SUR LE BORD DE LA PLAGE
plus commodes ; elle lui permet cependant de photographier dans des conditions acceptables. Pour en donner une idée plus exacte au lecteur, nous reproduisons dans le texte (fig. 21) une épreuve qui a été obtenue pendant l’opération en question par un de nos amis1.
On peut, parce procédé, surtout en utilisant l'appareil avec mise au point représenté [fig. 15), obtenir des photographies très originales.
Lorsque j’ai publié une première note à l’Académie des Sciences2, la nouvelle que l’on pouvait prendre des photographies sous-marines ht quelque bruit dans le public, et un dessinateur satirique, à l’affût de l’actualité, retraça en plaisants coups de crayon les applications futures qu’il rêvait pour cette nouvelle branche de la photographie.
11 représentait, entre autres, un vieux savant avec d’énormes lunettes, accroupi au fond de l’eau et braquant son appareil sur les jambes de baigneurs et de baigneuses prenant leurs ébats sur quelque plage mondaine. Le dessin m’avait fait rire; mais l’idée du spirituel caricaturiste ne me paraissait avoir rien d’impossible à réaliser.
Rentré à Banyuls, je priai trois de nos matelots de se vêtir de maillots, et je les lis placer à 4 mètres de l’appareil.
Le cliché ainsi obtenu et qui a été reproduit dans plusieurs publications donne une impression très bizarre. L’effet cherché par le dessinateur se trouve obtenu avec beaucoup d’exactitude.
1 Le cliché est dû à l’obligeance d’un savant roumain, M. Racovitza, qui travaillait en même temps que moi au laboratoire Arago.
2 Noie sur la photographie sous-marine. Comptes Rendus de l'Académie des sciences. 1894.
On aperçoit nettement les jambes et les maillots de nos marins, mais les troncs se trouvent coupés à la surface de l’eau, qui joue le rôle de miroir. L’on ne distingue plus, pour représenter les parties supérieures du corps, qu'une vague silhouette tordue et allongée par les ondulations de la couche liquide.
J’ai préféré faire reproduire deux clichés plus intéressants, au point de vue scientifique (Planches Y1I et VIII), et qui ont été obtenus dans la dernière campagne, avec l’obturateur électrique que nous décrirons plus loin.
Pour prendre ces deux photographies, nous avons descendu l’appareil le long du mur du vivier du laboratoire, du côté de la pleine mer, par une profondeur de 2m,50 environ, en manœuvrant par conséquent à pied sec.
Le premier cliché, planche VII , représente une énorme actinie qui s’était développée non loin du mur, et qui se trouvait gîtée au milieu du sable vaseux. Le deuxième, planche VIII, représente la même, dévorant une tète de baudroie.
Planche VIT.
Actinie. — (Instantané.)
Planche VIII.
Actinie dévorant un poisson (Baudi-oie). — (Inslantané.)