‹ La phtisie pulmonaireChapitre 43 sur 59 · CINQUIEME PARTIE · texte numérisé non relu

CINQUIEME PARTIE

La phtisie pulmonaire, à toutes les époques de son histoire, a subi dans son traitement l'influence des doctrines régnantes sur la nature et la constitution anatomique du tubercule. Il était dès lors facile de prévoir que les grandes découvertes de Yillemin et de Koch qui modifiaient si profondément les idées généralement reçues imprimeraient aux recherches thérapeutiques une impulsion et une direction nouvelles. Du moment en effet où rexistence d'un parasite était considérée comme le fait primordial d'où découle en quelque sorte toute la pathologie de l'affection tuberculeuse des poumons, la première pensée qui devait se présenter à l'esprit, c'était d'attaquer ce parasite et de chercher à détruire le mal en détruisant la cause qui l'avait engendré. De tous côtés, en France et à l'étranger. on se mit résolument à l'œuvre, et de l'ensemble de ces travaux, naquit une thérapeutique spéciale, bactériologique, Laciério thérapie.

Les médecins étaient d'ailleurs puissamment encouragés dans cette voie par les résultats véritablement merveilleux que la chirurgie tit l'obstétrique contemporaines obtiennent chaque jour par l'emploi des agents antiseptiques. Sans doute, il faut bien le reconnaître, les conditions de l'expérimentation ne sont pas tout à fait les mêmes dans les deux cas. L'antisepsie chirurgicale s'adresse le plus ordinairement à un individu qui peut être considéré comme sain, à un blessé dont la plaie sert de porte d'entrée aux germes nuisibles répandus dans l'atmosphère. Le rôle du chirurgien consiste à s'opposer à la pénétration de ces germes, et on sait quel est en pareil cas l'efficacité des pansements dits antiseptiques, pansement de Guérin, pansement de Lister. Alors même qu'il s'agit d'une lésion tuberculeuse définie, abcès froid, tumeur blanche, etc., le parasite est localisé dans un point du corps; il y occupe une position superficielle qui permet au chirurgien de l'atteindre par des moyens appropriés, l'éther iodoformé par exemple. Mais pour le médecin le problème est plus compliqué. Il se trouve en présence d'un malade chez lequel le plus souvent l'économie tout entière est déjà infectée, ou si les

lésions sont circonscrites aux poumons, le parasite, enveloppé dans le mucus qui le protège, enfoui dans les profondeurs de la trame pulmonaire, est peu accessible à nos agents thérapeutiques.

On comprend d'après cela les difficultés auxquelles se heurte l'antisepsie médicale, et l'insuccès de la plupart des tentatives expérimentales. Est-ce une raison pour renoncer à ce genre de recherches, et devons-nous désespérer de l'avenir? Loin de nous cotte pensée. N'oublions pas que bien peu d'années nous séparent de l'époque de la découverte du bacille de la tuberculose et que déjà la science s'est enrichie de nombreux travaux bactériologiques dont quelques-uns d'une haute importance pratique. Comment ne pas espérer que dans cet élan général, dans celte croisade généreuse entreprise contre le plus grand fléau de l'humanité, les efforts convergents des travailleurs de tous les pays n'aboutissent à des résultats décisifs, lorsque le parasite sera mieux connu dans toutes les particularités de sa vie propre et de son évolution, lorsque les recherches thérapeutiques seront conçues dans un esprit vraiment médical visant moins le bacille à attaquer, à détruire, que l'organisme à fortifier, à soutenir dans sa lutte, autrement dit, le terrain de culture à rendre stérile et infertilisable ? L'efficacité du sulfate de quinine dans la fièvre intermittente, du mercure et de l'iodure de potassium dans la syphilis, nous démontre que le problème n'est pas insoluble et que, dans ces deux maladies considérées aujourd'hui comme parasitaires, on peut arriver à tuer un agent infectieux ou à en empêcher la pullulation sans nuire au malade.

Cela posé, nous étudierons successivement :

Le traitement basé sur les notions bactériologiques;

Le traitement hygiénique;

Le traitement médicinal;

Le traitement des symptômes prédominants.

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