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peut, àtoii ou à raison, les trouver faux, faibles ou funestes ; mais en les attacpiant on restera sérieux. Qu'on en vienne, au contraire, à ce qu'il a appelé sa physiologie du ceneau, et sur-le-champ, pour en parler, on emploiera un autre langage. Il est presque impossible, en effet, de se livrer à un examen un peu attentif de l'organologie et de la cranioscopie. de la nature de leurs preuves et de celle de leurs applications, sans se demander bientôt si c'est de la science que Gall a voulu faire et si c'est de la science qu'on lit. Mais lorsqu'on vient à réfléchir que cette science, ou quelque nom qpi'on veuille lui donner, a pourtant, durant près d'un demi-siècle, été regardée comme réelle, non-seulement par de nombreux disciples, mais par une foule d'hommes graves de toutes les positions et de tous les pays, et que, sous l'empire de cette réflexion, on se trouve dan? la nécessité de la combattre, on ne sait trop comment s'y prendre, ou, pour mieux dire, on le sait bientôt. Tout en opposant aux faits ou à ce qui en a l'apparence, des faits qui les annihilent, et c'est toujours la première chose à faire, tout en répondant à de mauvais raisonnements par une meilleure argumentation, et c'est encore là ce à quoi il ne faut jamais manquer, de guerre lasse, en face des pauvretés toujours croissantes, au lieu de se garder du rire, on prend le parti de s'y abandonner, et l'on se trouve presque, sans l'avoir voulu, avoir, dans une réfutation scientifique, usé de formes qui ne de-
Wll Pr.EFACE UE LA PREMIEUE EDITION.
vraient pas s'y rencontrer. Voilà ce qui est arrivé, sans exception, à tous les adversaires de la crani oscopie, depuis Hoffmanu jusqu'à nos jours, et ce qui n'a jamais manqué de m'arriver à moi-même, toutes les fois que je l'ai combattue. Ici, j'ai peut-être atteint la mesure, et, il faut que je l'avoue, je n'ai pas trop cherché à me retenir. Je me dédommageais ainsi d'une tâche qui, sans cela, eût été bien fastidieuse à remplir, et je me disais que le lecteur ne me saurait pas trop mauvais gré de joindre aux raisons fournies par la science quelques raisons plus en harmonie avec la nature, souvent si étrange, des allégations qu'il s'agissait de renverser. Mais ce mélange même d'arguments d'un aspect quekjuefois peu grave dans un travail dont le fond est d'un sérieux incontestable, m'eût seul, et indépendamment de l'étendue de ma critique, engagé à faire de celle-ci un ouvrage à part. Tel est donc le parti que j'ai cru devoir prendre, en détachant cette réfutation de l'organologie des recherches qui en ont été l'occasion. Le livre qu'elle constitue sera, après tout, un livre utile. Il achèvera de débarrasser la science d'une mauvaise physiologie de la pensée, pour lui permettre d'en édifier une bonne, et accomplira ainsi de ma part une ancienne promesse, celle d'examiner et de rejeter la phrénologie au point de vue des organes, après l'avoir examinée et réduite à sa juste valeur au point de vue des facultés.
Paris, 1" septembre 1843.
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