‹ La phtisie pulmonaireChapitre 26 sur 59 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

SYMPTOMATOLOGIE

Sans parler des tuberculoses locales et à ne s'en tenir qu'à la tuberculose pulmonaire qui sera notre principal objectif, la multiplicité des aspects cliniques oblige à fragmenter un si vaste sujet, à le diviser en sections plus ou moins artificielles.

Nous poserons tout d'abord comme un axiome indiscutable aujourd'hui que phtisie est synonyme de tuberculose pulmonaire, et si nous conservons la désignation hippocratique, c'est parce qu'elle consacre un des caractères les plus certains, les plus essentiels de la maladie.

Le tubercule ne représente plus maintenant qu'une minime portion de l'ensemble anatomo-pathologique et, s'il est vrai que la consomption est surtout la marque de la tuberculose chronique, elle est loin de faire défaut dans les formes aiguës et rapides. Si vite que s'accomplisse l'évolution morbide, l'individu atteint souvent encore le dernier degré du marasme. Il y a des tuberculoses pulmonaires sans lésions à forme de tubercule proprement dit ; il n'y a que bien peu de tuberculoses pulmonaires sans consomption : la phtisie est la règle.

Par contre, le terme de tuberculose devra être uniquement conservé pour ces formes de l'affection qu'on désigne sous le nom de tuberculoses locales et où la consomption n'intervient pas ou n'intervient que très tardivement.

On pourrait objecter que dans les évolutions rapides les lésions ne sont pas ordinairement limitées au poumon, qu'elles sont souvent généralisées aux divers tissus et parenchymes et que dès lors le mot de phtisie n'est plus justifié. Nous répondrons que ces évolutions rapides sont liées souvent aussi ci des altérations des seuls poumons, ■que même dans les formes diffuses, les poumons sont frappés au maximum, fournissant les indications diagnostiques et pronostiques les plus précieuses, les plus péremptoires; qu'enfin, aujourd'hui qu'il €st démontré que le tubercule, tel que l'avaient conçu les premiers défenseurs de la nature infectieuse de la maladie, n'est pas le principe spécifique lui-même, qu'enfin, disons-nous, il n'y a plus lieu maintenant de faire de tuberculose le pendant, en quelque sorte, de scrofulose, de carcinose, etc., bacillose serait plus juste, sans être d'ailleurs com-

plètement exact. Les néologismes déûnitifs ont seuls leur raison d'être et ici nous ne sommes pas encore en possession d'un mot qui soit pour toujours k l'abri de tout remaniement. Voilà pourquoi nous continuerons d'appeler phtisie, toute tuberculose pulmonaire, quel que soit le mode qu'elle afîecte ; voilà pourquoi nous n'hésiterons pas non plus à nous servir de la même qualification, lorsque l'organisme presque tout entier est envahi, si le poumon donne la note clinique dominante et puisque, dans tous les cas, comme nous l'avons déjà dit, cette qualification est tout à fait justifiée étymologiquement.

Ceci posé, nous diviserons notre sujet comme il est indiqué dans le tableau ci-contre :

sans complication phlegmasique prédominante ; à forme de

ii° Phtiaie granuleuse ... l pyrexie.

' de bronchite capil- \ faire, compliquée < de hronclio -pneu- I. Phtisie aiguë. | raonie, de pneu-

l nionie.

2° Phtisie granuleuse pleurale.

diffuse, lobaire (pneumonie ca-

o„ T.7.^- • • ; séeuse aiguë).

3° Phtisie pneurnomque.i . •+ / w- ■ i t„

■^ ^ 1 circonscrite (plitisie galopante,

l plitisie subaiguë).

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