Le pied que nous avons établi à cet etl'et et qui est représenté | fig. 17 et fig. 22) nous a rendu de nombreux services, et il a été établi d’après nos indications, de toute pièce, par le mécanicien David et par les seules ressources de batelier du laboratoire.
Il se compose essentiellement d’un bâti rigide en fer cornière, formé de quatre montants verticaux, réunis par des traverses [fig. 17).
Chaque montant est constitué par deux pièces suffisamment écartées pour former rainure et permettre le glissement d’une clef qu’on peut serrer à bloc, à une hauteur quelconque, à l’aide d’une manette.
Ces clefs supportent un cadre horizontal rigide, qui peut, en suivant le mouvement des clefs, être élevé ou abaissé à volonté le long des montants.
C'est sur ce cadre qu’on fixe l’appareil photographique, qui peut glisser en un point quelconque du cadre à l’aide d’un chariot.
Les deux figures 17 et 22 indiquent clairement les positions diverses qu’on peut donner à l’appareil.