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LIMITES QU’ON PEUT CHERCHER A ATTEINDRE

étoiles suffit, après une exposition d’une minute, pour laisser une trace appréciable.

Leurs appareils étaient constitués par une corde sonde, le long de laquelle étaient appendus à des hauteurs successives des châssis automatiques fort ingénieusement compris.

Quand le plomb appendu à l’extrémité de la corde touchait le fond, les châssis s’ouvraient automatiquement, et dès qu’on soulageait la corde, les châssis se refermaient. On pouvait donc mesurer exactement la durée de l’exposition de la plaque qui était indiqué par le temps pendant lequel le plomb était resté en contact avec le fond.

L’obscurité absolue n’a été trouvée par les opérateurs qu’au-delà de 400 mètres.

Cette première expérience, très intéressante, mériterait d’être précisée par de nouvelles recherches, car il reste encore bien des questions qui n’ont pas reçu de solution précise, telle, par exemple, pour n’en citer qu'une, que la limite de pénétration dans l’eau des différents rayons.

Telle quelle cependant, elle suffit pour nous montrer que la pénétration des rayons lumineux est plus grande dans l'eau de mer que dans l’eau douce.

M. le professeur Pruvot a magistralement résumé la question dans V Année biologique , et je ne puis mieux faire que de citer encore une partie de son intéressant exposé.

« La transparence des eaux des lacs, dit-il, est beaucoup moindre que celle de la mer au large. Cela tient à ce que les affluents y déversent une eau toujours chargée en quantité appréciable de matières en suspension qui, en raison des dimensions relativement faibles des lacs, sont répandues par les courants dans

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toute la masse. On conçoit donc que la transparence est d’autant plus faible que le lac est moins profond et qu’il est alimenté par des affluents plus chargés de troubles, par des eaux torrentielles ou des eaux glacières particulièrement.

« La transparence se mesure ordinairement, de même que dans la mer, par la profondeur où cesse d’être visible le disque de Secchi. La commission genevoise, instituée pour étudier les questions relatives à la pénétration de la lumière dans le lac Léman, l’a déterminée 1 également par la distance où disparait à la vue un corps éclairant immergé, soit verticalement, soit horizontalement, la lumière étant dans ce dernier cas observée à l’aide d’un miroir éclairé à 45°.

« Les chiffres concordent à peu près exactement en tenant compte que dans la méthode du disque il faut doubler la distance, puisque, pour revenir à notre œil, Je rayon lumineux à fait un trajet double dans l’eau.

« Ainsi la limite de visibilité observée le 15 mars 1886 dans le lac Léman était 18m,30 pour le disque de Secchi, 36m,71 pour une lampe Edison de sept bougies plongée verticalement et 39m,75 pour la même lampe observée horizontalement. La limite augmente un peu avec l’intensité de la source lumineuse, mais pas proportionnellement à cette intensité.

« Des observations suivies n’ont été faites encore que sur un petit nombre de lacs. Les extrêmes dans la transparence mesurée à l’aide du disque et toujours au-dessus de la plaine centrale sont pour le lac du Bourget 5“,70 et 10m,50, pour le lac d’Annecy 6“ ,30 et 13 mètres2, pour le lac Léman 4 mètres et 21 mètres3. Quoique ce dernier soit un des lacs les plus transpa-

1 Recherches sur la transparence, des eaux du lac Léman, etc. ( Mém . Soc. phys. et hist. nat. de Genève, XXIX, n° 11, 1881).

2 A. Delebecque, les Lacs français , p. 179.

3 F. A. Fokel, le Léman, 11, p. 423.

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