‹ La photographie sous-marine et les progrès de la photographieChapitre 5 sur 62 · OBTENTION DU NÉGATIF · texte numérisé non relu

OBTENTION DU NÉGATIF

Photographie sur papier. — Pour se débarrasser de ce miroitement que nous savons inévitable dans l’épreuve daguerrienne, un Anglais, Fox Talbot, eut l’idée de donner pour support à la couche sensible, non plus un métal poli, mais une simple feuille de papier.

Le problème consistait alors à trouver un moyen facile d’étendre et de fixer d’une manière régulière, sur cette feuille, le réactif sensible à la lumière (iodure, bromure, chlorure d’argent ou un mélange de ces sels). Prendra-t-on ces sels solides à l’état pulvérulent ? Il sera alors bien difficile d’en obtenir une couche homogène d’égale épaisseur partout et de la faire adhérer au papier.

La difficulté fut tournée comme il suit : On choisit un papier bien uni offrant un aspect mat, uniforme, et, par transparence, un grain aussi fin que possible. On le débita en rectangles de même surface, et chacun de ces rectangles fut plongé séparément dans une solution d’iodure et de bromure d'ammonium, jusqu’à ce que l’imprégnation fût, complète. Le papier, égoutté ensuite et séché à l’ombre (en le préservant de la poussière), était sensibilisé, peu d’instants avant son exposition dans la chambre noire.

Cette sensibilisation fut obtenue en étendant successivement chaque bande de papier par l’une de ses faces, sur un bain de nitrate d’argent. Il fallut seulement faire disparaître avec soin les bulles d’air qui s'interposent toujours entre le papier et le liquide et qui auraient occasionné des taches sur l’épreuve.

On prévoit aisément la réaction chimique qui devait se produire sur le papier, au contact du liquide.

C'était évidemment une double décomposition entre l'iodure et le bromure alcalins, d'une part, et le nitrate d’argent, de l’autre. Il en résultait de l’iodure et du bromure d'argent constituant les sels sensibles à la lumière, et de l'azotate d’ammoniaque qui restait incorporé à la pâte du papier. — Cette dernière opération devait, bien entendu, se faire dans l’obscurité. — Le papier sensibilisé était introduit, encore tout humide, dans la chambre noire. Sur un papier sec, la sensibilité eût été considérablement diminuée.

Pour que la feuille de papier mouillée se maintînt plane et bien tendue dans le châssis, il était bon, avant l’exposition, de la lixer d’une manière invariable, avec des punaises, sur une planchette mince de bois. Cette planchette allait prendre ensuite exactement la place de l’écran de verre dépoli sur lequel on avait effectué, à l’avance, la mise au point.

Après le temps de pose jugé nécessaire, la feuille retirée du châssis dans l'obscurité possédait une image latente, comme la plaque deDaguerre; il ne s'agissait plus que de la développer.

Cette fois, la vapeur de mercure était inapplicable comme révélateur; elle n’avait aucune prise sur cette surface humide.

Talbot tâtonna, et, en 1840, on finit par adopter pour liqueur réductrice un mélange d'acide gallique et de

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